Publié par : hirofarepote | juillet 10, 2009

A quand le passage à l’euro en Polynésie ?

euroLe passage à l’euro, fut, à intervalles réguliers ces dernières années, un sujet d’actualité.

Ainsi, par une lettre du 5 aout 2003 au Président de la République, le Gouvernement de la Polynésie présidé par Gaston FLOSSE, s’était  prononcé favorablement pour un passage total à l’euro en substitution au Franc CFP, en précisant également les protections de compétences statutaires à préserver. Différentes études techniques avaient été menées suite à cette demande.

Le 19 janvier 2006, l’Assemblée de la Polynésie française a adopté une résolution en faveur de l’introduction de l’euro. L’Assemblée précisa cependant que l’introduction de l’euro:

· Ne devra absolument pas entraîner une redéfinition de l’actuelle parité franc CFP / euro.

· Ne devra pas porter atteinte aux compétences que reconnaît la loi statutaire du 27 février 2004 à la Polynésie française.

· Implique que l’Etat aide la Polynésie française à supporter le coût de ce changement de régime monétaire.

A l’époque, notre actuel Président du Pays, dans un discours volontariste,  avait même "décidé" de ce passage à l’euro….et rien ne se passa. La raison, ressassée périodiquement, en est qu’il faut que les 3 collectivités françaises du Pacifique le décident " ensemble et en même temps". Et le problème, c’est qu’en Nouvelle-Calédonie, le dossier est "plombé" par le refus des partis indépendantistes kanaks d’instaurer l’euro.

Au niveau européen, la procédure nécessiterait "26 directives, 6 règlements, 9 décisions du Conseil, 3 recommandations de la Commission et 5 orientations de la BCE", mais pas de modification des traités existants.

En Polynésie française, la procédure d’adaptation et de transition devrait prendre 3 ans. Il faudrait aussi modifier quelques aspects du droit commercial et de la fiscalité de l’épargne.

Selon Monsieur Vincent DROPSY, Professeur d’économie internationale, "l’analyse des critères de zone monétaire optimale montre que la Polynésie française satisfait la plupart des conditions d’adhésion à l’Union Monétaire Européenne, et en particulier, que les importants transferts de l’Etat sont un facteur crucial d’intégration économique et financière avec la métropole. C’est pourquoi l’euro, plutôt que le dollar US, est le choix optimal pour se substituer au franc CFP.

De plus, ce rattachement à la zone euro apporterait des avantages microéconomiques à l’économie polynésienne, telles que: (i) l’élimination du risque de dévaluation, qui ferait baisser les taux d’intérêts; (ii) la facilitation des échanges commerciaux, qui bénéficierait aux exportations; (iii) l’amélioration de la transparence des prix relatifs à l’étranger, qui induirait une baisse des prix.

Il faudrait néanmoins prendre garde à préparer la population locale et à éviter des dérapages de prix lors de la période de transition. Les risques macroéconomiques ne proviendraient pas d’un passage à l’Euro, mais plutôt de la dépendance importante envers les transferts de l’Etat, qui ont permis à la Polynésie française de financer son large déficit extérieur privé depuis plus de quarante ans, et d’éviter une dévaluation pratiquement inéluctable en l’absence de ces transferts. La suppression du franc CFP au profit de l’euro éliminerait ainsi toute possibilité de dévaluation et renforcerait l’engagement de l’Etat, soit à aider la Polynésie française à se développer économiquement pour réduire sa dépendance financière, soit à augmenter ces transferts pour éviter toute crise économique".

La conclusion de l’analyse  de Monsieur DROPSY est donc "qu’une union monétaire avec la zone euro est le choix optimal de régime de change dans le contexte actuel de la Polynésie française, mais qu’il reste nécessaire de réduire la dépendance de l’économie polynésienne vis à vis des transferts financiers de l’Etat".

Nous sommes en 2009 et, à supposer que la décision de passage à l’euro soit prise en 2010, il faudra attendre 2014, au bas mot, pour que l’euro soit une réalité en Polynésie.

Il serait souhaitable qu’en conclusion des états généraux de la Polynésie française, la société civile se positionne clairement à ce sujet.

l’Assemblée de la Polynésie française a adopté une résolution en faveur de l’introduction de l’euro en
remplacement du franc CFP le 19 janvier 2006ident " décider" de ce passage…et rien ne se passa…. L’argument récurrent est de répéter : il faut que les 3 collectivités françaises du Pacifique le décident "ensemble et en même temps". Il se dit que le dossier est "plombé" en Nouvelle-Calédonie du fait du refus des partis indépendantistes kanaks
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Responses

  1. Je suis défavorable au rattachement de la polynesie française à l’euro .

    Tous les pays qui ont choisi l’euro ont vu leur niveau général des prix augmenter à une vitesse grand V et notre société n’y échappera pas.

