Publié par : hirofarepote | mars 10, 2010

Chari vari dans l’hotellerie polynésienne

Après le Club Med, l’hotel Hilton de Papeete jette l’éponge. Certains hôtels font « durer » leur fermeture pour rénovation en espérant que la crise  passe. D’autres hôtels sont prêts à se vendre au plus offrant et un tour opérateur mégalomaniaque les prend au mot avec l’appui, parait-il d’un « fonds de pension américain » au nom encore confidentiel. Décidément, les fonds de pension aiment Tahiti et ses îles : rappelons-nous que c’est grâce à l’un de ceux-ci que Dick BAILEY finance l’expansion de son groupe hotelier en Polynésie. Dommage que les retraités américains ne viennent pas plus nombreux dans les hotels qu’ils possèdent grâce à ces fonds de pension !

Face à la chute historique de la fréquentation touristique constatée en 2009, les comptes d’exploitation des fleurons hoteliers du Pays sont dans le rouge vif, et ce malgré la défiscalisation, l’exonération de droits sur certains de leurs intrants, les primes à l’emploi, les « extras » payés au lance-pierre et les stagiaires gratuits. Un chiffre entendu sur RFO : 120 milliards d’investissements touristiques défiscalisés… Une paille !

Non seulement, la filière touristique n’a pas connu d’investissements substantiels ces dernières années ( à l’exception de l’hotel Brando), mais l’heure du « désinvestissement », amorcé par les navires de croisière, s’amplifie et touche nos complexes hoteliers.

Devant la catastrophe, chacun se cherche des boucs émissaires : la faute aux politiques « instables » qui naviguent à vue, à la société civile qui saborde ce qui devrait être sa poule aux oeufs d’or, à ATN et Air France aux tarifs peu attractifs, à la promotion touristique « mal faite », à l’absence d’animation et de capitale touristique digne de ce nom, la faute aux polynésiens qui vont à Las Végas, à Auckland, à Los Angeles, à Honolulu plutôt que d’aller à Rurutu ou à Nuku Hiva, la faute au monopole « Air Tahiti » ou au King Tamatoa qui ne prend pas la mer, la faute aux « étrangers » qui viennent « polluer » nos iles… Voie sans issue, car chacun a sa part de responsabilité.

Les hoteliers ont-ils eu une stratégie opérationnelle en phase avec les évolutions de la concurrence internationale ? Ont-ils mis en place un encadrement polynésien stable et compétent ? Ont-ils « fabriqué » un rapport qualité-prix aux standard internationaux ? N’ont-ils pas trop tiré sur la corde d’un patrimoine naturel exceptionnel qui compense tellement de déficiences ?

Les professionnels du tourisme ne forment-ils pas l’écrasante majorité du Conseil d’administration du GIE Tahiti Tourisme ? Comment peuvent-ils se « dédouaner » de l’absence de professionnalisme de la structure et, surtout de ses coûts de fonctionnement élevés ?

Les « taximen » se rendent-ils compte de leurs comportements professionnels aberrants ?

Les agences de voyage locales se remettent-elles en cause face au  » e commerce » ?

A-t-on compris la force des tours opérateurs internationaux et, surtout, leur niveau d’exigence, tant ils ont l’embarras du choix en matière de tourisme tropical balnéaire ?

Certes, le Pays se doit d’avoir un schéma global de développement touristique, mais les acteurs du tourisme que sont les professionnels de la filière ne peuvent s’exonérer d’avoir, eux aussi, des stratégies opérationnelles pertinentes. Positionnement tarifaire des pensions de famille face à celui des hotels, prix des prestations des activités sans corrélation avec leur qualité, coût des approvisionnements locaux…. Tout est à revoir. L’affaire dite des « pandanus » de Bora-Bora en est un exemple flagrant.

