Publié par : hirofarepote | janvier 8, 2011

Construire une société de confiance (1)

Même si je considère que c’est « trop peu, trop tard », l’action réformatrice de Monsieur Gaston TONG SANG est indéniable. Pour être tout à fait honnête, il faut bien reconnaitre que la classe politique locale ne lui facilite pas la tâche. Bien au contraire, les chausse-trappes se multiplient, pour des motifs plus ou moins justifiés et diverses arrière-pensées politiciennes. Face à la crise, « l’union sacrée » n’est pas ou plus de mise…

A défaut de réduction encore tangible du « périmètre » du secteur public, la voilure des dépenses publiques se réduit drastiquement, quitte à sous estimer certaines dépenses obligatoires au sein du projet de budget primitif 2011. Je suppose qu’on comptera encore sur des collectifs en cours d’année pour procéder aux ajustements qui s’avèreront nécessaires….

En effet, à part la suppression de l’EPAP….et des dépenses de prévention que celui-ci finançait sans trop de discernement, toutes les structures publiques visées par le rapport Bolliet sont maintenues. Le choix de nos dirigeants est plutôt de réduire leurs effectifs et les subventions du Pays que de se poser la question fondamentale de la nécessité de leur existence. Peut être s’agit il de temporiser sur le court terme pour trancher plus tard ? Il est vrai que le coût des départs volontaires est très lourd pour le budget de la collectivité et qu’un étalement de ces coûts est incontournable au regard de l’absence de marge de manoeuvre du budget du Pays.

Dans le cadre de la refonte du secteur public, on nous promet , sur un horizon de 3 ans, une réduction de  moitié des structures publiques et une baisse de 30 % des dépenses de fonctionnement. Espérons que le cap sera tenu…

Le spectre de l’insolvabilité de notre Sécurité Sociale s’éloigne, même si le chemin est encore long pour équilibrer les comptes de la santé et de la retraite. Les partenaires sociaux doivent poursuivre l’action de redressement et celle-ci passe malheureusement pour les ménages et les entreprises par une hausse douloureuse des prélèvements sociaux et une réduction relative de certaines prestations.

Des discussions qui animent le cercle des experts, émerge une question fondamentale : faut-il réduire les dépenses publiques ET augmenter les impôts ou réduire encore plus les dépenses publiques sans hausse de la pression fiscale ?

On peut, bien sûr, aller encore plus loin dans la baisse des dépenses publiques, notamment en ce qui concerne nos « Institutions » trop peu productives par rapport à leur coût. Mais dans le court terme, il ne faut plus espérer des « économies faciles » de plusieurs milliards de francs, les coups de rabots successifs de ces dernières années étant passés par là…

Je n’oublie pas aussi que Monsieur TONG SANG avait repris, il y a un plus d’un an, le pouvoir sur une logique de « pas d’alourdissement de la pression fiscale ». C’est d’ailleurs cette logique là que je défendais dans mes billets d’il y a un an.

Cet engagement là n’a tenu que pour l’année 2010, puisqu’il faut, selon le Président du Pays, trouver au moins 3,5 milliards de francs de ressources fiscales nouvelles. Ce n’est pas rien par les temps qui courent….surtout lorqu’on  constatera en cours d’année qu’ils manquent quelques milliards pour couvrir des dépenses strictement indispensables…et que le budget d’investissement du Pays sera le plus faible de ces 15 dernières années…

Face à cet infléchissement de la « doctrine tong sangienne », que de levées de boucliers !

Aussi, quitte à prendre à rebrousse poil l’opinion largement dominante, j’aurais tendance à défendre certaines propositions de hausse des prélèvements fiscaux. Ce que l’on pourrait appeler quelques recettes de poches à prélever « chez les riches ». Ces derniers n’en mourront pas….

Certes, il faut, de manière dominante, laisser la priorité en 2011 à la hausse des prélèvements sociaux, car c’est le maximum que peuvent supporter les ménages et les entreprises, car ces « agents économiques » sont bien conscients de la nécessité de sauver notre protection sociale. Il faut saluer là, d’ailleurs, une nouvelle « maturité » des partenaires sociaux, notamment de nos syndicalistes toujours habituellement prompts au « toujours plus » même en pleine crise économique et sociale ( ah l’instauration d’une caisse de chômage…)

Certes, il ne faut pas alourdir davantage les coûts de production des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages, déjà compromis par la hausse des cotisations sociales et de la CST.

