Publié par : hirofarepote | février 24, 2010

Décomposition avant recomposition ?

Différents porte-paroles de la société civile se succèdent pour nous dire : un cycle politique, économique et social se termine et il est temps d’entrer dans un nouveau cycle… qui sera fait de réformes, à défaut de sueur et de larmes. Quoique…

Le paysage hotelier que l’on croyait immuable craque de toutes parts. La faible rentabilité des activités hotelières, dopées, un temps, aux défiscalisations nationales et territoriales, fait place à des déficits grandissants. On apprend ainsi que le département hotelier du conglomérat Wane subit depuis plusieurs années un déficit mensuel de 100 millions de F CFP par mois. Cette hémorragie ne peut plus être compensée par les bénéfices plantureux du groupe Carrefour, surtout que la concurrence dans la distribution, bloquée depuis plusieurs années par les amis politiques, montre le bout de son nez ( Système U, Intermarché…). Les vases communicants entre « vaches à lait  » et produits « dilemme » seront beaucoup moins aisés que par le passé.

Tout est à vendre, même les « Méridien », à condition de mettre sur la table un prix…raisonnable.

On échange même « patrimoine hotelier après défiscalisation » contre « clinique à défiscaliser ». Le « capitalisme cosanguin » polynésien se renvoie les ascenseurs. Le tout est de rester entre soi, entre happy few qui ont tellement profité des « 40 glorieuses passées » qu’ils ont du mal à entrer dans les « temps modernes » qui s’ouvrent devant eux. Mais c’est vrai que le Hilton, c’est plus classe que la clinique Paofai, autre vache à lait d’une autre grande famille qui s’est « payée sur la bête »depuis des décennies.

Et pendant ce temps là, d’autres annoncent  » 80 milliards » d’investissements hoteliers d’un « fonds de pension américain » ! Une somme qui, à à n’en pas douter, ferait saliver le premier ministre du tourisme venu. Imaginez des tours de 20 étages à Tupaï, un casino, un mall à l’américaine, un mini-disneyland polynésien constitué de villages d’autochtones reconstitués qui chantent et qui dansent à longueur de journée devant des hordes de touristes venant par charters entiers de Bora-Bora ( futur aéroport international) , un mini-Waikiki « made in Tahiti ». Après tout Dubaï et Tupaï pourraient être confondus et pas seulement par les Roumains… Mirage, illusion ou annonce sérieuse ?

Et pendant ce temps là, les citadelles du transport aérien et maritime vers les iles sous le vent vacillent sous les coups de boutoir du « Arii Tamatoa ». La partie de bras de fer ou de poker menteur se poursuit sous nos yeux. Chaque champion rameute ses « parrains » politiques qui se fendent de déclarations cacophoniques et contradictoires . Surmesure ou pas surmesure pour le « King » ? Monsieur Jean-Christophe BOUISSOU a déjà dégainé plus vite que son ombre et « sort » son projet de loi de Pays « sur mesure » avec, cerise sur le gateau, exonération de l’impôt sur les sociétés pendant dix ans. Il n’y a plus qu’à attendre le « et moi, et moi » de toutes les corporations du transport maritime et aérien… Quel serviteur zélé d’un capitaliste adepte de la flibuste au sein du transport maritime du Pacifique. Un capitaliste qui vient faire exploser le « gentleman agreement » du capitalisme cosanguin polynésien. Jean Christophe BOUISSOU à l’abordage des rentes de situation pour l’intérêt des populations polynésiennes.

Mais qu’il est dur de franchir les barrières à l’entrée dans ce pays ! On entend souvent dire : « mais rien n’empêche un investisseur d’investir dans une seconde brasserie, une seconde usine de jus d’ananas, une seconde compagnie aérienne interinsulaire, une seconde compagnie internationale… » Mais quand se pointe effectivement un tel investisseur, les batons dans les roues pleuvent ! La concurrence, c’est bien mais pas dans mon jardin…. Le syndrome « NIMBY » ( not in my backyard) à la polynésienne dans toute sa splendeur.

Immobilier dans le marasme. Commerce dans le marasme. Tourisme en coma avancé.  Perliculture en convalescence prolongée.Export en berne. … Celà craque de partout. Décomposition avant recomposition ?

Et pendant ce temps là, notre Président a obtenu de Marie-Luce PENCHARD une modeste dotation de 10 millions d’euros pour la reconstruction post-cyclonique. Dotation, qui plus est, que l’Etat voudrait distribuer directement, tant les élus polynésiens auraient, parait-il,  l’exclusivité du clientélisme… Une aumone face aux 500 millions d’euros « réservés » à la Guadeloupe par notre Ministre de TOUS les Outre-mers ! Et pourtant, notre Président est du « bon côté de l’Etat impartial ». Mais c’est vrai, à sa décharge, qu’il ne peut quand même pas se transformer en guadeloupéen et danser un « zouk » endiablé avec Marie-Luce….

