Publié par : hirofarepote | mars 16, 2013

Duty free à l’arrivée de l’aéroport de Tahiti-Faaa : les préconisations de Tahiti Punu News suivies d’effet

Une dépêche de Tahiti Infos nous informe que l’assemblée de Polynésie française a adopté une délibération qui permettra l’installation de ce nouvel espace duty free pour les voyageurs qui arrivent des vols internationaux à Faa’a, une demande ayant été formulée à ce sujet. ….. »Les achats en duty free qui seront faits à l’arrivée devront néanmoins respecter les règles habituelles en ce qui concerne l’importation des produits sur notre territoire. La franchise étant fixée à une valeur maximale de 30 000 Fcfp. Au-delà de cette somme le forfait habituel de taxe sera appliqué. En matière d’alcool et de tabac, il faudra respecter les volumes et les quantités habituels en vigueur» a précisé le ministre Pierre Frébault. »

Dans un billet en date du 14 aout 2012, intitulé  » Sabotage et sabordage : la Polynésie championne du monde, » à une question de Kriss qui me demandait qu’est ce que j’entendais par « un duty free digne de ce nom », je faisais la réponse suivante :

« si le duty free présent à l’aéroport de Faaa s’est modernisé très récemment et a rejoint ainsi ( et très tardivement) les standards internationaux, il n’en reste pas moins qu’il manque encore de diversité et que les prix restent encore élevés comparés aux autres duty free de la région : fidji. auckland, hawaii….

On peut penser que, certes, les effets de volume jouent dans la fixation des prix, mais la politique de marge du duty free, est, à ce qu’il me semble, libre….d’oû des prix relativement élevés.

Je disais aussi cela, car j’ai constaté que le duty free d’Auckland, par exemple, permettait aux résidents néo zélandais de retour dans leur pays de pouvoir s’y arrêter pour faire quelques emplettes avant de rentrer à la maison….

Le duty free polynésien perd donc un gros chiffre d’affaires, car les résidents polynésiens s’approvisionnent dans l’aéroport de départ et non pas d’arrivée.Politique délibérée des autorités ? Volonté de ne pas pénaliser les compagnies aériennes (duty free à bord) ? problème de conception de l’aéroport ?

Autre problème : les rares produits locaux vendus dans ce duty free sont hors de prix, car les artisans et fabricants locaux pratiquent une politique de prix » déraisonnables » comparés à ceux de produits étrangers comparables: on recherche la marge unitaire plutôt que le volume de produits écoulés. Un effet d’affichage contre productif. «  Fin de citation

D’ailleurs, ce n’est pas joué, car nos duty free devront se comparer en permanence avec les duty free de la région… par une révision des taux de marge, des redevances (ADT…) et de la fiscalité actuelles. Sinon, les polynésiens en voyage continueront à acheter à Auckland, Honolulu ou Los Angeles…

Tout au long des 340 billets publiés à ce jour, j’ai émis des dizaines de préconisations sur tout un tas de sujets à dominante économique. …libres de droits …. Libre, surtout à nos femmes et à nos hommes politiques de s’en inspirer pour leur programme politique. Si je peux, humblement, jouer un rôle de « think tank » à titre individuel, c’est tant mieux. C’est la raison pour laquelle, je suis, en ma qualité de simple citoyen, particulièrement exigeant en ce qui concerne la qualité des programmes de ceux qui veulent nous gouverner pour une période de 5 longues années. Lourde responsabilité que certains prennent trop à la légère…. On en voit les résultats dans la catastrophe actuelle !

J’en profite, d’ailleurs pour enfoncer un clou sur la nécessité d’impulser une stratégie de relance de notre filière touristique qui est seule à même de créer ou de recréer les milliers d’emplois perdus depuis la seconde moitié des années 2000.

Je voudrais donc vous renvoyer à quelques uns de mes nombreux billets rédigés à ce sujet :

L’impulsion pourrait venir du Pays et de l’Etat qui viseraient à réduire de manière exceptionnelle – d’octobre 2013 à avril 2014 – les coûts de transport aérien APRES que tous les professionnels de la filière touristique aient optimisé leur propre tarification suite à une analyse comparative des tarifs des principales destinations concurrentes. Il est impératif, en effet, que tous les professionnels procèdent à une « remise à niveau » de leurs prestations de services comparativement au rapport qualité-prix des destinations comparables et relancent leur activité sur cette nouvelle base.

