Mes précédents billets étaient -hélas- prémonitoires. Déclin économique structurel, plan de relance mort-né, ressources publiques en chute libre, comptes sociaux catastrophiques obligent nos décideurs politiques à une “gestion de crise à chaud” dans le désarroi le plus total. Résultat d’une politique à courte vue qui dure depuis au moins 5 ans, où les équipes qui se succèdent à un rythme infernal au pouvoir n’ont pas eu la volonté, ni le temps d’élaborer et de déployer une stratégie globale de développement déclinée en stratégies sectorielles dignes de ce nom.
On perçoit très nettement les limites de cette politique du chien crevé au fil de l’eau. Notre économie est en plein marasme et ne peut plus financer le niveau de développement social que nous avions instauré du temps des vaches grasses. Les vaches sont devenues maigres, ce qui fait dire à certains que nous vivons de plus en plus au-dessus de nos moyens.
Conclusion logique, lorsque nous constatons que nos ressources propres ont régressé de manière considérable. Au bas mot, 30 à 40 milliards de F CFP de valeur ajoutée globale, dont 10 milliards de F CFP de salaires ( 4000 emplois détruits) se sont évaporés cette année. Nous en voyons les effets en chaine : perte de recettes fiscales et de cotisations sociales sont la face émergée de l’iceberg, les drames sociaux que vivent nombre de familles polynésiennes en étant la face immergée.
Nos gouvernants en sont réduits à parer au plus pressé : redressement au forceps des comptes de la protection sociale généralisée, séminaires budgétaires pour faire avaler à l’opinion publique des prélèvements fiscaux supplémentaires inévitables qui seront une combinaison d’augmentation de la CST et de la TVA, l’impôt sur le revenu ne faisant pas “consensus”, bien au contraire.
Comme je l’annonçais, l’administration sera à la diète avec -15 % d’économies sur le budget de fonctionnement de l’année 2010. Dommage collatéral : les budgets d’intervention qui viennent en appui au secteur privé sont, eux aussi touchés. On peut même se demander si la défiscalisation locale accordée aux “entreprises amies” ne sera pas remise en cause. Le message aux entreprises est clair et le Président du Pays l’a même explicitement déclaré : débrouillez-vous!
Tout est passé à la moulinette : non remplacement des départs à la retraite, gel des postes vacants, remise en cause de la programmation des concours administratifs. Nos jeunes diplômés sont les sacrifiés de cette austérité draconienne. Ils sont priés de rester chez “papa-maman”, le temps qu’on revienne à meilleure fortune. Celà ne sera pas avant 2011-2012. Et encore … L’aggravation du chômage, notamment celui des jeunes, est inévitable.
On en est pas encore réduit à vendre les bijoux de famille, mais presque., puisqu’on demande à l’OPT et aux opérateurs de téléphonie mobile d’anticiper le paiement de certains droits d’entrée et que certains envisagent de privatiser la TEP… La discussion sur le périmètre du secteur public s’amorce à peine, mais on ne fera pas l’économie de cette réflexion. Tant les marges de manoeuvre s’amoindrissent devant la dégradation accélérée des finances publiques du Pays et des communes.
Quant au secteur privé, il en sera encore réduit à réduire la voilure, à comprimer les coûts encore et encore, quitte à précariser la situation des salariés ou à détruire les emplois. Il faut dire que deux années de marasme et de relances avortées ont mis à mal les comptes d’exploitation des entreprises. Face au pouvoir d’achat en berne des ménages, une majorité d’entreprises en est à chercher les moyens de la survie. Dans ce domaine, la crise économique va accroitre le nombre d’entreprises qui vont rester sur le carreau. Seules vont survivre celles qui sauront faire preuve de leur capacité d’adaptation à la situation.
Cercle vicieux infernal : récession, chômage accru, demande des ménages en berne, chute brutale des ressources publiques face à une certaine inertie des dépenses, budgets d’investissement et d’intervention réduits à la portion congrue qui nécessitent l’alourdissement de la fiscalité, et ce, en pleine crise économique où le pouvoir d’achat des ménages est en régression…. L’effet cumulatif de la récession en chaine ne pourra être limité que par un recours accru à l’endettement. Mais là, le flou artistique est total en ce qui concerne les intentions du gouvernement.