Notre Président rêve aussi d’un « pacte de 30 ans » avec l’Etat, question d’engager la « REFORME » sur la longue durée… Et pourquoi pas un pacte de 50 ans pendant qu’on y est ! A l’allure où se succèdent nos Présidents, ce sont les arrière petits-fils de nos leaders politiques qui verront les résultats de ce pacte si nous ne sommes pas engloutis par les effets du réchauffement climatique ! C’est comme notre autonomie énergétique en l’an 2020 ou 2025 … Fixons-nous une stratégie à 5-10 ans. Ce serait déjà plus raisonnable et ….réaliste.

Le « somnanbule polynésien » traverse cette première crise de la mondialisation en gigotant et en faisant entendre des cris plaintifs. Chacun y va de son bouc émissaire, car, bien sûr, c’est toujours « la faute aux autres ».

Malheureusement, la société civile ne s’en sortira pas en bottant en touche et en chargeant de tous les maux notre classe politique. Trop facile, mon cher Watson …

La recomposition ne se fera que par une remise en cause collective : le temps béni de l’adolescence assistée est définitivement révolu. Nous sommes tous les acteurs de notre destin collectif. Si nous nous retroussons les manches, si nous faisons preuve de cohérence et de cohésion, si nous lançons les réformes courageuses et identifiées depuis longtemps, si nous travaillons plus ( eh oui !), si nous sommes plus productifs et performants ( eh oui !), si nous sommes innovants, notre destin ne sera pas la « tiermondisation accélérée ». Sinon, il faut espérer que l’Etat-Mamma soit toujours là pour nous éviter la descente aux enfers…. Mais est-ce là un avenir digne d’une communauté qui se veut autonome ?


Responses

  1. C’est scandaleux! les 10 millions d’euros de participation de l’Etat sachant que les dégâts ont été chiffrés à 70 millions d’euros.

    L’Etat participe à hauteur d’un milliard 2 ! de qui se moque -t-on quand on sait qu’au démarrage des catastrophes de Haiti , l’Etat avait annoncé une enveloppe de 20 millions d’euros et quand Sarko s’est déplacé, c’est une annonce de 360 millions d’euros pour ne pas perdre la face vis à vis des Américains !

    c’est zozesque! et pitoyable!!

    et l’aide est versée directement sur le compte des sinistrés! ce qui est extrêmement dangereux quand on sait comment certaines familles utilisent les allocations familiales .

    Il est préférable que les sommes servent à régler directement les entreprises ou les fournisseurs afin que ces familles reconstituent leurs biens .

    Pauvre de nous, nous ne sommes jamais tombés aussi bas et nous n’avons jamais été autant abandonnés dans des circonstances pourtant critiques!!

    La solidarité nationale n’est pas à la hauteur de l’enjeu ! c’est honteux!

    Quant au secteur touristique, comment expliquez qu’avec 2 fois moins de subvention du pays, la structure de promotion faisait venir plus de touristes que depuis 2004 , avec 2 fois plus de subvention, cherchez l’erreur et merci Mr Drollet pour ce piètre résultat avec l’équipe de branquinoles que nous avons!

    c’est pour cela que pratiquement tous les hôtels sont à vendre tellement leur rentabilité est désespérante! Nous ne sommes jamais tombés aussi bas !

    J’ai pitié du personnel hôtelier qui en vit pendant que d’autres grassement rémunérées sans aucun diplôme adéquat se pavanent et se félicitent mutuellement de leurs incompétences notoires …

    A leur place, j’ en aurais honte !!!!

    Tout est décomposition, déconfiture et personne ne se sent responsable de leurs lamentables résultats et de leurs déficits fracassants , de par leurs propres erreurs ou gaspillages dans des actions sans retour sur investissement!

    de l’argent jeté par la fenêtre du lagon!

    On a trop d’irresponsables à des postes-clés! qui ne pensent qu’à sauver leur tête ou leur peau!! ou leur image!

    Ils ou elles n’en ont que faire de la population qui en vit quotidiennement pour nourrir toute sa famille et qui sont des dommages collatéraux d’incompétences flagrantes .

    C’est vraiment indigne!!

    Notre fenua est dans le chaos touristique , malheureusement ce que j’ai prédit depuis plusieurs années sur plusieurs blogs , est arrivé!!
    et la crise internationale a bon dos alors qu’elle n’a eu lieu que fin 2008 et nous sommes mal depuis 2004 dans les domaines productifs…

    Cette alternance du Taui a été destructrice pour notre fenua car la paresse s’est installée et le laisser vivre a plus que grandi au détriment d’un acharnement au travail, d’un pragmatisme et d’une efficacité exemplaire et , ce , à tous les niveaux!!


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