Publié par : hirofarepote | décembre 10, 2011

Attachez vos ceintures en 2012 !

…Ou plutôt, préparez vous à vous serrer la ceinture encore plus !

Après un examen au pas de charge, le budget primitif du Pays pour 2012 a été vôté par la tribu UPLD emmenée par un cosaque aux méthodes soviétiques, celui qui ne conçoit la démocratie que lorsqu’elle le sert… quitte à utiliser des grues pour forcer le passage.

Personne ne peut plus sous estimer la gravité de la situation des finances publiques de notre pays et de l’impérieuse nécessité de reconstituer un budget d’investissement public digne de ce nom, de stabiliser l’endettement public et, dans ce but, de réduire le budget de fonctionnement du Pays. La quadrature du cercle en quelque sorte !

Ces dernières années, le Pays a été incapable de réduire ses dépenses réelles de fonctionnement. Jugez-en vous même :

  • 2005 : 93,4 milliards de F CFP ;
  • 2006 : 96,3 milliards de F CFP;
  • 2007 : 103,4 milliars de F CFP;
  • 2008 : 107,6 milliards de F CFP;
  • 2009 : 104,7 milliards de F CFP;
  • 2010 : 106,649 milliards de F CFP

Nos élus sont maintenant bien placés pour constater les dégats de la crise sur nombre de nos concitoyens : destructions d’emplois, chômage en hausse,surendettement, nouvelles pauvretés, précarisation, crise du logement, difficultés à “boucler” les fins de mois… Il n’est qu’à voir le “succès” des épiceries sociales dans certaines communes pour observer que ce “mal vivre” touche tous les âges, des jeunes aux personnes âgées.

Nous l’avons déjà dit et répété .La situation de la Polynésie française est périlleuse : la dépression économique s’est installée depuis 4 ans et va s’approfondir en 2012.

Le retour à la croissance doit être recherché par trois moyens :

  • Renforcer la consommation intérieure par une réduction du taux d’épargne, mais la baisse du pouvoir d’achat des ménages, la hausse de la fiscalité indirecte et des cotisations sociales et la peur devant l’avenir rendent improbable une reprise;
  • Restaurer notre capacité productive et dynamiser nos exportations, notamment touristiques, mais le ralentissement de l’activité économique au sein de nos principaux pays émetteurs, notre compétitivité et nos rapports qualité-prix médiocres, notre positionnement sur des niches de marché très spécifiques et très sensibles au prix rendent l’exercice complexe à court terme;
  • Seul demeure donc l’investissement public, mais le Pays sera incapable d’accompagner l’Etat au titre du Contrat de Projets en 2012, seul instrument significatif d’investissement public pour 2012.

Circonstance aggravante à l’assèchement des ressources d’investissement, les choix d’investissement public sont particulièrement peu pertinents :

  • La politique du logement, notamment celle du logement social, est en panne, alors que ces investissements, principalement localisés sur Tahiti, limiteraient la chute d’activité effrayante sur celle-ci. Ile qui concentre, rappelons-le, l’essentiel de l’activité économique et des emplois, notamment du BTP;
  • Pour pallier la très grosse déficience de l’ingénierie publique sur le logement social, on transfère un budget très conséquent vers la construction d’abris anti-cycloniques et, ce sans réflexion prospective sur le devenir de nos petites communautés insulaires face au réchauffement climatique et sans schéma d’aménagement du territoire visant à anticiper d’éventuels mouvements de population vers des pôles bien identifiés. Qui plus est, ce saupoudrage d’investissement alourdit les coûts de maintenance de nombreuses infrastructures ( aérodromes, ports, darses, abris…) dispersées sur plusieurs dizaines d’iles, alors qu’il est clair que nous n’avons plus les moyens de les maintenir, de les rénover ou d’en construire de nouvelles… Mais il est vrai que ce saupoudrage permet d’éviter une nouvelle migration des élus iliens vers de plus verts pâturages…Déficit de prospective et d’imagination pour l’avenir des populations des atolls, donc.
  • Depuis la fin du chantier de l’hôpital du Taaone, il n’y a plus aucun investissement structurant visant à assurer notre développement économique et social : construction, par exemple, d’une vraie route traversière qui libèrerait de nouveaux espaces pour de nombreuses activités humaines. Au lieu de celà, on saupoudre par de petits chantiers habituels de travaux publics: énièmes “regoudronnages” de quelques kilomètres de route, construction de nouveaux giratoires, construction d’un tunnel pour la postérité d’Oscar le magnifique, celui qui nous fait traverser la nuit noire dans la plus grande improvisation et le plus grand fatalisme. Là aussi, déficit d’imagination pour maintenir coûte que coûte quelques entreprises de travaux publics…
  • bref : aucun investissement d’avenir n’est programmé en faveur de nos entreprises. Pas d’appels à projets pour des équipements d’excellence en matière d’éducation, pas d’accompagnement significatif en faveur de la recherche-développement ( dans le domaine marin et aquacole par exemple), pas d’accompagnement à l’innovation en faveur de nos PME, absence de constitution de pôles de développement, alors que de nombreuses et coûteuses études ont été commises sur ce sujet ( pôle de Faratea, pôle numérique, pôle de compétitivité, zones d’activités en remplacement du départ de l’armée…), absence d’aides significatives à la constitution de champions territoriaux à l’exportation (pêche, aquaculture…), pas de volonté de création d’un institut des technologies de la mer… Déficit de stratégie, donc.

