Les habituelles négociations salariales annuelles ont encore donné lieu à des prises de positions syndicales tout à fait étranges qui en disent long sur l’inculture économique de certains responsables syndicaux. Ces derniers en sont toujours aux mêmes menaces et rapports de forces “appris” tout au long des années-cep, alors qu’ils sont parfaitement éculés.
Il en est ainsi du raisonnement de l’un d’entre eux qui se plaignait du fait que les “employeurs” n’allaient pas approuver leurs “propositions” d’augmentations de salaires au bénéfice de leurs adhérents des divers secteurs d’activité économique. Grosso modo, ces salariés en auraient soit disant “marre” de se serrer la ceinture depuis 2 ou 3 ans et qu’ils n’allaient pas accepter d’être encore à la diète en 2012. Bras de fer et chantage classique dans ce type de négociations.
Alors je me suis interrogé : la profonde crise économique que subit la Polynésie française et qui se traduit par une destruction de richesses (PIB négatif) depuis au moins 3 ans est-elle finie sans que je m’en rende compte ? N’a-t-on pas une disparition continuelle d’entreprises incapables de survivre dans cette crise ? N’a-t-on pas eu plusieurs milliers de destructions d’emplois au sein du tissu économique local ? Les jeunes, y compris les diplômés, trouvent-ils à s’insérer dans les entreprises existantes, dont même nos plus beaux fleurons sont en difficulté ? Que fait-on des milliers de chômeurs de longue durée qui s’agglutinent aux portes du SEFI ?
De telles revendications sectorielles et indistinctes sont aberrantes, tant elles ne prennent pas en compte la réalité économique et sociale que l’on vit actuellement. A vouloir toujours défendre coûte que coûte les “insiders”, c’est à dire les salariés installés, on fragilise encore plus des entreprises à la santé économique dégradée par des années de vaches maigres. De plus, on accepte implicitement que ceux qui veulent être insérés sur le marché du travail restent sur les bas côtés de la route du fait de la fragilisation, puis de la disparition de ces entreprises qui ne peuvent plus absorber ces coûts salariaux supplémentaires. Voilà comment on crée un chomage de masse à un rythme effréné.
Alors j’ai entendu un patron affirmer : une augmentation de salaires pour faire face à la dégradation de pouvoir d’achat du fait de la hausse des prix, oui, mais, en période de crise, on ne peut pas répercuter cette hausse de salaires sur nos prix ! Cet employeur proposait, ni plus ni plus moins, la bonne vieille formule “augmentation des salaires-augmentation des prix-augmentation des salaires….” Spirale infernale où, à force d’indexation des salaires sur les prix et vice versa, on aboutit ce qu’on connait : des prix exorbitants et une non compétitivité globale par rapport au reste du monde absolument affolante.

Le maitre-mot est lâché : “indexation”. Mot à la mode chez les médecins, chez les fonctionnaires et dans de multiples entreprises ( banques, opt, edt, établissements publics, cps, brasserie de tahiti…), qui, explicitement ou implicitement font référence à ce fameux coefficient d’indexation ou de majoration dont la mêche a été allumée au temps des colonies où les fonctionnaires de “la coloniale” se rendaient dans un confetti de l’empire infesté de moustiques par bateau. Il fallait bien des “volontaires” rémunérés à prix d’or pour avoir le courage d’aller dans des contrées particulièrement “insalubres” et dangereuses, qui plus est peuplées de “sauvages”…
Indexation qui s’est généralisée depuis dans toutes les administrations d’outre mer et qui a “contaminé” de proche en proche tous les secteurs d’activité économique. Toutes les professions et les corporations, relayées par leurs syndicats professionnels ou par des cartels sectoriels, se sont adaptées à cette donne et ont abouti au dualisme du marché du travail que l’on connait dans tout l’outre mer : “salariés abrités” d’un côté et “salariés précaires” de l’autre. Deux mondes du travail qui se cotoient et qui donnent lieu à des situations étranges. Il en est ainsi des salariés abrités de l’administration, aux salaires confortables, qui sont “au service” des salariés précaires et autre catégories de population défavorisées, par exemple….
Indexation. Mais de quelle indexation parlons-nous ?
- Indexation des salaires sur les prix ?
- Indexation des prix sur les salaires ?
- Indexation des salaires et des rémunérations par rapport à ceux d’une “Métropole” au PIB par habitant trois fois supérieur au nôtre et dont le salaire médian est aux alentours de 200.000 F CFP par mois ?
- Indexation sur un coût de la vie estimé à 1,4 fois sur celui de la Métropole ?
Le problème de ces indexations est qu’elles font toutes abstraction de notre propre capacité à créer des richesses !
Pourquoi pas une indexation sur l’évolution du PIB ? Pourquoi, avec un PIB qui régresse depuis au moins 3 ans, nos salaires ne seraient-ils pas eux aussi négatifs ? N’est ce pas logique que lorsqu’on crée des richesses, nos salaires augmentent, mais que, lorsqu’on détruit des richesses, nos salaires baissent ?
Pourquoi pas une indexation des salaires sur l’augmentation de la productivité ?
A force de rester dans des réflexes obsolètes et dans des rapports de forces qui ne reposent sur aucun critère économique pertinent, on “tue” une entreprise, une économie et un Pays.

