Publié par : hirofarepote | août 15, 2015

Innovation à tous les étages !

La Polynésie a régressé. Son économie s’est rétrécie. Sa compétitivité est très médiocre.

Son attractivité s’est largement érodée, sauf – est c’est heureux – pour des pools d’investisseurs originaires de la nouvelle puissance économique du monde. Ne loupons pas cette dernière chance par des comportements irresponsables.

Actuellement, plusieurs dizaines de milliers de polynésiens en âge et capacité de travailler sont au chômage (non indemnisé…) ou en sous-emploi.

Pour remédier à ce constat alarmant, il y a une absolue nécessité de redresser la compétitivité globale de notre économie.

Pour retrouver une économie dynamique et maintenir notre niveau de vie, il ne nous reste plus que l’innovation, seule à même de créer de nouvelles richesses avec une productivité et efficacité accrues, sans avoir à réduire les acquis sociaux.

Il y a quatre catégories d’innovation :

  • Une innovation de produit correspond à l’introduction d’un bien ou d’un service nouveau ou sensiblement amélioré sur le plan de ses caractéristiques ou de l’usage auquel il est destiné. Cette définition inclut les améliorations sensibles des spécifications techniques, des composants et des matières, du logiciel intégré, de la convivialité ou autres caractéristiques fonctionnelles.
  • Une innovation de procédé est la mise en œuvre d’une méthode de
    production ou de distribution nouvelle ou sensiblement améliorée. Cette notion implique des changements significatifs dans les techniques, le matériel et/ou le logiciel;
  • Une innovation de commercialisation (marketing innovation) est la mise en œuvre (implementation) d’une nouvelle méthode de commercialisation ou de rupture impliquant des changements significatifs de la conception ou du conditionnement, du placement, de la promotion ou de la tarification d’un produit;
  • Une innovation d’organisation est la mise en œuvre d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures de l’entreprise.

Or, notre Pays ne fait rien de significatif pour favoriser l’innovation. Et c’est grave…

Un pôle d’innovation, le pôle Tahiti Faa Hotu, initié par quelques entrepreneurs-pionniers et quelques hauts-fonctionnaires conscients de l’enjeu, a bien vu le jour, mais, depuis 5 ans, les gouvernements locaux n’ont jamais amorcé de partenariat gagnant-gagnant avec ce pôle qui vise la valorisation de substances marines et terrestres (biotechs, clean techs, énergies renouvelables, agro alimentaire, cosmétiques…) par convention d’objectifs ou par appel à projets clairement délimité.

Divers clusters ont émergé, dont un dernier en date, le cluster maritime polynésien, mais ces collectifs ont bien du mal à concrétiser des projets, par manque de capacité de financement de leurs programmes (lorsque ceux-ci sont bien élaborés, ce qui reste à démontrer…)

Les grandes entreprises polynésiennes (petites PME à l’échelle nationale) sont dans une posture défensive et ne consacrent quasiment pas de ressources à la création de nouvelles activités et à la diversification vers des activités d’avenir, tant elles sont occupées à sauver et à « rationaliser » leurs activités « traditionnelles » ou à restaurer leurs marges qui ont fondu dans la crise.

Regardons, par exemple, le projet aquacole de Hao. Un projet de recherche-développement et d’élevage de quelques espèces de poissons lagonaires pour nourrir de riches consommateurs chinois, tellement friands de produits marins de qualité alors que le milieu naturel chinois est très pollué…. Que n’a -t-on fait avec notre recherche-développement de produits marins portée depuis plusieurs décennies par le Cnexo, l’Ifremer et le Centre technique aquacole Vaia ? Les chinois sont-ils meilleurs que nous, ou y mettent-ils vraiment les moyens que l’on a pas mis, nous ?

Il faut dire aussi que la fiscalité n’est pas incitative et n’est pas orientée de manière pertinente, en encourageant, par exemple, la recherche-développement orientée vers le marché.

Il faudra donc définir une vraie politique d’innovation pour que tous les projets dont on parle, notamment dans le domaine des énergies renouvelables, se concrétisent enfin.

Les parties prenantes seront d’abord les acteurs-moteurs de l’innovation : les entrepreneurs, les dirigeants et les salariés ; les chercheurs, les ingénieurs, les stratèges et autres vendeurs, l’école, l’Université, nos petites structures de recherche-développement, les banques, les investisseurs, les institutions publiques et privées… et le grand public, consommateur, actionnaire et citoyen.

Ce n’est que par l’innovation que nous allons construire nos nouveaux avantages compétitifs dans la mondialisation. Il est donc temps que notre gouvernement, accompagné par l’Etat (qui a la compétence de la recherche), nos grandes entreprises locales …et les investisseurs étrangers ( pour cause de déficiences locales…), y consacrent des moyens significatifs et que l’on sorte du bricolage actuel.

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Responses

  1. J’applaudis à la lecture d’un article sur l’innovation et je partage sans réserve la conclusion « Ce n’est que par l’innovation que nous allons construire nos nouveaux avantages compétitifs dans la mondialisation »
    Mais pourquoi diable poursuivre avec ce que nous avons de plus figé, corrompu et englué dans un capitalisme de connivence :Etat, gouvernement, grande entreprises locales. D’autre part, l’innovation brise les positions acquises, économiques et réglementaires et s’en remettre à ceux qui justement disposent fabriquent et vivent de ces positions revient à tuer l’innovation.
    L’innovation est un investissement et comme tout investissement a besoin de capital. Il me semble indispensable de garder à l’esprit qu’il n’y a pas de déficit commercial en soi mais un déficit d’épargne et donc d’investissement source de production. Et quoi de mieux que des fond de pension locaux pour favoriser, développer et orienter une épargne locale. Il est plus que temps de développer cet outil source d’innovation et non de jouer sur des manettes dans les tubulures de redistribution de la PSG2 avec les taux de cotisation ou l’âge de départ à la retraite ou le nombre d’années de cotisation.

  2. Deux mots. Le premier pour indiquer qu’il existe quand même de nombreux entrepreneurs qui ont fait de l’innovation un moteur d’expansion pour leur entreprise. Dans le tourisme, des plus importants, comme TBSA (avec le rachat du MS Paul Gauguin ou la création du Brando), Aranui avec l’armement de l’Aranui 5, d’autres de moindre envergure avec la location touristique de villas, des produits d’activités alternatifs, et des modes de commercialisation adaptés.
    Pour le Cluster Maritime PF, oui, en une année, il a pris une envergure — qu’il reste à confirmer (mais c’est un marathon, et pas un sprint) — en ouvrant des chantiers collaboratifs sur la formation maritime, les EMR, la sécurité en mer (conditions de tous développements futurs), l’aquaculture, les grands fonds, la recherche, les infrastructures portuaires, le pôle d’excellence maritime… Chaque pas en avant est de bonne augure pour la structuration et la relance de ces secteurs — avec notamment les innovations de procédé et d’organisation que tu soulignes.


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