Ce gouvernement n’agit même pas dans l’urgence, mais est plutôt inerte. Plus rien n’avance. Les énormes bataillons du secteur public restent l’arme aux pieds et seront bientôt rejoints par les coûteuses sections des satellites du Pays en voie de dissolution très progressive. Absence de volonté de s’en sortir, donc.

Absence de dialogue partenarial constructif avec l’Etat. Ce gouvernement n’agit plus en fonction d’objectifs à long terme, d’identification des grands enjeux et des moyens à mettre en place. Au lieu du “Pays-stratège”, nous avons une politique du “chien crevé au fil de l’eau”.L’absence de programmation foncière en amont pour notre politique du logement social en est une illustration parmi d’autres. Et dire que des établissements publics aux personnels pléthoriques et aux salaires mirobolants s’y consacrent depuis des décennies…

Déficit d’évaluation, enfin. Un secteur public tout entier laissé à la merci de “petits chefs” et de corporations syndicales avec de grosses déficiences en management des personnels et qui laisse apparaitre de larges dérives, notamment au plan salarial. La récente enquête d’un journal de la place sur le Port Autonome (plus de 550.000 F CFP de coût salarial mensuel moyen pour chacun des 120 salariés de l’établissement et plus de 1,3 millions de Cfp par mois pour son directeur !), par exemple, est très illustrative de mes propos sur ces féodalités qui agissent sans contrôle et sans évaluation publique. Et pourtant, on pourrait faire, par exemple, du Port de Papeete un “hub régional” compétitif

Alors que notre classe politique est décriée, il faudrait remettre paradoxalement LE POLITIQUE au centre. Il faut remettre en cause le bien-fondé de tout un ensemble de politiques publiques qui se sont sédimentées, empilées, ajoutées, voire neutralisées… Les “satellites publics” ont foisonné, se sont créés leurs propres finalités, les responsabilités se sont diffusées et le citoyen se perçoit au service de l’administration et non l’inverse. La hausse des impôts pour – encore- entretenir cette dernière à grands frais, alors que notre appareil économique est de plus en plus squelettique, en est la dernière péripétie…. coûteuse pour les contribuables polynésiens.

Le cumul dans le temps de tous ces déficits cités plus haut se traduit par une mobilisation très partielle de l’intelligence collective de notre Pays, favorisant sur la longue période des comportements et des politiques “d’adaptation d’urgence sous contraintes”, donc défensives et très partielles.

Il nous faut tout au contraire plus que jamais penser et mettre en oeuvre des comportements d’anticipation en termes de projets et d’actions collectives.

Tel devrait être l’enseignement majeur que nous devrions tirer, et les politiques en premier, de la crise actuelle aux multiples facettes et répondre ainsi au désarroi qui ne cesse de croître chez nos concitoyens.

Malgré la crise, nous avons des marges de manoeuvre. Il suffit d’y croire et de se mobiliser collectivement pour la surmonter ! Alors quand est-ce qu’on se retrousse les manches et qu’on agit avec encore plus d’ardeur ?


Réponses

  1. Tout a fait d’accord avec votre analyse mais comment procéder pour agir efficacement pour dégommer les incompétents qui sont dans les différents gouvernements.
    Aujourd’hui je n’attend plus rien de mon pays je me dit qu’es que je peut faire pour mon pays?
    @+

    • Bonsoir Karl,

      Aider son Pays, c’est, quelque part, s’aider soi- même en participant à la construction d’une société d’initiative et entrepreneuriale. Tu l’as démontré dans le secteur de l’économie numérique et de l’audiovisuel.

      C’est consolider une économie de production de biens et de services en réponse à une demande exigeante et évolutive, si possible en réponse à la demande extérieure ( c’est encore mieux!).