Autre axe de cette stratégie : pour rétablir des taux de rentabilité normaux et optimiser le taux d’emploi de nos principaux fleurons hôteliers (car ces derniers sont intensifs en main d’oeuvre) , il faudra négocier une « flexisécurité » avec les syndicats de salariés. L’outil des EMPLOIS AIDES et des stages de formation maîtrisés par le Pays permettra notamment d’accroitre le nombre global d’emplois dans l’hôtellerie et d’augmenter aussi le nombre d’emplois à temps partiel, ceci pour assurer un niveau de services digne d’une hôtellerie de luxe (ce qui n’est plus le cas depuis quelques années…). Grâce à cette « bouffée d’oxygène », nos établissements fers de lance reconstitueront leur marge brute et nette d’autofinancement et pourront envisager l’avenir plus sereinement ( par des investissement de modernisation ou d’extension).

En effet, pour restaurer nos marges de compétitivité, il nous faudra tous travailler plus et travailler mieux. Il est bien évident que, dans ce cadre, les grilles salariales devront être figées au niveau actuel pendant une période minimale de 3 ans. En fonction de l’évolution de la situation, des « primes de croissance » pourront être distribuées aux salariés si les niveaux d’activité et de rentabilité redeviennent satisfaisants. Mais surtout, surtout, ne plus augmenter de manière mécanique le SMIG, dont le niveau actuel est un véritable obstacle à créer des emplois durables (n’oublions pas que notre PIB a régressé d’au moins 15 %, ce qui est énorme…. logiquement, les salaires auraient dû diminuer d’autant….).

Dans cette logique, il est impératif de réouvrir l’Hôtel Maeva Beach en lui retrouvant un repreneur (puisque son son standard ne correspond plus aux normes mondiales d’un Sofitel, nouvelle marque de luxe du groupe Accor) d’aménager la zone de loisirs d’Outumaoro-Mairie de Punaauia pour en faire un véritable « cluster de loisirs » au bénéfice des résidents et des touristes. Une zone, en quelque sorte, équivalente à un « mini-Waikiki » à Punaauia est une nécessité incontournable, car c’est un standard (loisirs-animation-entertainment-congrès-shopping-lycée hôtelier – université…) minimal du tourisme moderne …et qui existe dans toutes les destinations touristiques ( Auckland, Honolulu, Nandi, Los Angeles…)

Il est tout de même surprenant que l’île de Tahiti soit devenue un vrai « goulot d’étranglement » comme point de « dispatching » vers les îles par manque de capacité d’hébergement. C’est ainsi que les organisateurs de la coupe du monde de Beachsoccer se retrouvent avec des surcoûts d’hébergement très importants du fait de la fermeture du Sofitel, ce qui est un comble en ces temps de marasme touristique. Il faut absolument sortir de cette situation inacceptable pour le renom de Tahiti, « île mythique et paradisiaque » !

De même, le yoyo , voire la remontée de l’euro par rapport au dollar sont extrêmement pénalisants pour la filière touristique. Le Pays, en concertation avec les organismes bancaires et financiers nationaux ( IEOM, AFD) pourraient identifier un mécanisme visant à neutraliser une hausse trop importante du cours de l’euro par rapport au dollar.

Une table ronde de concertation opérationnelle Pays-professionnels de la filière ( GIE Tahiti Tourisme, compagnies aériennes, hôtels, tours opérateurs, agences de voyage, pensions de familles, prestataires touristiques…) pourrait être l’occasion de peaufiner cette stratégie de relance. Les maitres-mots : efficacité dans les discussions et rapidité dans les décisions opérationnelles. L’heure n’est plus à chercher des boucs émissaires ou à se renvoyer les responsabilités.

Une chose est sûre : il est impératif de sortir du statu quo, voire de la léthargie actuelle par une mobilisation générale de l’ensemble de la filière touristique !

…. Car, je suis convaincu que c’est par une progression de 15 à 20.000 touristes par an sur ces 5 prochaines années que nous sortirons de la crise dans laquelle nous sommes. Il faut bien être conscient que cette relance provoquera un cercle vertueux sur l’ensemble de notre activité économique, de nos finances publiques et de nos comptes sociaux. L’enjeu est donc considérable ! Et la bataille pour l’emploi se situe sur ce terrain là !

