Publié par : hirofarepote | avril 24, 2009

Polynésie française : navigation à vue

Les Etats Généraux de l’Outre Mer semblent commencer à provoquer un début d’intérêt en Polynésie française.

Messieurs le Président du Pays et le Haut Commissaire, main dans la main, ont annoncé aux médias qu’ils allaient songer à les organiser.

Primeur est laissée au Président du Pays pour organiser cette réflexion collective. A priori, mon idée d’organiser une forme d’états généraux, ici, en Polynésie française, semble avoir la faveur de Monsieur Oscar TEMARU. Il compte, en effet, réunir les forces vives de la société civile « sans tabou » – du moins, ceux des polynésiens qui continuent à combattre la crise et tout le cortège des drames sociaux avec leurs propres forces – dans le but de recueillir leurs doléances et propositions. Espérons qu’il s’agira d’un débat libre entre citoyens libres et non d’un débat encadré et noyauté par divers fidèles affidés de nos diverses chapelles politiques. Et Dieu sait si ces chapelles se multiplient comme des petits pains par les temps qui courent.

Monsieur Oscar TEMARU réfléchit donc aux modalités d’organisation de ces états généraux locaux.

L‘un des problèmes auxquels il sera confronté, c’est qu’il n’y a aucun document stratégique de référence sur le devenir de la Polynésie française, aucun schéma directeur, aucun cadre de réflexion pour alimenter les discussions. Le risque est donc grand de voir fleurir les mêmes constats et les mêmes propositions plus ou moins irréalistes. Le but n’est pas de dresser des inventaires à n’en plus finir, mais de tracer des perspectives d’avenir et des priorités d’actions, ambitieuses, certes, mais en même temps « réalistes ».

Malheureusement, la navigation à vue que nous connaissons depuis 5 ans maintenant ne plaide pas en faveur d’un sursaut et d’une ambition raisonnée. Aucune réforme d’ampleur n’a été menée : autonomie économique, esprit d’entreprise et d’initiative, création de richesses et d’emplois durables, innovation, compétitivité de l’économie, pouvoir d’achat, lutte contre la cherté des prix, protection sociale, logement, santé, équipement et aménagement du territoire, déconcentration administrative ou décentralisation politique… Autant de chantiers à ouvrir qui n’ont de cesse d’être retardées du fait d’un manque de courage politique, de querelles politiciennes, de luttes de pouvoir, d’enfermement idéologique,de facilité, de courtermisme, de paresse intellectuelle, d’inertie confortable, de palabres interminables ou d’incompétence avérée. 

Les DOM ont pour eux l’appartenance à un dispositif institutionnel français et européen qui les oblige à réfléchir à leur propre devenir. Schémas directeurs encore imparfaits, stratégies sectorielles plus ou moins imaginatives, agendas 21 plus ou moins aboutis…. Ces instruments de réflexion existent, mais peuvent être « bonifiés » par les membres les plus actifs de la société civile. Reste à la Polynésie de bâtir très rapidement ce cadre prospectif et stratégique pour rattraper son retard. Car, comme l’a dit un auteur illustre : « il n’y a pas de vents favorables pour celui qui ne sait où il va ».

Il faut faire revenir l’espoir. Restera ensuite à traduire les paroles en actes. Ce n’est pas le moindre des défis, tant l’outre mer partage avec la France métropolitaine l’amour des belles phrases et des idées, mais a perdu en chemin le sens de l’action créative et de l’émancipation concrète. Car il en faudra de la volonté d’agir pour nous inventer un avenir digne et responsable!

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