La solution est dans la “flexibilité” : flexibilité par rapport à la situation de l’entreprise où l’on travaille, flexibilité par rapport à la situation économique de son Pays, flexibilité par rapport aux performances de l’entreprise, flexibilité par rapport à la capacité de l’entreprise à générer des profits, flexibilité par rapport à la capacité de l’entreprise à redevenir rentable, à surmonter une crise ou à trouver des débouchés…
Flexibilité qui n’interdit pas qu’à un salaire donné, les salariés puissent être bénéficiaires de primes lorsque leurs entreprises voient leurs bénéfice croître du fait de leur activité collective et solidaire.
Quant aux administrations, aux établissements publics au secteur parapublic, aux monopoles, oligopoles et aux professions protégées ( médecins, pharmaciens…), une révision progressive des grilles salariales et des rémunérations devient nécessaire. La “non-augmentation” des salaires pendant une période de 10 ans, telle qu’elle a été entamée dans l’administration du Pays est la moins mauvaise des solutions…. pour en finir avec de funestes “INDEXATIONS” qui conduisent nos entreprises et notre pays droit dans le mur !
Comme il fallait s’y attendre, la révolution tarifaire “Free” a débarqué dans la téléphonie mobile en Métropole.



L’OPT consent à communiquer sur une partie de sa stratégie de développement à venir. Ce n’est pas trop tôt, mais le moins que l’on puisse dire est que la réactivité, l’imagination, la créativité et l’innovation ne sont pas au pouvoir…



En cette parenthèse des fêtes de Noël et du nouvel an, je voudrais, bien sûr, vous présenter tous mes voeux pour cette année 2012 qui ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, bien au contraire. Cependant l’optimisme dans l’action doit surmonter le pessimisme de la pensée.
…Ou plutôt, préparez vous à vous serrer la ceinture encore plus !

Ce gouvernement n’agit même pas dans l’urgence, mais est plutôt inerte. Plus rien n’avance. Les énormes bataillons du secteur public restent l’arme aux pieds et seront bientôt rejoints par les coûteuses sections des satellites du Pays en voie de dissolution très progressive. Absence de volonté de s’en sortir, donc.
Qui disait que le CESC était utile ?
“Nous devons prendre le changement par la main, sans quoi soyons assurés qu’il nous prendra par la gorge !” ( Winston Churchill)

Non contente de continuer à défier “l’Etat français néo colonisateur”, l’UPLD a décidé de massacrer les relations entre la Polynésie française et l’Union Européenne, alors même qu’une fenêtre d’opportunité s’ouvrait , à savoir le renouvellement de ces relations à l’horizon 2013. En effet, c’est à cette date que la décision d’association entre l’Union Européenne et les Pays et territoires d’Outre Mer (dont la Polynésie française) doit être redéfinie. A priori, cette redéfinition devrait être à l’avantage des PTOM qui ne veulent plus d’une assimilation avec les Pays ACP, mais souhaitent une évolution qui les rapprocherait plus des Régions Ultra périphériques Européennes.


Entre “le malade qui risquait de mourir guéri” du rapport BOLLIET et le “trop peu, trop tard” du gouvernement l’UPLD, le bon réglage n’a pas été trouvé en matière de finances publiques du Pays. Résultat : la spirale dépressive de l’économie polynésienne va s’aggraver en 2012…..sauf remontée spectaculaire des recettes touristiques et/ou aide exceptionnelle de l’Etat. Vu les risques de récession économique dans nombre de pays développés et l’état catastrophique des finances publiques de la France, ces deux hypothèses sont très peu probables. Pire, le rabotage des niches fiscales bénéficiant à l’outre mer par l’Etat risque de “plomber” les projets défiscalisés d’investissement immobilier. Et quand la construction ne va pas, une large partie de l’activité économique ultra marine flanche…


Comme l’Etat en France métropolitaine, le gouvernement polynésien a décidément bien du mal à réduire significativement les dépenses publiques. On le voit bien actuellement : notre Vice Président et notre Ministre des finances cherchent des “curseurs fiscaux” pour faire face à une certaine inertie des dépenses publiques, plutôt que de réduire à un rythme plus accéléré ces mêmes dépenses publiques.


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