Mais, il n’est pas interdit de faire oeuvre de justice sociale en pointant du doigt certaines anomalies de notre système fiscal qui permettent à de riches propriétaires de patrimoines fonciers et immobiliers et à des dirigeants de sociétés de s’octroyer des revenus très élevés en profitant du vide règlementaire et fiscal ambiant. En tout état de cause, une remise à plat de notre système fiscal est incontournable à moyen terme.

La convergence des critiques à propos des textes fiscaux cache donc certaines motivations plus ou moins avouables. Il ne faut pas faire preuve de démagogie à l’envers et réclamer, par exemple, toujours plus d’économies à nos dirigeants, à nos Institutions et à notre secteur public en laissant de côté certaines situations fiscalement aberrantes.

Il est en effet trop facile de dénoncer la paille dans l’oeil du voisin pour détourner le regard de la poutre logée dans son propre oeil ! En d’autres termes, il est temps de passer d’une « société de défiance » à une « société de confiance ».

Bonne année 2011 !


Responses

  1. Ia ora na, et bonne année à toi l’ami, ia maitai outou i te matahiti api.

    Plusieurs réactions à ton post, si tu me permets.

    Sur la fiscalité tout d’abord. Je ne crois pas que la simple opposition « riches/pauvres » ou « Patrons/Salariés » comme l’a dit notre Président soit une bonne piste de réflexion. Contrairement aux idées reçues, les « employeurs » galèrent pas mal, et payent déjà pas mal, de manière directe ou indirecte, et c’est un peu facile de la caricaturer comme des « égoïstes pleins de pognons qui ne voudraient pas partager » (sentiment que j’ai eu en lisant l’interview du Président Tong Sang juste avant les fêtes…). Les employeurs investissent aussi, sur leurs deniers propres (et souvent au sein des PME, ces mêmes employeurs sont bien moins lotis que la plupart des fonctionnaires des Communes, du Pays ou d’Etat…)… bref.
    Je pense que la fiscalité (et les différents prélévements, dont ceux liés à la CPS) totalement décousue du Pays doit faire l’objet d’Assises sérieuses, en vue d’une remise à plat totale, équilibrée, plus juste, et sans doute plus directe que celle que l’on connait aujourd’hui… De la Flat Tax à l’impôt sur le revenu salariale, les possibilités ne manquent pas, mais ce n’est pas par à-coups, sans concertation, sans vision globale, que nous pourrons avoir une fiscalité appropriée…
    Et ce chantier-là, aucun gouvernement n’a voulu véritablement s’y pencher depuis bien longtemps…

    L’autre point sur la réduction des dépenses publiques. Aurais-tu la possibilité de faire une comparaison chiffrée du budget du Pays (Tartarin, si tu nous lis…) entre disons 1990, 2000, 2004 et 2010, afin que l’on puisse jauger de son évolution. Lorsque tu indiques qu’il va être difficile de mettre des « coups de rabots », je pense que là aussi, « la modernisation du service publique » est totalement en panne… et qu’une vision strictement comptable n’aboutira à rien de bon…
    Je ne parle même pas de réfléchir à une véritable décentralisation…
    Là aussi, il est difficile de qualifier notre Président de « réformateur » quand on voit l’immobilisme depuis ces dernières années sur ces questions…

    Qu’en penses-tu ?

    Parahi,
    Charlie, réfor-mateur !

  2. Bonjour,

    J’approuve tout à fait ton commentaire Charlie, et en tout point.
    En particulier sur l’aspect comptable de la pseudo réforme. Il n’y a rien au fond, et je l’ai personnellement constaté pour la PSG, du moins pour l’instant. C’est au plus haut point stupide, tout ce qui est décidé, et seulement comptable, et, à terme, source bien souvent d’augmentation des dépenses par négligence de l’aspect préventif.
    Et surtout on ne touche en rien le secteur public dans son statut et avantages.

    Pour la Polynésie, il faut aussi ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans le monde et en particulier pour nos premiers touristes, les américains;
    Rarissimes sont les textes en français décrivant bien leur logique et leurs actions.
    Je vous encourage à lire ce post et les quelques commentaires, en rien pour en prendre modèle mais pour comprendre les enjeux de ce monde : h ttp://www.jpchevallier.com/article-le-nouveau-paradigme-us-64596455-comments.html#anchorComment

    Il n’y aura d’avenir dans ce pays que le jour où l’on s’attaquera de front aux deux boulets que sont l’éducation et la terre, et de réforme que quand on s’attaquera à la fonction publique.

