Publié par : hirofarepote | octobre 28, 2009

Une classe politique polynésienne en plein désarroi

CRISE-3Pendant que la Ministre Armelle MERCERON, bien esseulée, “monte au front” pour réanimer dans l’urgence  le “soldat PSG”, le Président du Pays  joue les courants d’air en essayant d’amuser la galerie par des ballons d’essai qui valent leur pesant de cacahuettes. Après l’indépendance par le noni, “l’agriculture bio” est le nouveau dada du moment. Il est clair qu’avec le dossier de la salade un peu trop chargée en produits chimiques, il faut redorer le blason d’une agriculture polynésienne laissée complètement à elle-même.

Des décennies et des décennies de lycée agricole, de formation permanente, de vulgarisation se sont perdues dans les sables. Un récent reportage de RFO nous a fait froid dans le dos quant au dosage à la louche opéré par certains planteurs de pastèques et de melons. La crise de confiance en la qualité de nos produits agricoles est à prendre au sérieux, tant nombre de nos concitoyens avouent ne plus consommer de produits agricoles locaux dangereux pour leur santé.

De là à faire croire que notre agriculture passera du moyen âge au XXI è siécle par des incantations de “tahua”, il y un fossé qu’il ne faut pas franchir. Déjà, passer de l’agriculture déraisonnable à “l’agriculture raisonnée” serait une formidable avancée.

En effet, convertir massivement nos agriculteurs au bio et éloigner du chômage nos jeunes en les orientant vers l’agriculture est une vue de l’esprit. Notre milieu tropical insulaire est tellement propice aux attaques de nuisibles en tous genres qu’il est illusoire de se fixer cet objectif. Perte de productivité, surcoûts pour nos agriculteurs et prix excessifs pour les consommateurs sont au bout du chemin. Sans compter qu’il faut un temps de conversion  incompressible des sols et des organismes de certification dignes de ce nom pour assurer la “traçabilité” des produits bio. Il serait, en effet, trop tentant pour certains agriculteurs de faire croire qu’ils sont “bio” pour profiter de la nouvelle mode bio lancée au sommet de la pyramide politique locale. Les belles paroles ne suffisent pas, il faut des preuves irréfutables.

Les pays les plus avancés dans le domaine du bio ont réussi à convertir entre 5 et 15 % de leurs surfaces agricoles. Nous qui partons de rien, serions bien inspirés de nous fixer des objectifs raisonnables, de l’ordre de 2à 3 % de nos surfaces agricoles à un horizon de 3-5 ans. Encore faut-il déterminer une stragégie et un programme d’actions à tenir pour ce faire

Et c’est là que le bât blesse. Croire qu’il suffit de lancer une idée géniale pour qu’elle se réalise est pure illusion. Et les polynésiens ne veulent plus vivre d’illusion. Avec les dizaines de milliards qui sont prélevés dans leur poche, ils veulent du concret, du tangible, des réalisations. Or, ils sont comme soeur Anne, ils ne voient rien venir.

L’actuelle préparation budgétaire en est une nouvelle illustration. Le débat d’orientation budgétaire est un théâtre d’ombres. Les dossiers sont étudiés au compte-gouttes dans le cadre d’une “concertation” chaotique. Les marchands de tous bords sortent leur tapis et les accouchements de “décisions consensuelles” se font au forceps. La pirogue polynésienne coule dans la crise, mais la palabre hypocrite bat son plein.

Le ministre des finances essaie de colmater les énormes brêches de la pirogue annoncées pour 2010, observant avec compassion les efforts démesurés de sa collègue de la solidarité pour surmonter les obstacles corporatistes. A l’exception du ministre de la pêche et de la perliculture qui esquisse une stratégie sectorielle pour sortir ces deux secteurs de la catastrophe, les autres ministres en sont réduits à préparer dans leur secteur respectif l’austérité annoncée. Les belles promesses électorales se sont envolées depuis bien longtemps.

Ils diront en choeur : “c’est la faute à la crise” et “la crise est partout”. Prétexte tout trouvé pour masquer l’absence de vision, de stratégie et de volonté “d’aller au charbon” pour redresser sérieusement la barre. A l’heure de l’austérité généralisée, la société civile polynésienne en vient à s’interroger à voix haute sur l’utilité d’une telle superstructure politique qui coûte au moins 6 milliards de F CFP par an. Et là, les gisements d’économie sont très importants. Mais a-t-on vu quelque part une classe politique se faire hara kiri ? Même pas au Japon, c’est vous dire !


Réponses

  1. Aujourd’hui l’agriculture bio. Hier la production d’hydrogène pour piles à combustible. L’avant veille, c’était la création de d’aéroports aux marquises pour développer la pêche et le tourisme, et aux Australes pour exporter notre taro en NZ. Et j’en passe des vertes et des pas mures.

