“Nous devons prendre le changement par la main, sans quoi soyons assurés qu’il nous prendra par la gorge !” ( Winston Churchill)
Trop peu, trop tard. La preuve est là, avec le budget primitif 2012 du Pays.La Polynésie française est nue.L’indicateur central de l’autofinancement du budget d’investissement en est la preuve : il est quasiment réduit à néant. Résultat : le budget d’investissement 2012 du Pays sera l’un des plus faibles budgets d’investissement de ces dernières décennies !
Face à cette situation dramatique, certains n’ont pas encore compris : élus, notables, syndicalistes, personnels de certains établissements publics…. Dans leur bulle et tout à la défense aveugle de leurs “acquis”, ils continuent à revendiquer, à “exiger”, à négocier des avantages catégoriels, des recrutements supplémentaires, des primes ou des budgets supplémentaires…. comme au bon vieux temps de la prospérité. Au risque de tout perdre demain…
Alors que le Pays doit se retrousser les manches, “travailler plus, pour si possible, gagner autant”, ils veulent “toujours gagner plus et travailler moins”… Suicidaire !
Exemple parmi d’autres : notre Présidente du CESC qui a pris goût à la fonction puisqu’elle veut rempiler pour une troisième fois, qui vient inconsciente, délivrer devant les médias sa tambouille interne d’un budget “insuffisant” ( 90 millions de F CFP par an), mais qu’elle compte bien abonder par un futur collectif ( de 40 millions supplémentaires…). La crise est là, mais notre Présidente, par mimétisme avec nos élus politiques, espère que sa maison CESC va toujours avoir de quoi verser des indemnités de vacation à ses notables, dont une très grande partie est déjà grassement rémunérée par ailleurs. Tout simplement scandaleux !
Voilà une Institution qui nous coûte au bas mot 200 millions de F CFP ( 130 millions de F CFP de budget de fonctionnement – essentiellement pour indemniser ses membres – et 70 millions de F CFP de rémunération du personnel administratif permanent) pour une fonction “consultative”, peu stratégique par les temps qui courent, vue la “qualité” de ses rapports…. Je l’ai déjà dit et répété plusieurs fois dans de précédents billets. Aurait-on oublié que le Haut Conseil, autre ” Institution” du Pays a été supprimé, alors qu’il avait une fonction juridique autrement plus importante que le CESC ?
Je persiste et je signe : nos notables doivent exercer leur fonction bénévolement, au moins le temps que le Pays revienne à meilleure fortune ! Economie escomptée : au moins 100 millions de F CFP pour 2012.
De même, un média de la place a publié les rémunérations de chefs de service et des directeurs d’établissements publics ( salaires + indemnités de fonction). En cette période de crise où les budgets de fonctionnement et d’intervention ont fondu, les sujétions de nombre de ces responsables se sont allégées du fait d’une activité au ralenti. On pourrait envisager de réduire leur indemnité de moitié (en moyenne), le temps, là aussi, d’un retour à meilleure fortune. Economie annuelle possible : au moins 60 millions de F CFP.
Les Ministres, qui n’ont pas fait preuve d’une capacité d’anticipation dans le chantier de réduction du périmètre de leur département ministériel, souvent par absence de pilotage de leur responsables administratifs ou de propositions de ces derniers, doivent encore réduire les effectifs de leurs cabinets ministériels, tout simplement en travaillant encore plus avec leurs chefs de service et directeurs d’établissement public. Economie possible : 100 millions de F CFP par an.
Le budget de l’Assemblée de Polynésie française est passé, en l’espace de quelques années, de 3 milliards de F CFP à 2,3 milliards FCFP. Bel effort, mais encore insuffisant. Ce montant représente encore 1/50 è du budget du Pays … ou 3 fois l’autofinancement du budget d’investissement 2012….

