Il est loin le temps de la “prospérité” passée.
Retraçons rapidement la trajectoire de l’emploi, notamment celui de l’emploi salarié en Polynésie française.
La période “bénie” fut celle de 1996 à 2002 : de 46.613 salariés en 1996, nous sommes passés à 61.889 salariés (hors fonctionnaires d’Etat). Un bond de 15.300 emplois en 7 ans, soit une création annuelle moyenne de plus de 2500 emplois salariés ( +4,8 % par an). Cette croissance des emplois salariés est, bien sûr, en corrélation avec la forte croissance de l’économie polynésienne durant cette période. L’économie polynésienne “absorbait”, en fait, quasiment toutes les personnes désireuses d’entrer sur le marché du travail ( que l’on estime justement à 2.500 personnes).
De 2002 à 2007, le nombre de salariés a encore augmenté de 7.400 personnes pour atteindre 69.291 emplois salariés, soit un accroissement annuel moyen de 1500 emplois ( + 2,1 % par an). Un ralentissement sensible par rapport à la période précédente.
Lors du recensement de 2007, le taux de chômage était estimé à 11,7 % ( 12.168 personnes), soit le plus bas taux de chômage de l’outre mer français.
Rappelons que la population active occupée totale au 31/12/2007 était de 95.258 personnes ( y compris les 10.000 fonctionnaires d’Etat de l’époque) dont 15.163 actifs non salariés.
Le taux d’activité en 2007 ( ratio Population active/ Population de 15 ans et plus) est par contre beaucoup plus faible que celui de la France métropolitaine : 56,2 % ( 107.926/192.176) contre 64%.
Depuis, nous avons assisté à un longue descente aux enfers :
- en 2008, la décroissance du nombre d’emplois salariés a été de 2000 ( – 2,4 %);
- en 2009, 66.274 salariés ( pas tous à temps complet) étaient déclarés à la CPS, soit -2,7 % par rapport à 2008;
- en 2010, 64.772 salariés, soit – 2,3 % par rapport à 2009 ( -1.500 postes);
- en 2011, la décroissance de l’effectif salarié dans le secteur marchand s’est accéléré avec une baisse estimée de plus de 3,7 %.

L’économie polynésienne, qui s’était montrée capable de créer près de 23.000 emplois supplémentaire de 1996 à 2007 ( une hausse de près de 50 % de l’emploi salarié total par rapport à 1996 !) a détruit, depuis 2007, au moins 6000 emplois salariés. Preuve supplémentaire de la crise économique structurelle que nous traversons depuis moins d’une décennie.
Autrement dit, au taux de chômage de 11,7 % de la population active, il faut ajouter la destruction de 6000 emplois et la “non création” des 2500 emplois annuels nécessaires à l’absorption des nouveaux entrants potentiels sur le marché du travail. Le nombre de chômeurs s’est accru d’au moins 17.000 personnes par rapport à 2007…..On peut donc estimer que le taux de chômage a plus que doublé pour atteindre au moins 25% de la population active. On a rejoint le lot commun de l’Outre Mer français, à l’exception remarquable de la Nouvelle Calédonie….
Ce sont, bien sûr, les jeunes, notamment ceux qui n’ont pas fait de longues études, qui paient un lourd tribut par un chômage massif dans la tranche d’âge de 20 à 30 ans.Pour cette génération, l’avenir est bouché avec tous les risques pour la cohésion sociale de cette situation de “no future” ! L’emploi des jeunes est d’ailleurs, à mon avis, le principal défi à relever par l’économie et la société polynésienne.
Grosso modo, seul le remplacement des départs à la retraite dans le secteur marchand donne un “certain oxygène” aux nouveaux entrants sur le marché du travail polynésien ( et encore, dans certaines entreprises, les emplois qui se libèrent sont réservés aux enfants de ceux qui partent à la retraite par des mécanismes de “cooptation interne”). C’est là une situation très préoccupante.
La dégradation de l’économie installe de plus en plus le chômage de longue durée. Cette transformation du “chômage conjoncturel” en “chômage structurel” est beaucoup plus difficile à résorber.
“L’élite salariale” du Pays ( administration de l’Etat, du Pays et des communes, organismes publics ou parapublics tels que la CPS ou l’OPT, entreprises privées monopolistiques ou bénéficiant de rentes de situation du secteur de l’énergie, des banques, des télécoms, des transports aériens…) est de plus en plus submergée par un salariat précaire, un nombre grandissant de chômeurs et des actifs non salariés “pauvres”.
Tel est, à gros traits, le contexte global de l’emploi polynésien dans lequel doit s’inscrire une politique de l’emploi et de la formation professionnelle qui doit utiliser de multiples leviers.
nos dirigeants sont incapables de prendre les taureaux par les cornes et mettre en oeuvre des mesures drastiques de réduction de nos dépenses publiques tout en favorisant l’investissement , l’innovation et la consommation des ménages .
La confiance , çà ne se décrété pas mais çà se gagne !
mais avec des élus entourés de soi disant élites ,il y a une lenteur , un attentisme inimaginables et qui coûtent chaque jour le prix fort à la collectibité. *
Le comble dans notre fenua , c’est qu’on ne sait pas travailler vite et bien et surtout on ne sait pas hiérarchiser les priorités ! c’est quand -même le comble pour à peine 265000 habitants , société épaulée de surcroît par les transferts financiers métropolitains .
Ce qui devrait davantage nous faciliter la tâche pour mettre en oeuvre les actions clés qui ont un impact sur la croissance économique et sociale pour booster l’emploi!
créer un environnement favorable , et , à tout point de vue , c’est du devoir et de la responsabilités de nos dirigeants politiques .
si c’est uniquement pour gérer le quotidien , autant laisser des exécutants le faire et supprimer tous les emplois de président et de ministres et réduire le nombre de représentants à 15 . Cela serait amplement suffisant !
Avec le salaire d’un élu , on peut recruter 3 jeunes ou moins jeunes qui , eux ne se tourneront certainement pas les pouces de peur de perdre leur emplois ! Ils s’attacheront certainement à faire leurs preuves vu les temps difficiles ! et on y gagnerait au change en termes de dynamisme .
Par hina booste le février 24, 2012
à 2:16