Publié par : hirofarepote | novembre 26, 2011

L’UPLD massacre les relations entre la Polynésie française et l’Union Européenne

Non contente  de continuer à défier « l’Etat français néo colonisateur », l’UPLD a décidé de massacrer les relations entre la Polynésie française et l’Union Européenne, alors même qu’une fenêtre d’opportunité s’ouvrait , à savoir le renouvellement de ces relations à l’horizon 2013. En effet, c’est à cette date que la décision d’association entre l’Union Européenne et les Pays et territoires d’Outre Mer (dont la Polynésie française) doit être redéfinie. A priori, cette redéfinition devrait être à l’avantage des PTOM qui ne veulent plus d’une assimilation avec les Pays ACP, mais souhaitent une évolution qui les rapprocherait plus des Régions Ultra périphériques Européennes.

Mais il faut croire que le gouvernement UPLD actuel n’en a cure. D’ailleurs qui se soucie de ce renouvellement d’association au sein de l’appareil gouvernemental ? Tout obnubilé par la création d’une relation préférentielle avec la Chine, Pays qui n’a jamais mis en oeuvre l’ombre d’un programme de coopération technique ou financière avec notre Pays, Monsieur Oscar TEMARU a souhaité consacré tous ses efforts « diplomatiques » à une cour assidue auprès des micro-Etats insulaires du Pacifique Sud pour faire passer sa fameuse « réinscription ». Une première concrétisation de cette action a été….. la création plus ou moins informelle d’une association des petits Etats polynésiens, embryon d’organisation du type « fer de lance mélanésien ». Certes, tisser des relations avec nos voisins polynésiens ne peut être que positif, mais que « va-t-on en tirer » concrétement ?

Par contre, en ce qui concerne les deux Pays et groupements de Pays qui nous aident grandement, à savoir la France et l’Union Européenne, le gouvernement UPLD ne se contente pas d’émettre des « signaux négatifs ». Il a décidé de passer aux actes négatifs : instaurer des droits de douanes sur les produits français et européens.

Cette possibilité, permise – c’est un comble – par l’Union européenne, dans sa grande magnanimité, dans le cadre de l’actuelle décision d’association, part du principe de la non réciprocité : la Polynésie française – Pays en voie de développement – peut exporter ses produits vers l’Union européenne – première puissance commerciale du monde –  en franchise de droits de douane à l’entrée sur le territoire européen, mais n’est pas obligée d’importer des produits français et européens en exonération de droits de douanes à l’entrée sur le territoire de la Polynésie…française. Comme on peut le voir, on est bien loin du néo colonialisme français ou européen !

Jusqu’à présent, les douanes …françaises … mises à la disposition de la Polynésie… française ne prélevaient pas ces droits de douane au profit du budget polynésien, en vertu du principe que, puisque nous sommes une collectivité…française, nous ne prélevons pas de droits de douane sur les produits …français. Et comme nous ne pouvons discriminer entre les produits français et les produits européens en vertu des Traités qui régissent l’Union Européenne, dont la France, nous ne prélevions pas jusqu’à maintenant, de droits de douane sur les produits européens (autres que français), importés par la Polynésie française.

Dans le passé, il était de bonne guerre, pour « obtenir plus » de l’Union Européenne ( dans le cadre, justement, du renouvellement périodique de la décision d’association), d’agiter de manière récurrente, le spectre d’une taxation des produits européens, mais celà n’était qu’un argument de négociation sans suivi d’un passage à l’acte. Ces dernière années, les instances européennes avaient d’ailleurs bien intégré cet argument dans leur réflexion pour un renouvellement plus « généreux » de leur association avec la Polynésie française et les PTOM.

Cette conception historique de nos relations avec la France « Métropolitaine, puis « Européenne » était, somme toute logique. Car qui aide la Polynésie française, en ce vaste monde ? La France, à hauteur d’une très grande partie des presque 180 milliards de FCFP annuels de transferts publics de l’Etat ( voir mes billets précédents à ce sujet) et l’Union Européenne, par le biais notamment du Fonds Européen de Développement, à une hauteur beaucoup plus modeste que l’Etat, d’un peu plus d’un milliard de francs CFP par an.

L’UPLD, dans un sauve qui peut budgétaire, a décidé de mettre fin à cette histoire et cette logique au plus mauvais moment, c’est à dire à la veille d’un renouvellement de notre association avec l’Union Européenne ! Chapeau bas !

L’argument principal de notre grand argentier, Monsieur Pierre Frébault, pour expliquer cette décision peu coopérative, ne tient pas. Il nous explique que c’est pour mieux commercer avec les Pays de notre zone géographique « naturelle », j’ai nommé les pays de la zone Pacifique-Asie ( « naturelle » est un qualificatif gentil, quand on sait que la plupart de ces pays sont distants de plusieurs milliers de kilomètres de Tahiti…). En vertu de ce principe, on « taxe » plus les produits français et européens et on taxe moins les produits de certains pays de la zone Asie-Pacifique.

Cet argument ne tient pas la route un instant, car il va à l’encontre d’une politique d’ouverture commerciale classique qui est de passer des accords commerciaux avec des pays qui, en contre-partie d’une baisse de droits de douane en leur faveur, baissent aussi leur droits de douane en notre faveur. C’est le principe même des accords de libre-échange ( ZLE) ou des unions douanières entre pays. Mais là, je n’ai pas vu l’ombre d’un accord ou d’une réciprocité d’un quelconque pays tiers ( tel que la Chine, par exemple) en faveur de la Polynésie française….

Comble du comble : on fait du désarmement douanier unilatéral au bénéfice de pays qui n’en demandaient pas tant ( à moins que des tractations secrètes se soient déroulées avec la Chine ?)  et on crée du protectionnisme anti-français et anti-européen ! Voilà une idée brillantissime ….