      Le politique ne devient que l’écume de la vague, car il ne crée aucune richesse ! Il lui incombe par contre de créer un environnement ” pro business ” et c’est effectivement là qu’il y aurait beaucoup à redire. On pourrait déjà faire en sorte qu’il n’alourdisse pas les prélèvements fiscaux et sociaux par une réduction des dépenses publiques de fonctionnement.

      Nous devons nous engager résolument dans une économie de production compétitive pour maintenir notre niveau et notre mode de vie. C’est l’enjeu des prochaines années. Il est vrai que l’on peut se demander si le parti au pouvoir fait le même choix de société….

      Notre ministre actuel de l’économie n’est pas le plus mauvais des ministres de l’économie qui se sont succédés, bien au contraire. Mais il est pris dans un champ de contraintes et doit se coletiner tout le boulot ingrat face à quelques ministres effectivement inertes, pour ne pas dire plus, tant le passif est lourd…

  2. Ia ora na, bonjour Hiro,

    Au-delà du politique, tu as raison lorsque tu parles du règne des “petits chefs” et des larges dérives managériales au sein des services du Pays.
    J’ai l’impression que la véritable paralysie actuelle est là. Plus en résistance que jamais, la tortue boudeuse s’arque boute sur ses acquis. Combien d’entre nous sont témoins chaque jour de l’indolence, du désintérêt, de l’indifférence totale de ces agents qui n’ont plus aucun compte à rendre, qui n’ont plus aucune considération pour une hiérarchie inexistante après tant d’années d’instabilités ministérielles…

    L’autre aspect, néanmoins, il me semble, concerne aussi quelques importantes sociétés, qui ont connu leurs grandes phases de croissance au début de la décennie, et qui n’accepte pas aujourd’hui de revoir leurs propres plans de développement, et parviennent parfois, par immobilisme et volonté de conserver leurs habitudes, à bloquer des secteurs entiers.

    Alors oui, quels que soient les politiques en place en 2012, quels que soient ceux qui vont s’y installer en 2013, va vraiment falloir qu’ils soient armés d’une volonté sans faille, et qu’ils aient les idées claires.
    Le moindre flottement, la moindre hésitation seront utilisés par toutes celles et tous ceux qui veulent préserver à tout prix leur quotidien pour surtout, surtout, ne rien faire, et freiner des quatre fers toute velléité de remise en cause d’un système pourtant tellement défaillant.

    Le rebond peut également venir des filières, des secteurs, qui s’organisent malgré tout, qui regroupent leurs acteurs, qui définissent sans se préoccuper des aspects politiques, une stratégie d’ensemble et qui ainsi s’auto-disciplinent. Dans ce cas, le politique n’est plus qu’un médiateur entre des branches organisées et disciplinées et des services récalcitrants.

    Mais ne nous résignons pas, comme tu le dis, la détermination, la nôtre, celle de chacun de nous, peut encore faire la différence. Et que celles et ceux qui sont animés par cette même vision d’une Polynésie qui se prend en main, qui se met en mouvement, se rassemblent pour avancer.

    Mauruuru Hiro,
    Parahi,
    Charlie

  3. cette année 2012 doit etre marqué par une volonté commune de changement.

    Mes Mots ne changerons pas grand choses je suis concient,
    mais je pense réellement qu’une nouvelle politique doit se construire rapidemnt pour évité une catastrophe sans précédent.

    j’ai remarqué que vous êtes nombreux a échanger vos idées, vos connaissances et surtout vos expérience passer et futur.

    Vous savez,
    je viens d’un millieu extrêmenent bas et d’unn niveau éducatif au dessus de la 6ème.

    Mais je sais que quand il faut se levé et se battre pour survivre, c’est maintenant ou jamais.

    Je n’est pas votre science des chiffres ni vos analyses intélectuelle, mais j’aime mon pays et je souhaite cette même marque d’amour de la part de ma décendance.

    cher ami,
    le pays vous appel, et cette appel deviens de plus en plus fort.
    rassemblés Vous et ouvrez la voie au fuitur génération.

    Qu’importe le sacrifice qui nous imcombera, qu’importe nos indiférences
    notre patrie doit être notre seul et véritable guide.

    Le solitaire ne peut a lui seul donner de nouveaux espoirs a notre population.

    Mais unis et solidaire, Rien ne pourra arreté d’enrichir notre pays.
    Avez vous peut être l’impréssion de rien valloir face au éléphant du momen

    C’est aussi l’impréssion qu’avez David avant de combatre goliath


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