Publié par : hirofarepote | mai 1, 2009

Où en est l’observatoire des prix en Polynésie française ?

En juillet 2008, en pleine crise sociale liée à la remise en cause de l’Indemnité temporaire de retraite des fonctionnaires d’Etat outre-mer, Monsieur Yves Jégo avait annoncé la création d’un observatoire des prix en Polynésie française « dès l’automne ».

Les motivations de la création d’un tel observatoire, exprimées ici et là par les représentants de l’Etat outre mer, sont pourtant excellentes :« mobiliser les données statistiques existantes, ou à créer, pour avoir une meilleure analyse de la situation économique et sociale du Pays et de son évolution ; Contribuer, dans le domaine des prix et des revenus, à évaluer l’efficacité des politiques publiques conduites en Polynésie française ; Comprendre les mécanismes de formation des prix, des revenus et du pouvoir d’achat ; Proposer, enfin, comme l’a souhaité le Président de la République, des mesures permettant d’assurer une plus grande égalité et une plus grande efficacité dans la distribution des revenus outre-mer ».

La séance d’installation de l’Observatoire des prix a eu lieu le 10 octobre 2008 avec pour objet essentiel, l’étude objective du différentiel du coût de la vie entre la Métropole et la Polynésie française

Le mercredi 3 décembre 2008, le Haut Commissaire de la Polynésie française et le Président du Pays, Monsieur Gaston TONG SANG, avaient organisé une première réunion de concertation. Y participaient  l’Etat, le Pays, des organisations syndicales, des organisations patronales, des associations des consommateurs,  l’Institut de l’émission d’Outre-mer et  l’agence française de développement.

A l’ordre du jour : adoption du règlement intérieur et présentation de l’état d’avancement des travaux du groupe « Logement ». 

Lors de cette séance, il a été rappelé que la mise en place de cet observatoire répond à une volonté de « voir la réalité des choses » et ses résultats constitueront des preuves sur lesquelles pourront se baser les parlementaires lors de leurs débats à Paris.

Depuis cette date, plus de nouvelles. Est-ce à dire que lorsqu’on voit surgir un problème épineux – le coût de la vie exorbitant en Polynésie – on crée une commission pour mieux l’enterrer ?

En parallèle, au niveau de l’Assemblée de la Polynésie française, Monsieur Hirohiti TEFAARERE, représentant, avait obtenu la création d’une commission d’enquête sur les prix. Après une communication intense sur les thèmes « vous allez voir ce que vous allez voir », « j »ai découvert des scandales », « je vais faire des révélations »…. un rapport de cette commission est diffusé. Qu’y découvre-t-on ? Un « sommaire » de titres accrocheurs, mais pas de contenu …. La montagne a, là aussi, accouché d’une souris ! ( mon modeste billet semble avoir produit un petit effet, puisqu’on nous annonce un rapport plus complet dans les prochains jours : on jugera sur pièces à ce moment là…).

Et pourtant….

La formation des prix en Polynésie française est effectivement un thème central de la réforme structurelle à mener en Polynésie française. Des prix des biens et services 2,3,4,5, voire 10 fois plus élevés par rapport à la France métropolitaine sont légion. Ce niveau de prix ravage le pouvoir d’achat des ménages polynésiens. Et, paradoxe de la situation, la crise n’y change rien !  En effet, on n’assiste pas à une déflation généralisée des prix dans l’alimentaire, dans la restauration, les services aux entreprises ou aux particuliers… Le prix de la tomate, exemple illustratif du mal qui nous ronge, se situe aux alentours de 620 F CFP/kg, alors que son coût de production est estimé par les experts à 140 F CFP /kg !

Pour mémoire, les prix alimentaires avaient encore augmenté de 3,1 % entre décembre 2006 et décembre 2007 et ceux des services de 3,4 % (dont +13,1 % pour les tarifs de transport public), selon l’ISPF. En 2008, l’indice général des prix a augmenté de + 3,4 points sur un an. Les prix des « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » ont augmenté de 4,5 %, soit la plus forte augmentation de ces vingt dernières années. Il y a donc  urgence à endiguer cette « montée aux enfers » des prix.

En 2008, les prix des « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » ont augmenté de 4,5 %, soit la
plus forte augmentation de ces vingt dernières annéesEn 2008, les prix des « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » ont augmenté de 4,5 %, soit la

Pourquoi nos autorités s’arrêtent-elles au milieu du gué de cette manière ? Pourquoi les partenaires sociaux ne se saisissent pas de cette question qui a pourtant un retentissement important sur la hausse de nos coûts de production et la dégradation de notre compétitivité ? Pourquoi les associations de consommateurs ne dénoncent-elles pas cette attitude des pouvoirs publics qui s’apparente de plus en plus à de l’hypocrisie ? Pense-t-on que c’est encore la hausse du SMIG qui résoudra le problème alors qu’elle ne fait que l’aggraver ?

Il est temps d’avancer sérieusement sur ce dossier, car c’est l’un des dossiers de base qu’il faut attaquer de front si l’on veut agir sur l’une des racines de nos maux. Nos autorités ont-elles ce courage politique ?


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