Publié par : hirofarepote | novembre 11, 2012

Allocation parent au foyer : un contre-sens incroyable !

Les prochaines échéances électorales font perdre la tête au gouvernement UPLD.

Alors que le Président Oscar TEMARU n’arrête pas de fustiger l’assistanat et de répéter « qu’il faut se prendre en main », qu’il ne se prive pas de nous dire que nous vivons au-dessus de nos moyens et qu’il faut retrouver le chemin de la production pour conquérir notre indépendance économique et politique, il instaure en catimini une nouvelle mesure sociale, alors que la profonde dépression économique et la situation budgétaire catastrophique dans laquelle nous sommes rendent son financement impossible, sauf si des moyens considérables sont détournés d’autres priorités économiques et sociales.

Catimini, car l’annonce de sa création est particulièrement étrange. Avant même qu’un débat ait lieu à l’occasion du vôte d’une loi de pays instaurant un telle allocation, une mesure « provisoire » est mise en place par le biais d’un financement « réservé » au sein du budget de la direction des affaires sociales, service administratif du Pays qui croule littéralement sous les demandes d’aide de familles qui subissent la crise d’une manière particulièrement douloureuse. On déshabille Pierre pour habiller Paul… qui est justement le prénom du directeur des affaires sociales, fervent défenseur d’une mesure qui démantèle complètement « son » dispositif d’intervention…. Que ne fait-on pas pour être bien en cour…

Dans l’absolu, qui serait contre une telle allocation ? De même, qui serait contre une aide octroyée aux personnes involontairement privés d’emploi ou aux jeunes ne pouvant s’insérer sur le marché du travail ? Qui serait contre le relèvement des minimas sociaux en raison de la cherté de la vie ? Même le SDIRAF se bat pour le relèvement de certaines pensions de retraite insuffisantes pour vivre… C’est vous dire que le champ des mesures sociales possibles « dans l’absolu » est large…. Le problème, c’est que l’on ne vit pas dans l’absolu, mais avec nos réalités économiques qui, elles, sont désastreuses.

Le problème est que dans toute société humaine normalement constituée, le niveau de développement social est étroitement dépendant du niveau de développement économique.

Nous ne pouvons avoir que le « social » que permettent nos possibilités de redistribution, qui, elles mêmes, sont permises par notre capacité à créer de la richesse. Et encore, même dans ce cas là, les débats politiques peuvent faire rage en fonction de la conception de la vie en société de tel ou tel parti politique.

Il n’y a qu’ à observer aux Etats-Unis, pays cher à Oscar TEMARU, le combat frontal entre le parti républicain et le parti démocrate en ce qui concerne le maintien ou la suppression des aides sociales pour réduire l’énorme déficit budgétaire ( 16.000 milliards de dollars, soit 103 % du PIB des Etats-Unis…). Ne parlons même pas de la réforme de l’assurance-maladie ( « obamacare ») pour un dispositif moins généreux que celui qui a cours, ici, en Polynésie française…. et que nous n’avons plus les moyens de financer en l’état….

Parlons justement de budget : alors que notre plan de redressement budgétaire se résume  » à trop peu, trop tard », que le budget du Centre Hospitalier de Taaone est largement déficitaire, que le budget d’investissement du Pays s’est quasiment évaporé, que nos bailleurs de fonds se font rares pour nous prêter les milliards indispensables au bouclage d’un budget d’investissement minimal, que le gouvernement a été incapable de mener une politique de logement social dans le cadre du Contrat de Projets Etat-Pays, que les SEM et établissements publics du Pays auront encore besoin de subventions,…… une nouvelle mesure sociale est décrétée pour essayer de sauver le soldat TEMARU aux prochaines élections !

Un contre-sens incroyable… qui prouve le désarroi ou l’incompétence de l’équipe dirigeante en place.

Le plus étrange dans l’affaire est que l’on vient nous parler d’un Plan de Développement Economique et Social qui vise à poser le cadre d’ensemble de la politique de développement que doit conduire le Pays. A-t-on simplement étudié l’impact d’une telle mesure, réflexion élémentaire pour en cerner toutes ses conséquences et tous ses effets ? Combien de familles concernées ? Quels seuils, forcément arbitraires, définir pour différencier les familles qui y ont droit et celles qui n’y ont pas droit ? Qui peut prétendre que cette allocation servira bien à ce à quoi elle devrait être destinée ?

D’ailleurs, le gouvernement se garde bien de nous révéler le coût global d’une telle allocation en régime de croisière et se contente de noyer le poisson par un financement exceptionnel particulièrement précaire, à savoir les crédits du Fonds d’Action Sociale vôtés par l’Assemblée de la Polynésie française. Pourquoi une telle absence de transparence ?

Alors, quelle est exactement la délimitation de cette allocation parent au foyer? A la lecture du communiqué du Conseil des Ministres, on n’en sait rien. Cette aide varierait, selon le nombre d’enfants, entre 30 et 45.000 F CFP par mois, et serait versée en complément des allocations familiales. Ce qu’on sait, par contre, c’est qu’en 2011, il y avait plus de 38.000 ouvrant-droits inscrit au RSPF pour un total de 68.000 ressortissants. Cherchez l’erreur…

Des voix syndicales s’élèvent déjà pour dénoncer le fait que cette démagogie électoraliste se fait au prix du détournement de la panoplie des aides sociales existantes et ce, sans que le directeur des affaires sociales ne s’en offusque…

Le pire, c’est que le gouvernement UPLD croit être habile en forçant la main au(x) prochain(s) gouvernements pour concrétiser à tout prix une promesse d’un autre temps… à contre-temps, c’est à dire en pleine crise ( -6,9 % de baisse du PIB en 2011…).

A moins que le calcul soit plus machiavélique : sachant très bien que cette mesure n’est pas finançable au regard de nos situations, économique et budgétaire, catastrophiques, l’UPLD souhaite faire de la polémique naissante un argument électoral pour remobiliser ses militants de base déboussolés.

Que n’est-on pas capable de faire pour de la « tambouille politicienne » !


Responses

  1. cette allocation faisait partie des propositions UPLD en 2004 qui n’a pu être concrétisée en raison du refus de l’UMP et de ses rejetons locaux, tous les autonomistes, de reconnaître la victoire de l’alliance formée par Oscar, d’où les désordres grandissants quer nous connaissons depuis,
    je trouve déplorable vos oppositions systématiques et vos mémoures défaillantes
    si la droite locale et métro avait laissé l’UPLD travailler, on aurait voté en 2008 pour dire si on reconduisait ou non, mais il ne fallait surtout pas qu’on laisse l’UPLD travailler, car c’était le contre pied du système corrompu accepté par la droite ump
    aujourd’hui, c’est bien tard, mais si on peut donner une aide aux plus touchés, les familles mono parentales, vous devriez comprendre, ça ne coûte pas si cher, je ne vois pas de scandale, ce ne sont pas des emplois fictifs mais des vrais pauvres,
    merci quand même d’exister,

  2. […] Allocation parent au foyer : un contre-sens incroyable ! (TPN-11/11/12) […]


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