Publié par : hirofarepote | septembre 24, 2009

Rendre opératoire le développement durable en Polynésie

discraft-ultrastar-earthRendre opératoire le développement durable nécessite une stratégie : elle n’existe pas en Polynésie.

J’ai parcouru les diagnostics des ateliers des états généraux, particulièrement sérieux et étayés au demeurant, sur ce sujet. Les ateliers 1,2 et 3 reprennent définitions et schéma conceptuel habituels du développement durable. Il manque simplement une harmonisation en vue de déterminer les implications opérationnelles des axes identifiés.
dév durable-schéma conceptuel 2 Schéma conceptuel de l’atelier 2

Si l’on veut dépasser la déclaration d’intention, mettre en musique performance économique, cohésion sociale et respect de l’environnement n’est pas une mince affaire. Une vraie quadrature du cercle car elle pose des questions redoutables :

– comment concilier compétitivité économique et lutte contre l’exclusion sociale, qui plus est, dans un contexte de crise ?

– que proposer en produits et services durables aux consommateurs d’autres pays ? Quels produits issus de notre biodiversité leur proposer ?

– comment redistribuer la richesse sans décourager l’initiative et l’esprit d’entreprise ?

– comment disposer d’une alimentation de qualité, si possible basée sur des productions agricoles et agroalimentaires locales, à des coûts et des prix acceptables ? Développement durable veut-il dire forcément, par exemple, autosuffisance alimentaire ?

– comment recréer une qualité de vie urbaine et dans le domaine des transports, en faisant notamment une place plus grande aux transports collectifs dans un pays où la « bagnole » et le 4,4 sont rois ?

– comment mettre en oeuvre le mix énergétique optimal laissant une plus grande place aux énergies renouvelables tout en réduisant les prix d’une électricité parmi les plus couteuses au monde ?

– comment se réapproprier nos littoraux après les processus de privatisation et de dégradation anarchiques constatés ?

– comment éviter la « ghettoïsation » touristique et la « dysneylandisation » de certaines iles, comme celle de Bora-Bora par exemple ?

– comment concilier gigantesque hopital central et soins de proximité ?

Après les « 40 glorieuses  » d’une croissance phénoménale ( cf schéma ci-après) qui n’aurait, semble-t-il pas fait le bonheur du peuple ( ???) , il faut, selon les uns « changer nos modes de production et de consommation » ou  « reconstruire une nouvelle maison » selon notre Président. Certes, certes, mais comment concrètement ? Quels choix ? Quelles priorités ? Quels programmes ? Quelles actions ? Quels moyens ?

Polynésie-croissance 60-95

De manière encore plus prosaïque, privilégier l’énergivore « king tamatoa » participe-t-il du développement durable préconisé ? N’y a-t-il pas d’autres options de transport maritime moins coûteuses, peut être moins rapides, tout en étant confortables ? Faut-il construire la voie express  » te ara nui » ou pas ? Faut-il  enfin concrétiser le second pôle urbain de Taravao-Faratea ou pas ?

Où sont les entrepreneurs pour mettre en oeuvre les projets sans course aux subventions ou surcoûts exorbitants pour les consommateurs ?

Résumons donc les conditions minimales de concrétisation du développement durable en Polynésie française :

  • des décideurs politiques compétents, qui donnent confiance, conscients des enjeux et courageux, car il faut faire des choix éclairés ;
  • un gouvernement solidaire qui sait travailler en transversalité (interministérialité) et qui travaille en concertation avec le législatif , l’Etat et les communes;
  • l’implication de la société civile ( états généraux et comité de suivi des recommandations) ;
  • une administration efficace à l’encadrement compétent qui sait travailler de manière décloisonnée ( intersectorialité) dans le cadre d’une vision et d’un pilotage d’ensemble ;
  • l’élaboration et la mise en oeuvre d’une stratégie de développement durable déclinée en programmes d’actions prioritaires ;
  • une capacité technique à mettre en oeuvre les programmes en adéquation avec les capacités et les programmations budgétaires ;
  • une capacité d’emprunt orientée vers les investissements ;
  • l’élaboration et la mise en oeuvre d’agendas 21 locaux au niveau des communes et des archipels ;
  • un environnement favorable à l’esprit d’entreprise et des entrepreneurs qui croient en l’avenir du pays ;
  • une incitation « intelligente » aux « bons » porteurs de projets.

