Publié par : hirofarepote | juin 7, 2009

Quelle vision pour la Polynésie ?

Enfin, les états généraux de l’outre mer ont effectivement démarré en Polynésie française. La méthodologie de travail a été définie et la grand messe de lancement de la réflexion a mobilisé le ban et l’arrière ban des partis politiques et des partenaires sociaux. Il restera à intéresser effectivement la société civile polynésienne à une dynamique fondatrice d’une nouvelle polynésie du troisième millénaire. Rien de moins.

Trop de temps a été perdu. Trop d’inertie derrière une instabilité politique bien commode pour beaucoup de gens qui ont intérêt à ce que rien ne change.

Il est pourtant clair qu’il nous faut construire un « nouveau modèle de développement » basé sur une VISION.

Saurons-nous définir cette vision collectivement ?

Rien n’est moins sûr, car l’exercice de prospective a depuis trop longtemps été perdu de vue par nos élites. Celles-ci ont trop agi dans l’urgence. On le voit encore aujourd’hui dans la domaine des retraites, de la maitrise des dépenses de santé ou de la réforme de la protection sociale généralisée : on attend d’être au pied du mur, c’est à dire quand les déficits vont s’accroitre de manière vertigineuse, pour agir.

Dans le domaine de la politique économique, les stratégies sectorielles sont à peine ébauchées et le plan de relance ne fait qu’exploiter les mêmes vieilles recettes de l’injection de fonds publics en faveur du secteur du BTP, alors que des actions plus structurelles et plus imaginatives sont nécessaires.

N’oublions pas que c’est de notre croissance économique autonome que viendra le développement social et l’amélioration du niveau de vie de la population polynésienne. Or, nos secteurs économiques moteurs sont sérieusement en panne. Que faut-il faire pour les rebâtir et en créer de nouveaux ? C’est l’un des enjeux d’une VISION partagée entre les polynésiens.

Quelles évolutions pour demain ? Quels nouveaux chocs après l’actuelle crise économique mondiale ? Quelles chances pour la Polynésie ? Quels risques aussi ?

Nos élus arrêtent des décisions, qui rencontrent des préoccupations quotidiennes des citoyens, mais qui également engagent l’avenir, ne serait-ce que parce que les domaines de compétences du Pays, qui sont très importants, l’aménagement du territoire, les infrastructures, la formation, la recherche,  le développement économique, la santé, la protection sociale…, ont des effets sur le long terme. Or le temps long, celui de la réflexion et de la distanciation, c’est précisément ce qui peut manquer à nos élus, dont l’action est rythmée par les échéances électorales et dont les décisions ne peuvent pas toujours s’affranchir des pressions de la conjoncture. Masi ces mêmes élus prennent-ils le temps nécessaire à cette réflexion ?

La  réflexion prospective que j’appelle de mes voeux peut contribuer à une meilleure compréhension du monde,  de l’évolution des puissances riveraines du Pacifique, de la réalité du mal développement du pacifique insulaire et des caractéristiques essentielles de notre Pays, à explorer ce qui peut advenir en Polynésie et ce qui peut être fait, quelles politiques peuvent être engagées, quelles stratégies audacieuses sont à mettre en oeuvre.

La Prospective, c’est face à cette complexité, face au temps qui s’accélère s’imposer une pause… pour mieux poser les problèmes et bâtir des scénarios tendanciels.

 La Prospective, c’est savoir qu’on se trompe car il ne s’agit pas de prévision… mais c’est vouloir anticiper et s’en donner les moyens. « Quand il est urgent, c’est déjà trop tard… ». C’est mettre en évidence des risques, des menaces et des opportunités . On est meilleur lorsque l’on sait contre qui ou quoi on se bat.

La Prospective, c’est aussi bien entendu, contribuer à envisager des leviers, des politiques, des stratégies. Au moment où nombre de polynésiens se plaignent beaucoup de notre mal gouvernance et de notre instabilité, la prospective peut contribuer à se doter d’un gouvernail… pour une gouvernance. Vous le constaterez, ce sont des points essentiels pour demain : la gouvernance doit être le fait d’hommes et de femmes visionnaires, portant un projet, et rassembleurs.

Cette capacité à se projeter dans le futur et à repérer les marges de liberté qu’il offre est résumée dans cette citation de Sénèque : « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va ».

Alors, ces états généraux lancés tardivement permettront-ils aux Polynésiens de savoir où ils vont ?

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