Recherche de boucs émissaires inutile disais-je. Car la principale cause de la catastrophe est le non-choix du Pays tout entier en matière de stratégie de développement globale du Pays. Je n’ai cessé de le répéter à longueur de billets : entre le protectionnisme nécessaire à la stratégie d’import substitution et la stratégie de promotion des exportations de biens et de services, il faut maintenant faire un choix clair. Les surcoûts du protectionnisme et de l’inefficience productive plombent littéralement notre économie territoriale. Ils expliquent largement le désarroi actuel ou chacun ne sait plus à quel « saint » se vouer !

Ces 15 dernières années, nos gouvernements successifs n’ont fait que repousser les échéances à coup de défiscalisation nationale et territoriale massives, de plans de relance basés sur de nouveaux financements étatiques ( fonds d’après CEP, puis DGDE) et transferts publics métropolitains toujours plus importants. Ce « dopage » quelque peu artificiel a fait son temps. De toutes les façons, Etat et Pays n’en ont plus les moyens.

De nouveaux choix économiques et sociaux sont nécessaires et le tourisme doit être le fer de lance de la nouvelle économie polynésienne à construire. C’est ce que ne cessent de répéter les experts et les observateurs les plus attentifs à notre réalité économique et sociale. Jusqu’à présent, ils crient dans le désert …

Chacun doit donc balayer devant sa porte, mais il est le vrai que le pouvoir politique doit être le chef d’orchestre de cette nouvelle stratégie de promotion des exportations de services et de biens. Si nous n’avons plus rien à vendre au monde, c’en sera fini de l’économie et de la société polynésienne. L’autarcie à la ni-Vanuatu ne pourra être supportée par une population tellement habituée à l’ouverture au monde.

Enlevons les boulets que nous nous sommes mis aux pieds et n’ayons pas peur du large !


Responses

  1. commençons par enlever les boulets et mettons les bonnes personnes à la bonne place.

    De vrais pro -compétents pas des personnes médiocres qui font du copinage local pour se maintenir pendant 8 ans . çà suffit l’amateurisme !

    Privilégions l’efficacité et le retour sur investissement dans ce secteur!

    encourageons le rapport qualité-prix et sanctionnons ceux qui ne jouent pas le jeu, ne leur donnons aucune aide!

    Privilégions le pragmatisme!

    Le schéma directeur touristique ne veut rien dire . ce qui importe , ce sont les actes opérationnelles engendrant des situations cohérentes et chacun dans le secteur a

  2. désolée,

    ce sont les actes opérationnels engendrant des situations cohérentes qui comptent et chacun dans ce secteur a sa part de travail à effectuer .

    Il manque juste un coordonnateur qui pourrait être le Pays avec un comité de suivi des opérations à effectuer pour redresser l’image désastreuse du rapport qualité-prix de la destination , pour booster la destination efficacement par des campagnes et des actions adéquates et non des actions aberrantes…

    qui se traduisent par du gaspillage des ressources financières surtout en ces temps difficiles…

    Changeons les têtes inappropriées aux fonctions importantes ..dans le secteur touristique et mettez des gens dotés d’un sens aïgu du professionnalisme…et qui s’adaptent à un monde touristique en perpétuel mouvement.

  3. en pleine crise touristique , (mais qui pouvait croire en la réussite de structures hotelières genre Hilton ou Radisson Tahiti insérées dans un cadre
    urbain et paysager déconnectés depuis belle lurette de l’idée du  » paradis  » ,sauf peut ètre fiscal ?, en référence au  » jardin  » ) existe des structures qui traversent la tempète sans encombres

    en voici les noms de celles que je connais,

    Hotel Opoa à Raiatea (3 étoiles dans un sublime style beach hotel que l’on pourrais qualifier de « British colonial « )ouvert en juin 2009 ,avec 100 % de satisfaction clientèle sur Trip advisor ,Hotel la pirogue et Hotel Vahine island (dans le créneau du small luxury hotel ) situés sur des motu au nord de Tahaa,pension Tokerau à Fakarava dans un jardin paysager  » Paumotu Zen  » qui force l’admiration,Tetamanu village dans la passe du mème nom et devenue le spot de référence pour tous les amoureux de plongée ,le relais de Joséphine sur la passe de Tiputa,le Vanira lodge à Tehaupoo classe « pension » (hotel de charme plutot !!) magnifique synthèse architecturale que l’on pourrais qualifier de  » Polynesian modern  »
    et quelques autres (trop rares hélas )qui restent à découvrir …..ou à construire