La cohésion sociale sera mise à mal, car les tentatives de rejeter la charge de l’effort “sur les autres” sera très forte. On voit clairement les débuts de cette défausse lorsqu’il s’agit du sauvetage dans l’urgence de la protection sociale généralisée. La remise en cause des acquis ne se fera pas sans cris et raidissements corporatistes. Société de défiance alors qu’il s’agit de restaurer la confiance….
La tentation est donc très forte d’appeler à l’aide l’Etat au titre de la solidarité nationale et de la “République une et indivisible”. Un Etat qui promet à condition que…, qui observe, qui donne des leçons… mais qui ne “lâche rien”, bien au contraire. Le désengagement des dernières années se voit de plus en plus. Les transferts publics croissent, certes, mais à un rythme de plus en plus faible. Jusqu’à une “reprise en main” dont on ne perçoit pas encore la forme ? Les discussions âpres entre l’Etat et le Pays sur la Dotation Globale d’Autonomie ( date et montant de l’indexation de cette dotation, proportion réservée au fonctionnement et à l’investissement…) sont l’un des nombreux signes d’une conditionnalité accrue de l’aide de l’Etat dans tous les domaines.
La sueur et les larmes dans l’urgence n’est que le signe avant-coureur des nécessaires réformes qui nous attendent dans les années à venir. Encore faut-il faire preuve d’esprit de prospective pour éclairer notre avenir. “Il n’y a pas de vents favorables pour ceux qui ne savent pas où ils vont”. (Lucius Annaeus Seneca – Sénèque).
c’est excellement bien résumé!
Depuis 2004, c’est la pagaille!
nous sommes incapables de boucler un dossier dans les délais et d’anticiper! perte de 3 milliards avec la convention-solidarité habituellement financée pour partie avec l’Etat.
des milliards de déficit de la CPS au niveau de l’assurance-maladie dûs au projet Autaeaera’a de jacqui et Christian, au non respect des engagements du pays et au manque d’anticipation des administrateurs de cette caisse tri-partite! c’est ce que l’on appelle de la mauvaise gestion !
et c’est irresponsable de laisser autant filer un déficit : 9 milliards de cfp , c’est collossal , et demain 16 en cumulé !
On en revient toujours aux bonnes personnes à la bonne place pour les bonnes décisions. Gouverner ou diriger , c’est prévoir!!
On en vient à exiger des médecins des efforts de baisse de tarifs, soit disant parce-qu’ils doivent prendre un quart de l’effort global çàd 390 millions cfp. C’est très injuste et aberrant vu leur nombre !
On n’oublie qu’il y a 60000 cotisants et moins de 300 médecins, le rapport est vite fait ! Il y a un déséquilibre total et l’effort n’est pas équitable.
Et , en ma qualité de citoyenne, je ne tiens pas à ce qu’on diminue la valeur de leurs prestations : ce sont des personnes qui ont fait de longues études difficiles et qu’il ne faut surtout pas décourager au risque de les voir quitter notre pays et nous retrouver avec des médecins de seconde zone ! surtout qu’il y a pénurie de bons médecins dans le monde!
conservons la qualité des prestations que nous avons et cherchons des économies ailleurs, dans nos comportements à tous ! à commencer par les dirigeants du pays qui se doivent de respecter leurs engagements financiers et à ceux qui ont introduit ce projet autae débile qui nous a fait perdre de l’argent. La moindre des choses c’est qu’ils démissionnent de leurs postes actuels, car c’est trop facile de faire des erreurs et de ne pas les assumer et laisser toute une population en pâtir!
idem pour d’autres fonctions quand les gens sont incompétents, qu’ils soient dignes et laissent leurs places à plus compétents! c’est une honte de gagner plus d’un million de cfp que ce soit dans le secteur public ou privé et de faire partie des incompétents et en période de crise, c’est tout simplement inadmissible, intolérable quand 4000 à 5000 personnes perdent leurs emplois ( à cause de ces incompétences!)et scandaleux!
Par hina le octobre 25, 2009
à 8:31