Publié par : hirofarepote | juin 25, 2011

Du courage en politique…

La  Crise que vit la Polynésie française a mis en évidence la nécessité de réformer en profondeur notre modèle économique et social basé sur les dépenses publiques et la consommation générée essentiellement par ces dépenses publiques.

Rebâtir une économie performante fondée sur un tissu d’entreprises productives et compétitives, redimensionner un secteur public envahissant et peu efficace et investir pour l’avenir sont des évidences reconnues par tous les experts et la société civile depuis les Etats Généraux.

Car notre Pays n’a pas d’abord besoin d’un modèle économique et social qui se contente de transférer des richesses d’une catégorie à une autre, mais bel et bien d’un modèle qui crée véritablement ces richesses, en plaçant l’Entreprise au cœur, si ce n’est au centre, de son dispositif.

Plus qu’une simple restructuration, c’est une véritable refondation de notre modèle de production qui s’impose en premier lieu, en s’attachant tout autant à une profonde réallocation des dépenses vers plus de productivité qu’à une simple réduction de ces dépenses.

Une refondation dont le premier objectif ne doit pas être de viser une plus juste répartition – cela, c’est la finalité de la redistribution -, mais une plus grande contribution à la productivité, donc à la compétitivité, donc à la croissance, donc à la création de richesse.

Et pourtant…

Pourquoi nos gouvernants successifs tardent- ils tant à mettre en oeuvre les réformes structurelles nécessaires, alors qu’elle seules, étalées sur plusieurs années, peuvent remettre l’économie et la société polynésienne sur les rails ?

Le problème est que ces réformes semblent politiquement coûteuses : nos gouvernants craignent de payer des politiques impopulaires par une défaite électorale. Mais ils devraient s’aviser que c’est en temps de crise que le risque de sanction dans les urnes est le plus bas.

En fait, nos élus, éclairés par tout un tas de rapports et analyses, savent de plus en plus ce qu’il faut faire, mais ils ne savent pas comment se faire réélire une fois qu’ils l’auront fait !

Mais est-il vrai  que les réformes affectent négativement les chances de réélection ? L’exemple de Margaret Thatcher, de Ronald Reagan ou de Tony Blair semblent démontrer le contraire.

En général, les réformes ont des coûts actuels, mais seulement des rendements futurs. De plus, le niveau d’effort et les ressources investis dans les réformes ne sont pas facilement vérifiables par les électeurs avant que les gains ne se matérialisent. En outre, nous ne sommes pas sûrs de l’efficacité et de la « performance » de certains décideurs à réussir ces réformes….

Cette crainte explique en grande partie « le trop peu, trop tard » dans la politique économique et sociale menée depuis de nombreuses années.Or, on est à deux ans des élections territoriales et nos élus ont, bien sûr, cette perspective en tête…

Qu’en conclure ?

Dans les démocraties modernes, les élections sont l’instrument fondamental de la responsabilité politique. Dans certaines circonstances, cependant, cet instrument peut induire un comportement myope, les décideurs politiques ayant tendance à éviter des ajustements coûteux. Est-ce à dire que les incitations électorales entament nécessairement la crédibilité des gouvernements à mettre en œuvre les réformes structurelles et fiscales nécessaires pour lutter contre la crise actuelle ? Je crois que non, pour deux raisons au moins.

Tout d’abord, des pressions extérieures peuvent réellement aider le gouvernement à s’engager publiquement à adopter des mesures anticrise et à endosser la responsabilité politique de mesures impopulaires. C’est le rôle ingrat que joue une personne comme Madame BOLLIET ou une organisation publique métropolitaine comme l’AFD. Derrière, l’ombre de l’Etat plane…

Deuxièmement, et c’est peut-être plus important encore, comme la grave crise que nous connaissons est caractérisée par un degré élevé d’incertitude, je pense qu’elle peut offrir une occasion unique de mettre en œuvre des réformes qui ne passeraient pas autrement.

Alors, messieurs les décideurs, aurez-vous le courage de vous engager résolument dans les réformes pour le bien être futur de notre chère Polynésie ?


Responses

  1. Pas de panique, je suis là.

    La malédiction s’arrêtera sitôt (ou si tard) que je pourrais occuper vraiment la présidence de cette immense arnaque dénommée « la Polynésie française », mais peut-être le chaos devra-t-il tout d’abord être total « en France » pour que cela se fasse, ici important peu vu que les décisions sont prises par les conseil d’Etat, cour de cassation et autres Concon…

    En clair et vu les articles aujourd’hui même sur la « justice », les lois (du pays et du non-pays), les bidouillages locaux et nationaux (sic), etc… le moment viendra, çà ne fait que 6 ans et demi que çà dure et le 25 octobre, date anniversaire de mon autoproclamation légale, de l’année des zoutreme n’est que dans 4 mois….

    Avec Honneur

    Rollstahiti@gmail.com

  2. Pour répondre à ta dernière question, je proposerais de supprimer tout salaire politique. Dans ces conditions, leur seul intérêt serait de créer une économie prospère. Dans ce que tu appelles des démocraties modernes, les politiques sont des professionnels du métier et on en crève.
    Dans, par exemple, une démocratie ancienne comme la Suisse, les politiques n’ont pas de revenu, et, comme par miracle, le pays s’en porte à merveille: déficit ridicule, chômage insignifiant, revenu par habitant dans le trio de tête planétaire et pourtant pays largement handicapé par l’absence de richesse naturelle, de grandes difficultés d’accès, et pas de mer.

  3. Complètement hors sujet Hiro,

    Courage n’a jamais rimé avec politique, surtout en Polynésie…


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