    Aujourd’hui donc, la nouvelle lubie de notre président est l’agriculture bio. Bon pourquoi pas. Mais déjà première erreur : on prend l’exemple d’une secte pour dire ce qu’il faut faire… Deuxième erreur : on lance l’idée et rien derrière… Troisième erreur où tout le monde politique emboite le pas et fais de la surenchère en interdisant les produits pesticides sur son ile (à moins de mettre un mutoi à chaque descente d’avion et un autre qui contrôlera chaque escale des goëlettes vidant leur marchandises sur les quais, je ne vois vraiment pas comment il va mettre en oeuvre son fantasme…

    Bref, nos élus sont toujours aussi fantasques et dilettantes. En polynésie, on a pas de pétrole, mais on a des idées ; des mauvaises idées mais des idées quand même ! C’est toujours cela…

  2. des idées qui tuent car cela y va de notre sécurité sanitaire, non, c’est irresponsable et indigne!

    il y en a vraiment marre des palabres et depuis 2004, cela n’arrête pas!

    y-a-t-il eu une seule action audacieuse efficace?

    une seule réforme digne de ce nom?

    une seule économie notable?

    une seule mesure drastique ?

    une seule hierarchisation des priorités ?

    une seule vision d’ensemble pour le futur de notre fenua?

    et etc et etc…

    Tout est pensé par le petit bout de la lorgnette avec des rafistolages et aucune anticipation digne d’une gouvernance compétente qui prévoit car c’est son devoir!

    Pour la perle, rien n’est gagné !la stratégie sectorielle ne permet pas la relance de son cours !
    Elle a permis de calmer certains perliculteurs habiles!

    Pour l’instant, cela va encore coûter plus au pays en terme d’investissement et de fonctionnement!

    le problème a été reporté sur le contribuable et en temps de crise ! ce n’était pas forçément la meilleure solution pour la collectivité!

    c’était une histoire de comportements et de responsabilités des professionnels du secteur qui ont dévalorisé la perle le jour où ils ont été la mettre aux enchères à hong kong !

    s’ouvrir au marché chinois a été la plus grande erreur de cette profession et toute la filière en a payé le prix sans compter les comportements irrespectueux dans le secteur !

    le manque de professionnalisme a coûté aussi au secteur !

    Le problème du politique actuel, c’est après moi, le déluge et la politique de l’autruche est pratiqué systématiquement!

    et celui des professionnels ou plutôt des pseudos dans certains secteurs , c’est le problème éternel du rapport qualité-prix et le manque criant de professionnalisme!

    heureusement qu’il existe de vrais pros mais ils restent encore trop peu nombreux et ceux-là ne sont pas suffisamment écoutés !

    c’est le comble !

    On marche vraiment sur la tête, c’est pour cela que nous n’avançons pas mais reculons car on a aucune visibilité et surtout pas les pieds sur terre!

    Notre situation est très trés grave dans le secteur privé! et il n’y a aucun cap si ce n’est celui fixé par le président du pays çàd l’indépendance qui nous amènera tout droit au chaos!

    sans les transferts publics permanents, nous serions déjà en banqueroute!

    la faute incombera aux incompétents, aux autonomistes qui forment la majorité actuelle et qui se contentent d’accompagner et de cautionner la situation économique et sociale catastrophique sous prétexte de renforcer une stabilité politique qui rime à rien si c’est pour faire perdre 5000 emplois par an sans compter celle des jeunes à venir!!!!

    si c’est pour nous enfoncer dans un tunnel où on n’y voit rien, c’est seulement irresponsable !
    et ce ne sera surtout pas la faute des indépendantistes qui ne sont pas majoritaires dans notre fenua!

    cautionner , participer, soutenir , c’est être tout aussi responsable que ceux qui dirigent notre fenua dans la mauvaise direction , celle de la descente!

    Il n’y a aucun pilote à bord et on pique du nez!

    La Nouvelle-Calédonie comprend toujours les choses avant nous et sait s’en sortir .
    leur volonté d’union des autonomistes se situe dans l’intérêt de leurs populations quand ils voient venir les nuages !

    Eux, au moins, ils anticipent et ne se laissent pas tirer vers le bas!! ils savent mettre leur pito de côté !

    ici, tout est sujet à prétexte !on dit tout et son contraire et la population , on ne s’y intéresse que 3 mois avant les élections!

    Tant que le confort de certains politiques et dirigeants de structures passent avant l’intérêt de la population et que ceux ou celles qui peuvent changer les choses ne font rien .

    Ils ou/et elles seront complices de la situation désastreuse dans laquelle nous sommes car il y a non assistance à pays en danger!

    et notre fenua est en grave danger dans le secteur privé! et le secteur public ne saurait tarder avec tous les déséquilibres budgétaires dans la réalité des faits.


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