Les “scandales administratifs” les plus criants n’ont toujours pas été réglés : l’EPIC Vanille est toujours là, le département forestier du service du développement rural, dont le “rendement” est très médiocre, existe toujours ( alors que le “privé” aurait dû prendre le relais depuis bien longtemps), la Maison de la Perle va se dôter d’une nouvelle “perle” à la rémunération confortable, malgré l’hostilité de principe d’une majorité de professionnels, une Délégation de la Polynésie française au rapport coût-efficacité particulièrement mauvais et aux rémunérations indexées…. sur le coût de la vie polynésien ( ce qui double le pouvoir d’achat d’un personnel basé en Métropole…), la fusion très coûteuse du FDA et de l’OPH, le maintien de l’EAD, de la SAGEP, de la SETIL, l’absence de plan de départs volontaires, car le Pays est incapable de provisionner 500 millions de F CFP au minimum, les subventions diverses et variées à des associations “non essentielles”…..
Et puis, comme l’a dit dernièrement à la télé (d’Etat) l’un des responsables du syndicat des cadres de la fonction publique : est-il stratégique pour le Pays de posséder une télévision ?
Un GIE Tahiti Tourisme encore doté de plus de 2 milliards de F CFP par an ( subvention du Pays + redevance de promotion touristique), qui désigne une directrice générale et qui, en plus, rémunère son Président de Conseil d’Administration à plus de 3 fois le SMIG ( sans compter les remboursements de frais divers et variés), est-il stratégique lorsqu’on analyse, là aussi, les résultats ? Au fait, où sont les milliers de touristes chinois annoncés à court et moyen terme, après les 300 millions de F CFP de dépenses lors de l’exposition universelle de Shanghai ( Budget du GIE et de la CCISM réunis) ? Un GIE qui avait continué à recruter du personnel ces dernières années et qui va mettre en place un plan de départs volontaires coûteux à court terme…
Sans toucher encore au “dur”, à savoir les rémunérations du personnel, il y avait de quoi ” dénicher” au moins 3 milliards de F CFP à allouer à l’autofinancement du budget d’investissement. Mais la majorité UPLD et son gouvernement, par manque de courage ou par calcul politique, a préféré faire l’impasse ou attendre le premier collectif budgétaire pour enclencher de manière plus volontariste le plan de redressement. Un plan sans cesse repoussé aux calendes grecques au grand étonnement de l’Etat….
Notre collectivité va le payer cher en 2012 : sans budget d’investissement minimal de l’ordre de 25 à 30 milliards de F CFP effectivement consommé, le cercle vicieux ou la spirale dépressive risque de s’accélérer. A ce moment là, les remises en cause plus douloureuses seront absolument incontournables !
L’Etat semble avoir pris la mesure de la catastrophe économique et sociale qui s’annonce en 2012. Il est, effectivement, notre seule planche de salut à court terme. E Te Hau Farani, A Tauturu mai ia Oscar ….. ou, version autonomiste, E Te Hau Metua a ho’i mai….

Très juste, trop peu, trop tard…L’ incapacité à prendre des décisions impopulaire nous entraîne dans une spirale infernale.
La seule planche de salut réside dans le budget d’investissement, sous réserve que celui ci soit déterminé avec clairvoyance, sans clientélisme et qu’il soit lui même générateur d’investissements privés et de développement. C’est faisable mais loin d’être gagné si l’on considère le goût prononcé de nos décideurs pour le béton et le goudron.
Pour nous donner un peu d’espoir il vaut mieux donc se dire que tant qu’il n’y a pas de projet sérieusement défini, alors l’absence de budget d’investissement nous protégera au moins d’une politique d’enlaidissement massif de notre fenua.
Te aroha ia rahi
Par Alain Ménard le novembre 30, 2011
à 6:57
En quoi est-il impopulaire de prendre comme décision : je baisse les salaires de la fonction publique de 1 milliard, et je baisse les taxes de 1 milliard.
Bien au contraire, c’est très populaire mais pas électoraliste car le fond de commerce des décideurs, c’est la fonction publique.
Et quand des mesures simples sont rentables à moyen terme (petite dépense immédiate et grosse économie à moyen terme), certains ne veulent pas les prendre car ce serait un précédent et gênerait politiquement d’autres mesures, comme à la CPS, suis mon regard Alain…
Par wakrap le décembre 2, 2011
à 8:55