Publié par : hirofarepote | août 12, 2015

Sortir de la crise :poursuivre les réformes structurelles

La Polynésie est tombée bien bas.Notre classe politique en a pris conscience et essaie de faire preuve de pédagogie pour que notre population, qui subit douloureusement la crise,comprenne que l’heure est à un sursaut collectif.

Notre population a conscience qu’il faut faire des sacrifices et passer par des réformes douloureuses à court terme. C’est un passage nécessaire pour repartir sur des bases saines.

Les efforts de remise à niveau pour être plus compétitifs dans tous les domaines, mais en premier lieu dans notre fer de lance économique qu’est le tourisme, doivent se poursuivre.

Nous sommes sur la bonne voie du redressement, mais nous n’avons fait que le tiers du chemin qui reste à accomplir. Notre économie, à peine convalescente, ne crée pas encore d’emplois, alors que depuis 5 ans, de 12 à 15.000 personnes n’ont pas trouvé à s’insérer sur le marché du travail. Ce sont donc 25 à 30.000 personnes qui sont en attente d’emploi, soit l’équivalent de plus de 40 % des salariés qui travaillent. L’enjeu social est considérable à l’échelle du Pays.

Le gouvernement poursuit la consolidation budgétaire progressivement engagée depuis quelques années. Depuis 2013, il a agi sur deux leviers : augmentation des recettes fiscales et baisse des dépenses de fonctionnement. L’essentiel de l’effort devra dorénavant se focaliser sur la baisse des dépenses publiques (hors investissement).

La diminution de la masse salariale se poursuivra en 2016 (-400 millions de F CFP annoncés) grâce au gel du point d’indice, au gel des recrutements et au non remplacement des départs à la retraite. La revue des programmes de dépenses publiques visant à distinguer les dépenses qui devraient être réduites de celles qui peuvent être « sanctuarisées » et l’évaluation critique de leur efficacité produiront leurs effets à moyen terme. Les missions et le périmètre du secteur public doivent être redéfinis rapidement : en parler ne suffit plus, il faut maintenant passer à l’acte.

Sur le marché des biens et services, si les bases d’une régulation concurrentielle sont posées avec l’installation de l’autorité de la concurrence, la stratégie d’amélioration de notre compétitivité globale doit être déployée de manière volontariste sur tout notre tissu productif.

Par contre, faute de réformes structurelles, les dépenses sociales sont en forte augmentation : retraites et dépenses de santé sont encore hors de contrôle.L’heure de la décision dans ce domaine a sonné.

La réforme du marché du travail reste à faire: coût, durée du travail et flexibilité n’ont pas encore été mis sur la table.

Le gouvernement doit mener la bataille contre la crise sur tous ces fronts. Il en a la légitimité. Il doit agir plus vite avec détermination, dans la transparence et la pédagogie.

Baisser les dépenses, redéfinir le rôle du Pays et du périmètre de ses missions, fluidifier le marché du travail, rééquilibrer les comptes sociaux, accroitre la concurrence sur le marché des biens et services pour sauvegarder le pouvoir d’achat des consommateurs polynésiens, maitriser les dépenses des communes. Les chantiers sont immenses !

L’entrepreneuriat sera au coeur de la reconquête économique. Il appartiendra aussi au gouvernement de l’encourager, car ce n’est que par un secteur privé beaucoup plus dense que la Polynésie française s’engagera plus avant dans la voie du développement.

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Responses

  1. Bonjour Hiro,
    un peu d’optimisme ça fait toujours plaisir.
    Quoique je note une petite contradiction : d’un côté « Ce sont donc 25 à 30.000 personnes qui sont en attente d’emploi », de l’autre « La diminution de la masse salariale se poursuivra en 2016 (-400 millions de F CFP annoncés) grâce au gel du point d’indice, au gel des recrutements et au non remplacement des départs à la retraite. » Donc moins d’emploi, moins de cotisation CPS et baisse du pouvoir d’achat.
    Au suivant….

  2. Bonjour Pierre. Je ne crois pas que tu prennes ce qu’écrit Hiro dans le bon sens.
    La baisse de 400 millions concerne le prix de la fonction publique territoriale.
    100% de ce prix est l’argent de nos impôts et cette fonction publique ne crée aucune richesse monétaire car elle ne vend pas ses services.(ce qui ne veut pas dire qu’elle ne crée pas de richesse immatérielle, humaine, ou n’aide pas à la création de richesse monétaire par le privé).
    Il faut rester sous l’angle comptable. Le bilan ne bouge pas. On a simplement la ligne impôt qui baisse en miroir de celle des dépenses de personnel territoriale, c’est à dire la ligne actif de la population non fonctionnaire qui augmente du montant de la baisse de celle de la population fonctionnaire. Le total reste identique….toutes choses égales par ailleurs. Et là on peut ensuite discuter si il vaut mieux gonfler une ligne ou l’autre pour espérer augmenter le bilan car selon le choix fait, les choses ne sont pas égales in fine.

  3. Bonjour Wakrap,
    je comprends ton explication malgré qu’elle soit tortueuse et ambiguë. J’avais bien vu que c’était 400 millions de la fonction publique, mais cela à pour résultat immédiat des salariés en moins (eh oui, quoique agents publics ce sont des salariés) et des chômeurs ou retraités en plus.
    A moins que ces 400 millions soit réinvestis et que cela crée de nouveaux emplois dans le privé. Ou ces 400 millions ont pour conséquence une baisse des impôts ce qui augmentera la consommation d’autant et sera créateur d’emploi. Je pense que c’est cela que tu veux dire.
    Je précise que ceux qui sont fonctionnaires d’état détachés dans les services territoriaux, cotisent à la sécu française qui prend en charge leur frais de maladie, allocations familiales, retraites, etc… même si c’est la CPS qui gère la branche maladie localement.

  4. « retraites et dépenses de santé sont encore hors de contrôle.L’heure de la décision dans ce domaine a sonné. »
    Les dépenses de santé, tous régimes confondus sont restées stables depuis au moins 3 ans ce qui n’est pas le cas des retraites.

    Les gouvernements qui ont fait le choix d’une diminution du nombre des fonctionnaires et donc des impôts ont toujours eu raison à moyen terme, toujours…
    Ces actions seront bénéfiques et sont impératives mais il faut de l’argent pour relancer la machine et il ne vient toujours pas…


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