Publié par : hirofarepote | septembre 10, 2012

Un Salon du Tourisme porteur d’espoir

Un joli Salon du Tourisme vient de s’achever à la Présidence du Pays. Ce lieu semble être parfaitement adapté à l’exposition de ce qui se fait de mieux dans l’industrie touristique polynésienne. D’année en année, les professionnels du tourisme rivalisent de créativité et d’esthétique pour présenter la belle diversité des produits et services touristiques qui parsèment nos cinq archipels. Une émulation qui crée le désir de vivre des expériences originales chez nos compatriotes et nos visiteurs métropolitains. Un salon qui a rencontré une belle affluence, tant les opportunités deviennent de plus en plus intéressantes, même pour les « locaux ». Un salon qui est le bienvenu pour assurer une fréquentation touristique domestique minimale en cette période de basses eaux et qui apportera un peu de baume au coeur à des professionnels en plein « spleen ».

Belle transition pour revenir sur le débat de la semaine dernière, sur Polynésie première. Même s’il ne fut pas d’une très haute volée, celui-ci fut très instructif, car contradictoire et argumenté.

Qu’ai je retenu de ce débat ?

En premier lieu, qu’il faut se garder de généralisation outrancière. Dans la crise, tout le monde touristique polynésien ne se porte pas mal. Monsieur Christian VERNAUDON a eu raison de préciser qu’il y a des bons et des mauvais produits hoteliers dans toutes les gammes de produits et services proposé à la clientèle locale et extérieure. Il faut effectivement avoir le courage de dire que certaines pensions de famille et hôtels ne sont pas dignes d’être commercialisés et il est clair que la crise peut être « excluante » pour ces activités. La crise est un moment de remise en cause, mais aussi d’opportunité pour les produits et services qui apportent une réelle différence dans les expériences touristiques vécues par nos visiteurs.

En second lieu, l’authenticité polynésienne est effectivement « le plus  » de la destination Tahiti et ses îles. Mais cette authenticité ne peut pas être fabriquée sur commande, car l’activité touristique que l’on vise est relationnelle et basée sur des échanges personnels qui ne peuvent être « standardisés ». Une culture authentique ne peut faire l’objet d’une « industrie » : il y autant d’expériences que de touristes et c’est bien la raison pour laquelle on ne peut se positionner sur un tourisme de masse qui offrirait à des centaines de visiteurs « instantanés » plages de sables blancs, reconstitution de pseudo villages polynésiens, vente de produits artisanaux « made in Asia » et folklore « disneylandisé », comme on peut le constater dans d’autres destinations tropicales.

En troisième lieu, nos PME touristiques locales comptent trop sur le budget de promotion du GIE Tahiti Tourisme pour s’assurer un remplissage à bon compte. Contrairement à d’autres destinations tropicales, la dimension « promotion » et « commercialisation » ne font pas ou peu l’objet de budgets propres des entreprises. Pour résumer, de trop nombreux « professionnels » comptent sur le budget de promotion du GIE pour attirer le maximum de touristes et « capter » dans ce volume « ce qu’il faut de touristes » pour remplir sa pension de famille ou son petit hôtel. On comprend mieux pourquoi tant de petits hôtels tiennent au maintien de l’activité du GIE, avec tous les risques de captation de cette promotion par tel ou tel professionnel du fait de la complaisance, voire de la complicité de la direction du GIE.

In fine, cet organisme peut-il assurer la promotion générique et le marketing de l’ensemble des produits et services touristiques polynésiens ? Ces professionnels ne placent-ils pas trop d’espoirs sur cette organisation collective pour leur propre activité ? Le GIE, prenant toute la promotion d’une industrie en charge ne ratisse-t-il pas trop large ? Le saupoudrage des financements visant à faire plaisir à tel ou tel représentant de telle ou telle profession touristique peut-il tenir lieu de politique promotionnelle ?

Au regard de l’extrême degré de dépendance d’un très grand nombre de professionnels vis à vis du GIE Tahiti Tourisme, il n’est pas étonnant que ce dernier ait de nombreux défenseurs, au grand plaisir, d’ailleurs, de son Président de Conseil d’Administration qui réclame rien moins que 1,9 milliards de F CFP de budget pour l’exercice 2013… Les autres destinations tropicales ont-elles ce type de stratégie de promotion ? La promotion générique de la destination est une chose, mais le marketing opérationnel en est une autre et il incombe à chaque entreprise touristique ou collectif professionnel (clubs de plongée, pensions de famille de diverses catégories, professionnels du tourisme nautique, activités de croisière….) d’y consacrer des moyens propres.

En quatrième lieu, il faut proposer à la clientèle touristique une diversité d’activités pour éviter « l’ennui ». Les Casinos sont l’une de ces activités, mais il ne faut pas en faire « la panacée », tout le monde en convient. De même, l’existence de lieux dédiés à l’agrément, aussi bien au bénéfice des résidents que des touristes, telle la zone se situant entre la marina Taina et l’Intercontinental beachcomber en font partie. L’esprit de « bringue » qui évite son travers, à savoir la beuverie et la vulgarité sans limite fait, bien sûr, aussi partie de cet agrément, de même que le partage de la danse polynésienne tel qu’il s’exprime dans l’esprit du Heiva. Le romantisme ne peut se résumer à un bungalow en bord de mer et à des repas aux prix astronomiques dans le cadre confiné d’un resort.

