Publié par : hirofarepote | novembre 4, 2012

Accélérer le rythme des réformes structurelles

Le présent gouvernement Temaru n’a pas affronté de manière volontariste la crise structurelle que traverse la Polynésie française. Il n’a agi que lorsqu’il était au pied du mur et trop tardivement. Le « travail » gouvernemental et législatif a été minimaliste. Comme si le mot d’ordre était « tous aux abris et après nous le déluge ». Les rapports d’activité sur papier glacé de l’Assemblée de la Polynésie française et les compte-rendus des Conseils des Ministres ne peuvent masquer la modestie des initiatives prises pour réformer en profondeur l’économie et la société polynésienne.

Sur l’axe prioritaire de la réforme économique, les mesures pour rétablir les comptes publics et pour relâcher les freins qui brident la croissance du Pays n’ont pas été à la hauteur des enjeux. Régime de rigueur et réformes structurelles n’ont pas été menées en parallèle.

La dépression est là, le pays vit au-dessus de ses moyens, les plus pauvres ne mangent plus à leur faim et ne peuvent plus se soigner. Par contre, les détenteurs de rente sont toujours bien introduits auprès du pouvoir politique pour protéger leurs privilèges.

Aujourd’hui, la question centrale est : comment être compétitif pour approvisionner le pays en tout ce qu’il achète au reste du monde ?  Et Dieu sait si nous achetons beaucoup de choses au reste du monde….

En fait, ce gouvernement ne sait pas quelle direction prendre. Même le rapport BOLLIET qui lui dicte une certaine conduite n’est pas suivi, si ce n’est que lorsqu’on l’y oblige. Peur de l’impopularité à l’approche des élections ?

Pourtant, ce qu’il faut faire pour sortir le pays du gouffre est connu. D’un côté, réviser les dépenses pour rendre le secteur public au sens large plus mince, plus alerte et plus juste, de l’autre s’attaquer aux rentes qui paralysent la concurrence et l’innovation et qui dégradent la compétitivité interne et externe.

Le « que faire » ?  a une réponse connue à court-moyen terme. C’est tourner le dos à toute forme de conservatisme ou de protectionnisme. Encourager l’esprit d’entreprise et la création de richesses dans tous les secteurs d’activité économiques; attirer les investisseurs extérieurs et inciter à l’investissement de nos entrepreneurs locaux; alléger le secteur public pour le rendre efficace, réduire le coût des produits exportables et aller vers une plus haute valeur ajoutée par l’innovation; favoriser la justice sociale par une réforme fiscale.

Celà suppose une action continue autour d’une seule idée : favoriser la réussite qu’elle soit économique, sociale, scolaire, scientifique ou artistique.

Reste un débat sur le tempo du redressement des finances publiques. L’austérité, en réduisant la demande interne, provoque la récession, c’est inévitable. Il faut pouvoir éviter qu’elle se creuse et se prolonge. 

Le primordial est de rétablir la crédibilité budgétaire. La rigueur, autrement dit,  est prioritaire, ici et maintenant. Réduire drastiquement les dépenses de fonctionnement face à la nette diminution  des recettes, puis accroitre les dépenses d’investissement par l’autofinancement et un endettement raisonnable est de l’ordre de la nécessité.

A moyen terme, il faudra maintenir ce cap, ceci pour réduire progressivement les impôts qui pèsent trop sur la consommation des ménages. N’oublions pas que les ménages paient déjà un lourd tribut à la crise : accroissement du chômage, gel des salaires, voire temps partiel subi, dépenses contraintes de plus en plus importantes (essence, électricité, dépenses alimentaires….), hausse des cotisations sociales….

Face aux défis qui sont encore devant nous et que ne peut vraiment pas relever ce gouvernement impuissant et inactif, ne faudra-t-il pas dans un proche avenir un gouvernement de « non- politiques » ? En effet, nos politiques ont la faiblesse de vouloir faire carrière, y compris en cumulant les mandats de maire et de représentant. Certains de nos hommes (et femmes) politiques savent ce qu’il faut faire. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est comment être réélus s’ils le font….

Un gouvernement de techniciens peut prendre des mesures impopulaires de sortie de crise. Il peut aussi trouver des majorités d’actions et des coalitions de réforme, car il n’est pas dans la « politique politicienne » qui fait qu’une opposition s’oppose à une majorité, et vice versa, même si les mesures prises par cette majorité sont nécessaires et pertinentes.

Il nous reste peu de temps pour agir. Il faut fixer au plus vite un cap clair; et expliquer pourquoi, dans un monde irréversiblement ouvert, la compétitivité est l’autre nom du niveau de vie et l’effort redoublé est la condition de survie.

Dans la crise profonde que nous traversons, « travailler plus et mieux pour gagner autant » sera incontournable.


Responses

  1. Ia orana tt le monde

    Ia orana oe e Hiro tane

    Je me suis pris un coup de massue sur le crane en te lisant aujourd’hui. Ça ne fait pas du bien crois moi.

    Pour commencer, nous ne subissons pas une crise structurelle mais bien une crise conjoncturelle sévère et persistante, faite de plusieurs crises majeures successives. Nous ne sommes pas les seuls à la subir en ce moment, faut il le rappeler?

    Il ne m’étonne pas plus que ça de constater que la caste politico-financière locale,nationale pour ne pas dire mondiale, veuille utiliser ce prétexte pour recalibrer à la baisse notre sphère administrative, (synonyme de réserve de profit à venir), et même pire les voir  »recommander l’esclavage »

    Ton «que faire»? est juste un plébiscite du libéralisme, le pire qui soit. Ce libéralisme, à la base même de la crise importée que nous subissons, nous mène tout droit à l’esclavage que tu appelles de tes vœux. «travailler plus et mieux pour gagner autant».  »gagner autant » pour faire passer la pilule, ailleurs ils en sont déjà à dire  »gagner moins » compétitivité oblige.

    Colonialisme esclavagiste sort de ce corps. C’est d’une laideur à faire pâlir de jalousie la laideur elle même.

    Hey Hiro tane. Qu’a donc pu te faire le Nuna’a Ma’ohi pour que tu lui souhaites tant de malheurs. Il existe une autre voie plus respectueuse de l’humain. Réveille toi. À la destruction prône plutôt la construction. Ça ne coûterait au Fenua que 120 millions de Fcfp à minima et 480 millions dans l’idéal en investissement. Et 2 ans à tenir.

    Au bout de ces 2 ans le Fonds Souverain Ma’ohi soutiendra le Fenua comme l’a su, si bien le faire, notre Hau Metua jusqu’à il y a peu encore, mais hélas, qu’elle ne peut plus faire. Croire notre économie capable à elle seule de générer les ressources fiscales dont le Fenua à besoin est une vaste fumisterie. Et tu le sais bien.

    Tout comme l’est cette idée de gvt de techniciens. Le choix de société est éminemment politique, pas technique. L’indépendance ou la dépendance n’a rien de technique. Et puis, il y a bien assez comme ça de techniciens dans les cabinets et les services.

    Pour quelqu’un qui préconise l’austérité en remettre une couche c’est étonnant. Mauruuru

    Te aroha ia rahi. Parahi ana’e
    petites gens

  2. […] Accélérer le rythme des réformes structurelles ; […]


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