  3. ce que fait GTS n’est pas réformateur, je crois , hiro que tu es trop indulgent !

    TROP PEU , TROP TARD , je suis d’accord avec toi mais de là à dire qu’il est réformateur, non ?
    APRES L’HEURE, CE N’EST PLUS L’HEURE ! c’est ainsi qu’on peut résumer le comportement de GTS .

    c’est l’Etat qui le pousse , à travers, certaines conditions d’aide ou de coup de pouce pour des emprunts éventuels qui fait croire que GTS se bouge sur les dépenses publiques.

    Il n’y a rien de drastique puisqu’il y a des diminutions certes mais encore trop timides et des gaspillages du genre l’opération de shanghai , 280 millions cfp pour environ 500 touristes chinois, ce n’est pas sérieux !

    c’est cher payé pour une visibilité ridicule sur ce marché qui n’est pas encore mature pour la PF !et en temps de crise , c’est faire preuve non seulement d’amateurisme mais de gaspillage des ressources financières déjà rares en ces temps difficiles ! sans compter un laxisme concernant les réformes structurelles à mettre en place et qui sont urgentes tout en oeuvrant parallèlement sur des mesures phares favorisant le redécollage de nos activités prioritaires !

    rien sur la réforme urgente de l’administration avec les bonnes personnes à la bonne place en matière de compétences et l’encouragement des départs volontaires pour des double emploi ! rien sur les restructurations essentielles des différents satellites à l’exception de TNTV mais qui pour moi doit fermer quand le Pays n’a plus les moyens de financer le luxe de l’audiovisuel local sous prétexte de la nécessité de valoriser sa culture !

    obligeons RFO à faire de la production locale en reprenant une partie compétente du personnel et pour les autres , trouvons une solution de reconversion ou de départs volontaires ou de retraites anticipées. Le pays pourrait intervenir sur une dotation par exemple de 300 millions par an au niveau de RFO , cela nous coûterait moins cher que les 800 ou parfois un milliard !

    On ne peut plus se le permettre! fermeture idem avec l’ATP et toutes les structures qui n’apportent aucune valeur ajoutée au Pays, Maison de la perle ,
    Tahiti Tourisme et autres organismes qui coûtent plus qu’elles ne sont utiles par leur manque de dynamisme, d’efficacité !

    par exemple, double emploi entre service de la perliculture et Maison de la Perle !

    construction provisoire de laMaison de la Perle, une autre aberration ! et les intérêts des emprunts des perliculteurs pris en charge par le Pays , donc par la collectivité , une autre aberration et ainsi de suite et tout cela pendant le régne de GTS ou de OT .

    Il y en aurait à dire sur toutes les actions prioritaires et drastiques qui auraient dû être entreprises et qui ne le sont toujours pas et simultanément des réformes structurelles tout en oeuvrant parallèlement à la mise en place d’un environnement favorable à l’investissement et à la consommation des ménages !

    Nous n’avons aucun ministre en Economie digne de ce nom pour comprendre l’urgence de ces 3 volets à exécuter en même temps !

    il y a encore trop de mesurettes si actions il y a ! et pour la fiscalité , tout est à revoir !

    ce n’est pas un volet spécifique aux capitaux mobiliers ou je ne sais quoi encore !!

    ce n’est pas sérieux !!!

    La plupart de nos dirigeants ne sont pas sérieux dans leurs décisions stratégiques pour l’avenir de notre jeunesse et ils ne sont pas à la hauteur de leurs fonctions mais surtout des enjeux capitaux pour que notre fenua épouse correctement le virage crucial de redressement de nos finances tout en privilégiant la croissance économique et sociale ! pour favoriser l’emploi.

    ILs ne voient pas plus loin que le bout de leur nez pour certains et souvent ils ne comprennent rien et préfèrent se réfugier dans le train train quotidien ou dans des petits bouts de la lorgnette ou dans l’inertie !

    la politique de l’Autruche ! Pauvre de Nous !

    IL n’y a aucun LEADER qui méne la Pirogue dans la Bonne direction des Vents !!!
    en temps de crise ! c’est GRAVE !!!!!!!!!!

    la désolation est totale ! c’est un spectacle triste et affligeant pour notre Fenua qui ne le mérite pas !


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