Rappelons quand même que nous avons importé pour plus de 65 milliards de F CFP de marchandises de l’Union Européenne en 2010, soit 42 % de nos importations totales. On taxe donc quasiment la moitié de nos importations. Il faut dire qu’en cette période de moins value fiscales imprévues, une recette fiscale quasi-certaine est la bienvenue…

Autre contradiction : l’Union Européenne est la première puissance commerciale à militer pour une insertion économique des PTOM dans leur zone géographique. Ainsi, pour la Polynésie française, l’incitation de la France et de l’Union Européenne à se rapprocher des Pays ACP insulaires du Pacifique, dans le cadre d ‘accords de partenariat, est forte. Mais l’incitation vise à plus d’ouverture commerciale à partir de l’existant, mais pas à plus d’ouverture d’un côté, contre plus de fermeture de l’autre

Enfin, dernière contradiction, d’ordre interne, celle-là. Jusqu’à présent, la logique fiscale des gouvernements polynésiens qui se succédaient était de « troquer » les droits de douane et les droits d’entrée contre la TVA. De coups de canif en coups de canif, on a, à la sortie, les droits de douane ET la TVA.C’est la loi du « toujours plus » pour le mammouth politico-administratif polynésien.

Mais dans l’histoire, qui va payer ?

Ce n’est ni la France, ni l’Europe. Certes, les entreprises européennes risquent de vendre un peu moins de produits aux consommateurs polynésiens du fait de ce protectionnisme anti-français et anti-européen. Mais ce sont bien les consommateurs polynésiens qui vont payer les augmentations de prix et personne d’autre. In fine, par ce surcroit de fiscalité indirecte, on ne taxe pas les produits, mais les polynésiens. Monsieur Oscar TEMARU a peut être décidé de donner la priorité aux produits chinois qui, comme chacun sait, donnent toutes les garanties de solidité et de sécurité (véhicules) , alimentaires ( qualité sanitaire) ou autres. A moins que l’on veuille faire croire que les produits pas chers « numera hoe » sont des produits polynésiens et non pas des produits chinois ! Qui sait ?

On voit donc la logique indépendantiste en acte : une logique de terre brulée avec la France et l’Union Européenne qui sont à ce jour les seuls partenaires affichés de notre développement. Une logique contraire aux intérêts économiques et sociaux des polynésiens.

Comme le dit Monsieur Jean-Paul BARRAL, puisque l’on vit au-dessus des moyens que nous donne notre appartenance à l’ensemble français et européen, il faut bien s’habituer à une régression drastique de notre train de vie et de notre pouvoir d’achat. Question de nous habituer à nous serrer progressivement la ceinture lorsque l’indépendance pure, dure…et démunie viendra. Au moins, on ne sera pas surpris quand la diète permanente nous tombera dessus…


Responses

  1. Article très drôle (au regard de l’OMC…) et drôlissime à la lecture de: « les douanes …françaises … mises à la disposition de la Polynésie… française ne prélevaient pas ces droits de douane au profit du budget polynésien, en vertu du principe que »!!!

    Primo les fonctionnaires français expatriés « douaniers », notamment « en zone SOUS douane » n’ont absolument aucun pouvoir de ce genre.

    Deuxio il suffit de voir ce qu’ils « taxent », non pas au profit du « budget polynésien » (sic)… mais A LEUR PROFIT d’aviseur(s) sur les centaines de tétines et autres Mickeys par exemple hahahahaa

    Que ceux que le sujet intéresse viennent donc donc au colloque CCISM/service des douanes, le 1er décembre où j’y serai comme membre… du public puisque la séance organisée par la CCISM l’est, mais où je pourrais en éclairer plus d’un(e) pendant les « entr’actes », ayant même été incarcéré pour un coup monté ayant trait à ma ROLLS-ROYCE Silver Spur de 1985 que les gabelous ont décrétés être « d’origine USA »… pour une anglaise, la marque étant par ailleurs allemande actuellement!

    rollstahiti@gmail.com

  2. en parlant de protectionnisme et de libre échange ce lien pourrait te permettre de revoir tes fondements économiques
    http://www.agoravox.tv/actualites/citoyennete/article/etienne-chouard-a-namur-la-crise-32654

  3. Je viens de regarder la première partie de ton lien sur la constitution. Grosse faiblesse dans son raisonnement. La constitution ne doit pas nous protéger des pouvoirs, mais doit protéger nos libertés, nos droits individuels de tout ce qui peut les compromettre(dont les pouvoirs).
    Ce type a réussi à parler 30 mn de constitution sans une seule fois prononcer le mot liberté ou individu. J’en suis sur le c.. Il est remonté aux grecs pour parler de séparation des pouvoirs alors que c’est chez Montesquieu qu’il faut aller, et c’est là que l’on voit la faille de cette séparation car il l’avait conçue par des chambres « de naissance »(classes sociales, donc hors du champ politique pour une partie des pouvoirs) sans avoir pu imaginer que la politique balaierait tout devant elle, et que les partis politiques auraient in fine la totalité des pouvoirs, ce qui rend cette séparation bien illusoire.

    J’attaque la suite.

  4. Bon, j’ai tenu encore 15 mn, c’est un abruti finalement. C’est rigolo de l’entendre parler de l’inflation et de la « folie libérale ». Je comprends mieux pourquoi il n’a jamais prononcé, tout en parlant de Droit et de constitution, le mot liberté. C’est une ordure totalitaire au sens du totalitarisme démocratique de Tocqueville.
    Faudra trouver autre chose à montrer.

  5. non je voulais surtout opposer le protectionnisme au libre échange et montrer qu’à partir du moment ou les jeux sont faussés le libre échange n’est pas l’idéal économique


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