La reprise mondiale s’annonce très fragile, sauf dans les principaux pays émergents comme la Chine et l’Inde. Les plans de relance massifs font donc sentir leurs effets sur l’activité économique, mais les effets sur l’emploi seront différés.
En raison de sa flexibilité, l’économie américaine devrait connaitre une croissance légèrement supérieure à celle des autres pays développés.
La France métropolitaine connaitrait une croissance légèrement inférieure à 1 %, les ressources issues du grand emprunt national devant relayer le plan de relance relativement modeste lancé en 2009.

En donnant la priorité à la reprise de l’activité économique, l’Etat, en France métropolitaine, va laisser filer le déficit et l’endettement public.

Le déficit public atteindra 8,2 % de PIB en 2009 et en 2010, faisant grimper la dette publique à 84 % de PIB l’année prochaine. Lourd fardeau pour les citoyens et les générations futures…
Il est clair que, dans ce contexte, toutes les collectivités de l’ensemble français seront à la diète. Et la Polynésie française n’y fera pas exception.
La baisse des transferts publics de l’Etat en 2009 par rapport à 2008, la continuation du plan de désengagement militaire, les menaces sur le montant réel de la DGDE et la volonté de l’Etat de conditionner de plus en plus l’usage de cette dotation, l’absence de réponse des ministères centraux aux appels de plus en plus pressants à la solidarité nationale du gouvernement polynésien dans le domaine de la protection sociale et de la santé, sont des indicateurs très clairs du durcissement de la contrainte budgétaire.
Conséquence : il faudra que la Polynésie française vive de plus en plus avec ses propres moyens. Où lorsque l’ Etat prend à la lettre notre volonté d’autonomie, au point d’oublier de plus en plus que nous sommes encore une collectivité de la République. Une petite comparaison avec les DOM démontre cette différence de traitement de plus en plus visible entre notre Pays d’outre-mer et les autres collectivités ultra marines.



Notre autonomie, voie courageuse voulue par notre classe politique depuis la seconde moitié des années 70, est de plus en plus un chemin semé d’épines. Le choix d’un statut institutionnel “optimal” pour la Polynésie française sera encore une question d’actualité dans les prochaines années : pourquoi pas un statut de région ultrapériphérique particulière de l’Union Européenne ? A méditer…
Quelle sera l’incidence de ce contexte international et national sur la conjoncture économique polynésienne en 2010 ?
Comme d’habitude, la reprise économique sera décalée en Polynésie française. Elle ne fera sentir ses effets qu’en 2011 au mieux. Les transferts de l’Etat devraient être stables et n’auront pas d’effet moteur sur notre activité économique globale.
Après le plancher historique de 2009, la fréquentation touristique devrait à peine s’améliorer. Nos exportations de produits seront encore à la traine, à l’exception des produits de la mer.
La stagnation du pouvoir d’achat des ménages sera encore une réalité. Face à l’énorme déficit de nos comptes sociaux, la hausse des prélèvements obligatoires est déjà programmée et se traduira par un accroissement de la CST sur les plus hauts revenus. Le chômage s’aggravera puisque le marché du travail ne pourra pas absorber l’arrivée des nouveaux actifs ( environ 2.200 actifs potentiels supplémentaires).
La croissance des pays émergents ne nous apportera rien, si ce n’est une hausse du cours du pétrole et des produits intermédiaires.
Durant la transition de 2010, le recours du Pays à l’emprunt ( 29 milliards de F CFP en 2009 ; au moins autant en 2010) sera donc nécessaire et massif pour éviter une nouvelle récession économique.
Lourd fardeau de l’endettement pour nos futurs budgets … Il faut espérer que 2011 verra enfin une éclaircie salvatrice.
La Polynésie n’a plus les moyens de se financer. Pff, pas grave, on a l’autonomie.
Les autres collectivités ultra marines départementales perçoivent plus de fonds pas habitant ; on s’en fout, nous on décide de notre avenir.
Le financement de la protection sociale est finalement un puits sans fonds impossible à combler ; oui mais nous avons les personnes au sein du Pays capables de gérer ce problème sans que l’Etat vienne fourrer son nez dans nos affaires.
La DGDE est en baisse ; pas grave, de toutes façons nos élites avaient décidé de ne pas en avoir besoin puisque nous n’arrivons pas à justifier le montant des investissements financés par cette manne.
On arrive plus à financer le fonctionnement : même pas peur : on fait transfère par un tour de “passe-passe” des dépenses en investissement, et on les fait financer par emprunt. Et pour les vrais investissements, on les finance également par emprunt. Moi, j’ai déjà fait signer une reconnaissance de dette à ma gamine de 15 ans pour qu’elle rembourse les ordinateurs, véhicules et autres matériels, réfection de bâtiments et routes qui avaient peu ou pas entretenues, etc… qui sont de véritable projets de développement économique et qui leur profitera dans les prochaines décennies.
Ah, y’a pas à dire, l’autonomie était vraiment la panacée à nos problèmes. Vivement l’indépendance, on aura encore moins de fonds qui viendront de l’extérieur et plus de problèmes, mais cela c’est pas grave, puisque nous serons maitres de notre destin. On pourra largement vivre “d’amour et d’eau fraiche”, le reste n’étant qu’accessoire.
Mea ma, je suis vraiment fiers de nos décideurs passés et présents qui ne savent pas où ils vont, mais en tout cas il y vont….
Par Xtof le novembre 6, 2009
à 5:15