    à l’image ,à Huahine, du futur hotel Lapita avec des bungalows ( « Melanesian modern ? » ) construits sur pilotis non pas coté lagon mais sur une lagune à nanuphars entourée de cocoteraies
    et qui se positionne sur la culture et ….l’archéologie

    là , on a envie de dire ….qu’elle audace ! qu’elle originalité !! quel fabuleux esprit d’entreprise !!!

    toutes ces structures qui ne connaissent pas la crise, ont pour points commun,échelle humaine ( because small is beautifull isn’t it ? ),situées dans des spots exceptionnels (à priori c’est pas ça qui manque ici)
    originalité créativité et cohérence architecturale
    (insuffisante hélas dans d’autres petites structures qui auraient besoin d’une réelle assistance dans ce domaine )
    misant sur la différence ou l’unique (à l’inverse du bungalow pilotis maintenant devenu un produit de  » luxe standardisé  » et merveilleusement copié par nos concurrents Maldiviens )
    entretien régulier des batiments et paysager,repas et carte culinaire de qualité (satisfaire le client américain dans ce domaine est ce si compliqué avec notre culture Franco-Polynésienne ?? ) et sans oublier un excellent rapport qualité prix dans leurs créneaux respectifs

    quant aux  » autres  » qui n’appliquent pas ces quelques fondamentaux elles vivoteront grace à quelques promos locales spécial salon du tourisme ,ne déplaceront jamais des foules de clients
    potentiels situés à 6000 ou 16000 bornes mème en  » low cost  » (ben… oui un  » touriste backpaker  » ça recherche aussi le bon rapport qualité prix, mème pour un camping ! )et finiront par mourir de leur belle mort de structures inadaptées aux exigences nouvelles d’un secteur en pleine mutation

    oui au développement touristique durable ( oui mais SVP pas en  » dur  » ou en plastoque genre « palmex  » ) dans un strict respect environnemental qui doit devenir CAUSE LOCALE et se vérifier ,se controler,se concrétiser dans les faits ,dans la réalité VRAIE et pas seulement sur de belles pub sur papier glacé

    entre structures pension de famille qui relèvent parfois de  » l’aventure  » voire de « l’inconnu  » (mais avec trip advisor tout fini par se savoir à la vitesse du haut debit ) et haut de gamme à 1000$US une hotellerie intermédiaire de qualité et originale à toute sa place dans un objectif de tourisme durable et doit en constituer l’ un des piliers

    pour notre destination qui possède depuis deux siecles l’exclusivité du slogan Tahiti =Paradis avons nous réellement d’autre choix que celui ci ?

    n’attendons RIEN des investissements « miracles  »

    mais rappelons nous que la créativité humaine est un excellent antidote aux crises

  4. Ma question est simple.. J’ai appris que le Sofitel était à vendre, ou peut-être est déjà vendu à un lobby de hedge funds.. pourrais-tu nous éclairer à ce sujet, car lorsqu’on écoute le Directeur du Sofitel…tout va bien, c’est pas cher… c’est la faute aux touristes.. mais omet d’avouer que son hôtel se remplit en partie grâce aux résidents… mais, quant au service…… zéro pointé.. pas à la hauteur, aucune qualité, efficacité… avis donné par un « local »… calme plat.. enfin un « je-m’en-foutisme » total de la part des « expatriés » qui argumentent que de tout façon, ils trouveront une embauche ailleurs (dans le monde….)

    merci et longue vie à ton site ….. S U P E R !!!!!!


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