Publié par : hirofarepote | mai 3, 2009

Air Tahiti Nui : plus de 30 milliards de F CFP d’aides publiques « consommées »

Plus de 30 milliards F CFP d’aides publiques : c’est, pour l’instant le prix payé par les contribuables français et polynésiens pour avoir la fierté d’avoir notre compagnie « nationale ». Soit 115.000 F CFP par polynésien. Soit un peu plus que le prix d’un billet d’avion entre Papeete et Auckland….

Le passé : une croissance à marche forcée, mais solitaire ( pas de partenariat avec d’autres compagnies, mais bien au contraire une politique d’éviction pour gagner des parts de marché à bon compte) et non maitrisée ( absence de management stratégique et de contrôle de gestion) ; des choix stratégiques erronés se traduisant par l’ouverture de lignes sans évaluation approfondie du potentiel de passagers, lignes qui se sont révélées être des gouffres financiers ( New York, Sydney, Osaka) ; l’acquisition trop rapide de nouveaux appareils  (liés aux choix de dessertes) qui ont engendré des surcapacités et des déficits d’exploitation très importants ; des promotions de lancement de nouvelles lignes extrêmement couteuses et inefficaces ; une instabilité de la direction ces récentes années, étroitement corrélée à l’instabilité politique, la non maitrise du poste « carburants » de la compagnie par des erreurs de couverture ( 12 milliards de f CFP de coût en 2008 au lieu de 7,5 milliards « normalement »).

Le présent : plus gros employeur du Pays ( plus de 800 salariés) ; l’une des toutes premières compagnies françaises ; SEM la plus aidée du Pays par le biais du budget ( 3 à 4 milliards de F CFP d’injection de capitaux par an) ; une politique de restructuration entamée par la Direction, mais très progressive ( pour éviter tout conflit syndical majeur…) ; la définition d’une stratégie d’entreprise, complémentaire de la stratégie touristique, mais qui a ses propres objectifs ( telle qu’une compagnie aérienne « normale » en a…) ; un pouvoir politique qui fait sien le rapport de la chambre territoriale des comptes et qui signe un chèque en blanc au PDG actuel pour sa politique de redressement ; une polémique relative à la sécurité et à la création d’une commission d’enquête ; une surcapacité liée partiellement à la crise touristique que connait la Polynésie ; un partenariat stratégique enfin engagé avec Air France ; la vente rapide d’un avion en trop ?

L’avenir : la poursuite de la maitrise des coûts par un vrai management stratégique ; l’anticipation du vieillissement de la flotte et de la hausse des coûts salariaux  (GVT…) du personnel par un dimensionnement-renouvellement de la flotte avec des appareils plus adaptés; un recentrage sur le bassin pacifique ( qui n’exclue pas d’étudier le potentiel de certains hubs, notamment en amérique du nord) ; le renforcement de l’alliance stratégique avec Air France et Air Calin pour optimiser les complémentarités; la mutualisation des approvisionnements en carburants ; un équilibre d’exploitation dans deux ou trois ans ? 

Des questions en suspens : la « double casquette » du dirigeant actuel est-elle compatible avec la définition d’objectifs spécifiques pour ATN ( du fait d’une contradiction entre les objectifs de rentabilité de la compagnie aérienne internationale par rapport à la compagnie domestique Air Tahiti) ? Quel est le pilotage stratégique de l’actionnaire « ultra majoritaire » de la SEM, à savoir le Pays ? Le subventionnement récurrent et régulier par le Pays est-il juridiquement défendable ?

Mais une certitude : le Pays a voulu sa compagnie nationale et le bilan se doit de ne pas être exclusivement comptable (le rapport avantages-couts global est plus positif) . Il incombe maintenant à la Direction de la compagnie de relever le défi de la rentabilité d’Air Tahiti Nui, ceci pour que nous soyons définitivement fiers de  » to tatou manureva » ! 

Et je formule un souhait : que chaque citoyen contribuable polynésien qui n’a pas encore voyagé sur ATN se voit offrir, sur les 10 prochaines années, un billet d’avion ( par tirage au sort ?) et ce, à la place des membres de la famille du personnel ou des « copains » (politiques ou autres) qui peuvent, eux se payer leur billet d’avion…. Ces polynésiens-contribuables l’ont bien mérité, car eux aussi, ont payé cette compagnie par leurs impôts

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