    C’est un voeu pieux que de croire que les prix ne déraperont pas grâce à l’attitude civique des commerçants. c’est un leurre . les arrondis se font toujours à la décimale supérieure et non l’inverse . et c’est de bonne guerre.

    Mais c’est la société qui en paiera le prix fort et bien sûr , les plus fragiles d’entre nous .

    déjà que le pouvoir d’achat s’érode de jour en jour et que le chômage ne cesse d’augmenter et que rien n’est fait.

    Il y a quand-même une perte de 4000 emplois et le passage à l’euro est loin d’être une priorité comme les Etats généraux surtout si c’est pour prendre exemple sur la réunion .

    Le rendu des travaux en présence du premier ministre est d’un niveau médiocre et d’une généralité à faire pleurer en période de crise les pragmatiques efficaces dans un monde en perpétuel mouvement.

    Figer les donnes sur une période de 5 ans voire plus est suicidaire dans un monde dont l’interdépendance et la globalisation progressent et évoluent sans arrêt !!

    ne pas faire preuve de pragmatisme et de dynamisme et encore moins d’innovation, c’est se vouer d’emblée à l’échec et la pire qui puisse exister , celle de ne pas évoluer avec son monde tout en préservant ses racines.

    Tout est une question d’hommes et de femmes de qualité , le reste n’est que palabre!

  2. Le sujet me paraît bien plus intriguant que la simplicité d’un avis favorable au "passage à l’Euro OUI-NON". Les mécanismes de la monnaie sont devenus trop opaques pour ne pas résister à une certaine curiosité d’investigation quant à ses tribulations nationales planétaires. Quelle est l’approche que la Polynésie peut adopter dans cette mouvance particulière si elle se contente d’un seul type de conseillers dont les intérêts particuliers seraient nébuleusement susceptibles d’être à son détriment ?

    Qu’est-ce qu’une monnaie nationale ? Une monnaie européenne ? La première est la propriété exclusive de sa Nation, émise naturellement sans frais. Quant à l’Euro, qui en est LE propriétaire véritable ? Qui vend ces rectangles de papier, joliment décorés, aux Nations ? Qui leur facture des intérêts tout aussi rapacement rapporteurs parce qu’il a su astucieusement balayer les souverainetés nationales de l’émission, l’une après l’autre, pour s’y substituer en tant qu’intermédiaire obligatoire ?

    L’histoire du dollar américain est effrayante depuis l’entente secrète tenue sur l’Ile de Jekyll en 1913 jusqu’à sa transformation progressive en arme de guerre. Il ne dispose plus de sa contrevaleur (constitutionnelle pourtant) en réserves d’or et d’argent depuis les années 1970. Il s’appuie exclusivement sur des marchés de matières premières ; d’où les conquêtes souvent sanglantes de l’Amérique sur les pays disposant de telles réserves en leurs flancs. Qu’importent les guerres enclenchées – au contraire – tellement leur rendement est sonnant et trébuchant par les prêts octroyés à taux usuriers…

    Leur Federal Reserve paraît à consonnance nationale : elle est 100 % entre les mains de privés. L’IRS (Internal Revenue Services) paraît à consonnance administrative (il sert principalement à rembourser sans cesse – sic ! – la dette/intérêts des emprunts de la guerre de Sécession) : il est une filiale directe du FMI. Le FMI paraît à consonnance indépendante : il est la propriété des Nations Unies.

    Et qui dirige véritablement l’ONU ?

    Ainsi, cyniquement, méticuleusement, l’émission de la monnaie est devenue émission de la Dette. La dette est l’arme blanche d’assujettissement de toute Nation aisément menée à une incapacité à rembourser… Magnifique parcours depuis les prémices du système bancaire initié par les Templiers (qui perçevaient une commission sur les transports de valeurs mais jamais d’intérêts) jusqu’au développement en cours du nouvel ordre mondial !

    Si vous avez un billet XPF en mains, lisez la toute petite inscription : «La CONTREFACON ou le FALSIFICATION…. du Code Pénal» ; qu’en est-il de la création virtuelle des petites et grandes dettes journalières chaque fois que votre banquier octroie un prêt ? Sa seule contrevaleur est scripturale en ses livres compensée par un virement scriptural vers le compte de votre fournisseur. Vous rembourserez le principal augmenté des intérêts, évidemment. Les liquidités sont celles déjà en circulation…

    Pourtant, il vient d’émettre de la monnaie-Dette ; rubrique CONTREFACON ou FALSIFICATION ? Le Code Pénal est muet à ce sujet… Et ainsi va la Dette.