L’élite politico-économico-administrative existe, les boites à outils existent. Reste à définir le projet de société , ainsi que le pilote légitime pour le concrétiser.

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Responses

  1. nous n’avons pas à rougir des années glorieuses qui sont bien réelles, n’en déplaisent aux détracteurs de discussions de café de commerce!!

    Tout est perfectible certes mais on ne peut dire comme le fait Oscar Temaru que c’est à cause des années antérieures que nous en sommes là , çàd , à la descente des enfers! , c’est faux et archi faux , tout ce discours pour pouvoir mieux nous manger avec son sempiternel impôt sur le revenu !

    c’est le déclin car nous n’avons pas été réactifs avant même la crise immobilière aux Etats-Unis , nous avons pratiqué et pratiquons encore la politique de l’Autruche. Tout va bien madame la Marquise alors que le peu d’actions décidées ne sont pas les bonnes et nous emmènent droit dans le mur en hypothéquant gravement l’avenir de notre jeunesse!

    Aucune mesure audacieuse n’a été prise en temps de crise! aucune mesure drastique n’a été prise structurellement !aucune réforme digne de ce nom n’a accompagnée ces 2 types de mesures pourtant indispensables au redressement de notre fenua!

    nous n’avons pas les bonnes personnes à la bonne place pour mener à bien des actions vigoureuses, pertinentes et dans l’intérêt de nos populations ! Le quotient intellectuel , pragmatique ,est encore plus important et nécessiteux que jamais.

    Et quand on entend les arguments de nos dirigeants, c’est à pleurer sans compter les contradictions notables des interventions des uns et des autres dans cette même majorité et pour le même sujet.

    On nous prend vraiment pour des demeurés!

    Sur le RSPF, c’est flagrant!

    Le président du pays revient de mission de Paris en se targuant d’avoir réussi à faire accepter à l’Etat le principe de sa participation au RSPF ( alors qu’il a toujours participé jusqu’à ce qu’il y a eu un manque de suivi inacceptable du pays et une mollesse sans précédent dans la défense de ce dossier qui était pourtant acquis dans le principe depuis de nombreuses années)et qu’il retait un petit calcul à faire avec le haut-commissariat.

    Le ministre des Finances interrogé sur le même sujet nous explique l’examen est en cours par l’Etat et nous réajusterons en 2010 si l’Etat participe mais dans l’immédiat sommes obligés de prendre en charge la totalité !

    et le ministre de la solidarité dit l’Etat ne comprend pas le fonctionnement du RSPF , nous sommes entrain de préparer des fiches et l’Etat veut être sûre du montant !

    En fait , depuis le retour de mission De OT , on n’a pas cessé de nous raconter du pipo sur cette question.

    On en est encore à préparer des fiches 5 à 6 mois après!

    c’est lamentable et inconcevable !!

    et qu’on arrête de nous dire qu’il faut qu’on évite de quémander car L’Etat a un déficit collossal et qu’il faut qu’on se prenne en charge!

    c’est cette attitude nonchalante et fataliste qui est irresponsable, celle de ne pas exiger tout simplement avec dossier bien ficelé à l’appui , bien sûr, car çà ;c’est encore une autre affaire d’incompétence qui nous coûte cher car on peut perdre bêtement les financements!!!

    que l’Etat respecte ses engagements ni plus ni moins, pareil pour le FIP!

    Il n’est pas question de demander toujours plus en temps difficile mais il est irresponsable voire inadmissible que le pays soit d’une mollesse inouïe et que ce dernier subisse jour après jour la perte de ses transferts financiers initiaux !!!