En cinquième lieu, la distance de Tahiti par rapport aux principaux marchés émetteurs et la tendance à la hausse du prix des carburants sont des données qui s’imposent à tous. Nos compagnies de transport aérien ont des coûts objectifs incontournables qu’il serait irréaliste de nier: seule la modernisation des flottes permet de relativiser les hausses à venir. De même, la volonté de certains professionnels de baisser les prix du transport quitte à creuser les déficits ou à les faire supporter par la collectivité est à combattre, car la profitabilité des uns ne doit pas se faire au prix de la précarité des autres. Par contre, n’en déplaise au PDG de la Compagnie Air Tahiti, il y a bien émergence de compagnies low cost sur la longue distance, à l’exemple de la compagnie Asia Airlines sur les lignes trans pacifiques.

En sixième lieu, nous avons retenu que 60 % des billets émis par la compagnie Air Tahiti sont à prix réduits. J’en ai déduit que la politique tarifaire de cette compagnie gagnerait peut être à être « simplifiée ». En effet, si le tarif annoncé n’est plus le tarif « généralement pratiqué », pourquoi le maintenir ? La « vente liée » de sièges et des produits hoteliers est-elle une pratique acceptable du point de vue du droit de la concurrence et celle-ci ne se fait -elle pas au détriment d’une diminution tendancielle des tarifs des « vols secs » ?

Il faut néanmoins féliciter Air Tahiti de sa transparence récente à propos de sa politique d’investissement et d’exploitation. Nous y avons noté un réel effort de stabilisation des tarifs par des gains de productivité permis par une réduction progressive des effectifs et une stabilité des coûts salariaux. Un effort semblable à celui que mène, toutes proportions gardées, Air France en métropole, dixit Monsieur VERNAUDON. Celà va tout à fait dans le sens des préconisations de mon précédent billet. Voilà un cap dont devrait s’inspirer Air Tahiti Nui, qui n’en est, en ce qui la concerne, qu’aux tous débuts de son processus de « re engineering ».

En conclusion, l’industrie touristique polynésienne peut revenir dans la course à la condition que le rapport qualité-prix soit au rendez-vous par une compétitivité prix et hors prix sans faille, que le patrimoine naturel sur lequel repose le développement touristique soit pérennisé et que l’identité culturelle des polynésiens soit valorisée pour que l’expérience vécue par nos visiteurs reste à jamais dans leur mémoire.


Responses

  1. Pas d’accord avec toi… C’est la première fois;)
    Ce salon est une catastrophe au niveau du C.A realise par les pensions de famille – « le pire depuis qu il existe » me disait le propriétaire d une belle pension de famille sur moorea. Salle trop grande, absence de parking, manque de décision chez les acheteurs. À titre perso nous réalisons 75% du chiffre de septembre 2011 mais seulement 30% du nombre de réservations. La salle Aorai tini hau nous manque…

    Les pensions de famille sont mortes! Vive les… Pensions de famille!!! Je m explique. Les propriétaires de ces mêmes pensions sont âgées, voir très âgés! Et leur descendance ne veut plus entendre parler de ce business. Les enfants sont fonctionnaires ou travaillent dans la banque; ils ont des salaires confortables et aucun ne veut reprendre l exploitation familiale. Le manque de C.A fait que certaines pensions sont dans un état de délabrement tel qu elles ne s en relèveront pas… La nature ayant horreur du vide, la Polynésie est prête pour un autre type de… Pensions de famille.

    La culture et l authenticité polynésienne seraient les moteurs d un futur an de grâce pour notre tourisme? Pfffff! Mes clients nord américains s en moquent. Après 6 séjours à Hawaii, ils en ont déjà marre des heiva et du folklore local! Ils veulent du luxe, de la clim dans les bungalows, internet et un chef à domicile!!! C est d ailleurs le seul marche à travailler intensément ( l amérique du nord) car moins impacte par le prix du billet d avion.

    Il vaut mieux apprendre à pêcher que donner du poisson… Bien sur qu il faut que chaque entreprise touristique développe son propre budget marketing! Mais combien de pensions ont un vrai site internet, une page Facebook, un compte twitter, etc…. 5%? L effort doit être mis la dessus et la le GIE à son rôle. Il doit former les professionnels de demain

    Enfin steeve hamblin dans une de ses interventions –  » il faut que l éloignement de tahiti devienne un avantage » – Entièrement d accord! Il faut mobiliser les enfants à la préservation de notre environnement et quand tout ne sera que pollution dans le reste du monde, Tahiti restera l éden qu il aurait du toujours reste

    Ps: dsl pour les accents


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