    Fascinant n’est-ce pas ? Et la Polynésie alors, qui dispose de si peu de matières premières (visibles) mais d’une magnifique surface maritime qu’elle est incapable de gérer ; ainsi que de reliques d’un Zone Franc qui maintiennent un minuscule reste de souveraineté nationale à la France (le DM circule encore en Bosnie).

    Sous le règne Alexandre (paix à son âme), la dette du pays est passée de 22 à 47 milliards en moins de 3 ans. Quel est son montant exact en 2009 ? Quelle est sa traduction par habitant ? Parce que la dette n’est jamais à rembourser par un président ou ministre signataire…

    Que faire ? Pôle de blanchiment, colonie de vacances, statut à la Principauté, nettoyage des intérêts de la dette, ou vendable au seul offrant Euro par l’entremise de ses pantins ? Que reste-t-il à la Polynésie comme marge d’indépendance ?

    En cette période des Etats Généraux – si habillement confiés au pilotage de la Lyonnaise-SUEZ par l’entreprise de Joël – il serait fort intéressant de savoir comment Oscar (parti quérir une santé en France…) envisage une indépendance/rupture à la dette cumulée, à l’importation quasi-totale des moyens de vie de la population, à la modération des appétits de la Lyonnaise-Suez-Bernadette/Edmonde-EDT, aux relations inter-archipels, aériennes et à l’entretien d’une flotte de fonctionnaires (la rémunération d’un travailleur pour payer 4 administratifs statistiquement parlant, à vue de nez) et à payer les factures pétrolières en prime avec moins de 300 000 habitants. Exit la France ?

    Mais Oscar veut tellement sa petite voix à l’ONU et son ardoise d’euros…

    Je laisse à hirofarepote l’opportunité de creuser objectivement les portes qui resteraient ouvertes à la Polynésie – dont son assujetissement me paraît d’ores et déjà formalisé, qu’importe le maître futur.

  3. Bonjour à tous,

    J’ai découvert récemment cet excellent blog et ai commencé à lire certains articles, et celui-ci me fait réagir.

    Personnellement, je suis favorable à l’instauration d’une monnaie forte telle que l’euro en remplacement de notre "monnaie de singe" (désolé si je suis politiquement incorrect) connue de 500.000 habitants du Pacifique et convertible en aucune monnaie à ‘étranger (sauf quelques aéroports desservis par les avions de ligne décollant de Tahiti).
    Cela apporterait du crédit au Pays (et là, on est vraiment à découvert !) vis à vis de l’étranger, en plus des avantages rappelés dans l’article de Hiro.
    Mais j’y vois un autre intérêt en ces temps de crise financière et économique. il est très curieux de voir le Danemark et la Suède désormais favorables à l’introduction de l’euro dans leur pays. Après les décrochages de leur monnaie nationale, ils deviennent euroconvaincus. Chez les britanniques, c’est la même chose : ils y voient les intérêts mais le lien affectif avec la livre sterling est encore très fort.
    Et même l’Islande, pourtant pays non membre de l’UE réclame l’introduction de l’euro dans son pays.
    Il est évident qu’une monnaie utilisée par plusieurs centaines de millions de consommateurs, cela rassure et évite les mauvaises surprises.

    Mais comme tu l’indiquais, une des conditions sine qua non est l’unanimité des territoires français du pacifique, et vu effectivement l’absence de consensus au sein de la classe politique calédonienne à ce sujet, l’introduction de l’euro est compromise.
    Par ailleurs, je comprends le scepticisme de certains quant à l’introduction de l’euro dans les territoires du Pacifique, vu certaines mauvaises expériences lors du passage à l’euro en Europe.

    Mais c’est parce que ces expériences doivent servir à l’introduction de l’euro en Polynésie (on doit effectivement apprendre de ces erreurs), et par une campagne sereine d’information sur les avantages (et inconvénients) de l’euro, que la Population de ces trois territoires doivent concomitamment décider par référendum, de l’introduction ou non de l’euro. Le résultat cumulé dans ces trois territoires décidera de l’avenir de l’euro en PF, NC et à Wallis et Futuna.

    Voilà, ce n’est que mon humble avis et essaierai à chaque fois que je laisserai un commentaire de formuler des propositions.

    A bientôt et continue Hiro à nous éclairer de tes avis : quand bien même je ne les partage pas toujours, ils ont au moins le grand avantage de faire avancer le débat, et en plus avec la forme. Cela fait du bien.


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