    Le pays se la coule dans la gestion de notre fenua sans faire aucun effort sur son train de vie ni d’efforts intellectuels ( le pays laisse le soin à la société civile de réfléchir à sa place alors que nos dirigeants sont payés pour trouver des solutions à la sortie de la crise!), ni d’efforts dans le travail!

    Avez-vous vu un seul pays digne de ce nom, la France, les Etats-Unis, l’allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et j’en passe dire  » attendez, je fais les Etats Généraux pour que la société civile nous trouve des solutions et qu’on s’en sorte »et on appliquera leurs recommandations.

    Tant qu’on marche sur la tête et pas sur nos 2 jambes, on ne s’en sortira pas !

  2. Je suis confortée dans mes analyses quand je vois qu’on a mobilisé pendant 3 mois des fonctionnaires et des membres de cabinet ministériel à ne s’occuper que des Etats Généraux ,c ‘est cher payé pour les contribuables en temps de crise!
    surtout lorsque l’on voit les éternels diagnostics , erronés de surcroît certains.

    pendant que des salariés sont au chômage , que des entreprises sont mortes et certaines se meurent ..on s’offre le luxe des Etats généraux pour perdre du temps alors que le temps, c’est de l’argent !

    Le secteur privé souffre le martyr pendant que d’autres se pavanent dans les couloirs avec des constats inappropriés , des éternels diagnostics longs et indigestes et des pseudo-solutions tous azimuts et dans le désordre sans aucune vision d’ensemble pragmatique et dans un contexte en perpétuel mouvement.

    Nous n’avons pas les moyens de nos ambitions démesurées, c’est un peu tout et n’importe quoi!

    On ne sait pas hiérarchiser les priorités en temps de crise surtout. On ne sait pas sélectionner les ressources humaines adéquates pour mener à bien chaque projet pragmatique défini clairement avec des objectifs et des résultats et à l’appui l’existence indispensable d’un échéancier le plus dynamique possible.

    Une coordination d’ensemble est indispensable dans l’élaboration de chaque projet doté d’un responsable de projet pouvant travailler transversalement avec un seul objectif , celui du résultat à la clé çàd la mise en oeuvre de son projet qui concourt au modèle d’ensemble qui a été retenu.

    Il faut arrêter de parler de schéma directeur sur 15 voire 20 ans, c’est ringard et pas du tout adapté au contexte de globalisation dans lequel nous vivons .

    Il faut parler de projets de développement par domaine avec une hierarchisation des priorités .

    Les actions de fond constituent les actions de routine telles que l’éducation, la formation , l’apprentissage etc ..celles-là ont besoin d’atteindre un objectif bien défini avec le modèle de société que nous recherchons .

    D’autres ont besoin d’être exécutées en fonction d’un contexte donné et peuvent mais doivent être réajustées en fonction du contexte en temps réel , voire même anticipées par des analyses de prévision fiables! Nous n’avons pas de structures économiques dignes de ce nom ni à, la hauteur des enjeux!

    Nous n’avons tout simplement pas les bonnes personnes à la bonne place et tant qu’on n’aura pas été sélectifs dans le domaine des ressources humaines , on continuera à marcher sur la tête et donc à ne pas avancer!

    vous avez par exemple des ingénieurs agronomes qui s’occupent de tout sauf de l’agriculture par exemple! et tout à l’avenant!

    comment voulez-vous que nous soyons structurés et réactifs quand la matière grise manque par notre incapacité à reconnaître les vrais neurones des fainéants courtisans dont le vernis reste encore solide jusqu’aù jour où il craquera mais ce sera trop tard !!!

    On a d’ailleurs déjà un train de retard dans nos actions qui sont pour l’instant d’une pauvreté inouïe!! Nous ne sommes jamais tombés aussi bas, et ce, à tout point de vue!!

    c’est vraiment triste pour les plus fragiles d’entre nous et pour notre fenua !

    l’heure est trop grave pour rentrer dans le jeu de l’émission  » Les Guignols »


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