REBOOST !


Responses

  1. Ia Ora Na !

    Je suis un fidèle lecteur de votre blog et de ses analyses ! Dans la pauvreté du débat économique et social local, elles sont les bienvenus !
    Concernant le tourisme, il faut vraiment sonner l’alerte et se mobiliser ! Nouveau coup de tonnerre pas plus tard qu’aujourd’hui. Nous sommes en train de nous faire marginaliser ! !

    http://www.lesnouvelles.pf/article/ca-fait-la-une/“la-destination-la-plus-chere-du-monde”

  2. […] Ludovic Lardière sur Duty free à l’arrivée de l’aéroport de Tahiti-Faaa : les préconisations de Tahiti Pu… […]

  3. Ia orana tt le monde
    Ia orana oe e hiro tane

    Marrant, ce manque de vision. Mais bon, c’est rétabli tant mieux. Y a plus qu’a s’assurer que les attributions de concessions se feront d’une manière la plus transparente possible.

    A propos du tourisme, j’ai une approche toute différente, un brin antagoniste au système conventionnel en place.

    Le postulat : considérer le Fenua comme une destination inaccessible, donc très, très onéreuse. En faire un sanctuaire, la huitième merveille du monde. Et en réserver l’accès gracieusement, à quelques uns devenant, de facto, au retour dans leur pays, nos ambassadeurs.

    S’affranchir des réseaux commerciaux (Falletta va tirer une tronche) qui alimentent actuellement le Fenua en visiteurs et promouvoir une nouvelle forme volontariste d’incitation à bénéficier de la trop rare opportunité de visiter la huitième merveille du monde.

    Maintenir le coût prohibitif du transport (sauf pour les autochtones) et du séjour.

    Très, très, très onéreux, certes mais totalement gratuit pour les plus chanceux, 52 000 par année grosso modo. C’est l’idée.

    Comment concilier les deux? Pas plus compliqué que ça.

    A propos, Hiro, je voulais m’assurer que tu as bien eu le temps, avant que je supprime l’accès, de télécharger le pdf (qui t’était plus destiné qu’au lecteur), en réponse à la demande que tu m’avais formulé, il y a quelque temps déjà?

    Si tu as toujours l’intention de commettre un article sur le sujet, Je suis fin prêt pour le défendre bec et ongles. Mais pour des raisons de préséance, je suis un peu embêté. J’aimerais que cela ne se fasse pas avant le 15 avril voire même repoussé à après les élections sauf cas de force majeure. C’est un souhait pas un diktat mais tu fais comme tu veux. Mauruuru

    Te aroha ia rahi. Parahi ana’e
    petites gens

  4. nous en revenons toujours au principe de la bonne personne à la bonne place dotée d’un professionnalisme aigu avec une culture du suivi et du résultat , eh , oui le retour sur investissement dans chaque prise de décision touristique .

    ce n’est pas une table ronde ou une mobilisation qui suffiront mais bien les bonnes personnes à la bonne place ;

    on peut mettre n’importe quelle belle stratégie en oeuvre sur le papier et si on a pas les ressources humaines adéquates on n ‘en fera rien !!!!!!

  5. […] faut atteindre un seuil minimal de progression de 15 à 20.000 touristes supplémentaires par an. C’est la raison pour laquelle je milite pour un plan de relance touristique pour qu’en 2014, nous atteignons ce seuil. A ce rythme, nous retrouverons les chiffres de […]

  6. […] Quant au projet Mahana Beach, sur lequel on fonde tous de gros espoirs, le temps que les appels à projets se concrétisent par des investissements privés par dizaines de milliards de F CFP, il s’écoulera au moins l’année 2014, voire 2015. L’heure de vérité sur notre réelle attractivité pour les investisseurs extérieurs sera bientôt venu…. Et il faudra aussi que la demande touristique soit au rendez-vous, ce qui n’est pas du tout joué au regard de la régression de ce flux touristique (pourtant encore loin de nos records de la fin des années 90 et début de années 2000) en 2013. On comprend mieux pourquoi j’avais préconisé un plan de relance touristique volontariste dan……. […]


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