Publié par : hirofarepote | octobre 9, 2010

Protectionnisme suicidaire en Polynésie

Sous prétexte de protéger les emplois locaux, de puissants lobbys économiques ont convaincu les gouvernants qui se sont succédé ces dernières décennies de mettre en place et de maintenir des dispositifs qui interdisent ou limitent la concurrence de produits importés : prohibitions à l’importation,quotas, droits et taxes à l’importation, taxe de développement local, restrictions sectorielles aux investissements étrangers, règlementations locales discriminatoires…

Tout un arsenal de textes qui a annihilé tout dynamisme, tout souci de la performance et tout esprit d’innovation au sein de ces activités protégées… tout en empêchant l’émergence d’autres activités plus porteuses de croissance. Plus grave, en raison de l’importance du périmètre de cette protection, celle ci a contaminé l’ensemble de l’économie au point de la rendre « non compétitive ». Ainsi, le président du conseil des entreprises a diagnostiqué que le tourisme polynésien était « hors marché »… Cherchez l’erreur…

Derrière un discours d’intérêt général –  » la protection de l’emploi local et la création de ( fausse) valeur ajoutée locale « – ces groupes de pression masquent des intérêts particuliers bassement égoïstes. Leur préoccupation n’est que de se remplir les poches par des  » surprofits » qui grèvent lourdement le pouvoir d’achat des consommateurs polynésiens.

Le comble du comble : ces dispositifs, qui enrichissent des « producteurs locaux » très ciblés, n’incitent pas les importateurs à proposer des produits similaires à meilleur prix, bien au contraire. Avec l’instauration de la TDL, par exemple, les producteurs locaux peuvent fixer des prix élevés et les importateurs peuvent prélever des « surmarges » sur les produits identiques ou similaires importés. Au bout du compte, le consommateur polynésien est le dindon de la farce puisqu’il perd sur les deux tableaux.

Quand on évalue les surprix payés par les consommateurs, on s’aperçoit que le cout des emplois « créés » par ces protections est exorbitant. A un point tel qu’il couterait moins cher à la collectivité de payer les travailleurs concernés à ne rien  faire  ! Il est vrai que les emplois protégés se voient, alors que les emplois non créés dans d’autres activités du fait de la stérilisation d’une part trop importante du pouvoir d’achat des consommateurs polynésiens sur ces produits et services hyper protégés ne se voient pas…

Pour simplifier, lorsque les consommateurs polynésiens payent trop cher leur tomate, leur carotte, leur concombre, leur punu puaatoro, leur jus d’ananas, leur consommation d’électricité ou téléphonique, leur abonnement à l’internet monopolistique, leur billet d’avion dans les iles….. ils ne peuvent pas aller plus souvent dans une pension de famille ou chez le coiffeur, consommer plus de produits de première nécessité et d’autres services ou accroitre leur fréquence d’achat de ces produits ou services protégés et très couteux…. C’est ainsi que pour notre vini, notre électricité, notre billet d’avion ou notre abonnement internet, notre consommation est contrainte par des tarifs exorbitants. Pas besoin de l’argument écologique : le prix suffit !

Dans ce contexte très pénalisant, il est particulièrement dommageable que des élus se fassent les défenseurs  de ces intérêts privés:  « gros agriculteurs », gros pêcheurs et mareyeurs, monopoles et oligopoles, grosses industries agro alimentaires…. La liste des « planqués » vivant heureux derrière ces protections serait trop longue !

S’il y en a un qui s’illustre dans cette logique suicidaire pour l’économie polynésienne, c’est Monsieur Jacquie DROLLET. Ce dernier se fait, en effet,  le champion de ces lobbys influents. Son dernier cheval de bataille en date est celui de la téléphonie mobile. Alors que les concurrents de Tikiphone avaient ou allaient créer plusieurs dizaines d’emplois et « booster » ce secteur d’activité léthargique pour cause de monopole, il fait instaurer une « opportune » règlementation restrictive à l’encontre d’investissements étrangers sous des arguments fallacieux.

Je l’ai dit et je le redis : si on continue dans cette voie hyper protectionniste, il ne faudra pas s’étonner que l’ensemble de notre économie soit « hors marché ». Pour celui qui a aussi été ministre du tourisme, la dégringolade du tourisme polynésien devrait pourtant l’inciter à réviser ses dogmes économiques d’un socialisme disparu…

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