Publié par : hirofarepote | février 27, 2010

Refonder le service public polynésien

Le récent rapport de la CTC à propos de TNTV ne fait que conforter mes précédentes analyses : l’heure des décisions drastiques est venue face à la disparition des marges de manoeuvre budgétaires nécessaires à la conduite de la politique de développement du Pays. Il faudra bien fermer TNTV, l’ATP, l’EPAP devenu un organisme dispensateur de subvention inutile, « alléger » l’ICA et le fusionner avec le service de la culture, redimensionner le secteur culturel, en finir avec l’énorme gaspillage de ressources consommées par la flottille administrative, créer sous l’égide des ministères sectoriels des directions de synthèse

De même, les municipalités croulent sous le personnel pléthorique et souffrent d’improductivité. Qui plus est, certains personnels « précaires » en emplois aidés se substituent aux personnels permanents dans la réalisation de tâches qui, pourtant, incombent à ces derniers. De nombreux maires payent ainsi leur propre démagogie dans la création de « postes budgétaires » qui plombent leurs finances. Il n’y a qu’à voir les « péripéties » de certaines communes telles que Mahina ou Teva I Uta pour s’en convaincre.

Toutes ces ressources consommées en ‘fonctionnement » manquent à « l’investissement » dans des domaines fondamentaux : eau potable, assainissement, maintenance des équipements, nouveaux équipements collectifs réclamés par les cioyens…

Rappelons que le service public du Pays c’est : 59 services administratifs, 19 établissements publics administratifs, 15 EPIC, 13 SEM et 3 GIE.

En termes d’effectifs, ce sont 5600 agents qui « coûtent » 1/3 des dépenses de fonctionnement du Pays ( 31 milliards de F CFP), 2200 agents dans les établissements publics ( hors enseignement). Soit 1 agent public pour 38 habitants ( hors enseignants).

Il semblerait que le Président TONG SANG veuille s’engager dans une action résolue de réduction du poids du service public du Pays. Les premières mesures sont passées relativement inaperçues : suppression de dizaines de postes budgétaires, non remplacement de départs à la retraite, déprogrammation de concours administratifs… Ces premières mesures de « coupe » budgétaire ont l’inconvénient d’être relativement « aveugles » et freinent la nécessaire « montée en compétence » par l’intégration de nouvelles générations de jeunes diplômés polynésiens. Il faudra un pilotage plus « subtil » en lien avec la nécessaire hiérarchisation des objectifs de l’action publique du Pays.

En effet, l’amélioration de la qualité du service public passe par l’apport de « sang neuf ». La demande est énorme : chaque concours administratif « attire » des centaines de postulants. Beaucoup d’appelés pour peu d’élus… A tel point que nous risquons de connaitre dans les prochains mois et les prochaines années un accroissement du chômage des jeunes diplômés face à « l’assèchement » de l’emploi public.

La Polynésie est d’ailleurs à un point de basculement : le secteur public n’est plus la voie royale « d’absorption » des diplômés comme durant les décennies passées. Nous revenons à la normalité, à savoir que c’est le secteur privé qui doit créer l’essentiel des emplois, notamment dans l’encadrement des entreprises. Encore faut-il engager les nécessaires réformes structurelles pour donner de l’oxygène à ce secteur privé, seul créateur de richesses.


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