Publié par : hirofarepote | juin 24, 2009

Qui sera le Roosevelt polynésien ?

effort-1La crise s’approfondit en Polynésie française, mais rien ne se passe. Alors que  le Président de la République, Nicolas Sarkozy, réaffirme les grandes orientations de l’Etat pour que la France surmonte la crise tout en réformant un modèle français vieillissant, l’inertie prévaut en Polynésie.

Ici, le Président du Pays reste muet sur les grandes orientations du Pays. Il semble laisser le soin à la société civile de les fixer à la place de son gouvernement et de la majorité de coalition qui le soutient. De plus, comme pour faire oublier son silence assourdissant sur les voies et les moyens de combattre la crise qui s’aggrave, il fait diversion en “fixant le cap de l’indépendance”. Et si les Etats généraux en Polynésie étaient aussi une diversion, un moyen de gagner du temps face à l’impatience des milieux socio-économiques ?

Faut-il rappeler que des milliers de salariés polynésiens ont perdu leur emploi en 2008 et qu’il en sera de même en 2009 ?

Faut-il rappeler que notre système économique fait eau de toutes parts et qu’il faut reconstruire les fondations ?

Faut-il rappeler que nos exportations de biens et de services ne sont pas ou plus compétitives parce que notre système économique est de plus en plus en déphasage avec le processus de mondialisation en cours depuis quelques décennies ?

Faut-il rappeler que notre système de protection sociale est à refonder, car il ne peut plus être financé “normalement” ?

C’est dans les temps où la tempête fait rage que l’on reconnait les vrais capitaines à la barre de leur navire.

Ici, la parole présidentielle est faite de propos à l’emporte-pièce, d’idées plus ou moins saugrenues lancées en l’air (le noni comme vecteur de l’indépendance économique, disposer, au sien d’un gouvernement, d’un Ministre de la Défense…), d’annonces de projets non étudiés ( le monorail, l’aéroport international des Marquises…). Ces paroles distillées ici et là masquent mal l’absence de maitrise des outils de la gouvernance locale comme le budget du Pays, notamment le budget d’investissement ou l’animation du gouvernement et de l’administration.

Pour tout dire, notre Président ne va pas au charbon, car celà ne l’intéresse visiblement pas. Il survole les dossiers et les problèmes, car il ne veut pas se “coltiner” la réalité. Il laisse ce boulot au Vice-Président ou au Ministre des Finances. Quelle différence avec la Présidence hyperactive de Nicolas Sarkozy !

La société civile et les acteurs du monde économique et social polynésien n’en peuvent d’ailleurs plus des prises de parole. Ils veulent, ils réclament de plus en plus de l’ACTION.

Agir. Conduire les réformes qui s’imposent. Ne plus se contenter de la politique du chien crevé au fil de l’eau qui a prévalu ces 5 dernières années.

Où est ce réformateur que la Polynésie attend ? Où est ce Roosevelt polynésien qui nous dira , non seulement qu’il faut changer, parce que le monde change, mais qui nous dira aussi comment changer ? Il n’est pas sûr qu’on va le trouver dans un éternel combat des chefs entre trois ou quatre personnalités du Pays, ce “tournez manège” que l’on vit depuis 5 ans.

J’avais cru comprendre que la large majorité de coalition actuelle était LA solution politique à l’instabilité et que l’on allait enfin avancer. J’ai bien plutôt l’impression que les forces de coalition se neutralisent plus qu’elles ne s’additionnent. Chacun est dans son “quant à soi” et gère son pré carré. Il n’y a eu aucun signe d’impulsion volontaire si ce n’est quelques effets d’annonce qui ne se concrétisent pas dans la réalité. Il en est ainsi de la “relance” que tout le monde cherche, mais que personne ne voit.

A situation exceptionnelle, nos autorités politiques et notre administration répondent par une gestion nonchalante du quotidien. Le moteur politico-administratif ronronne doucement, alors qu’il faudrait passer à la vitesse supérieure.

Dans la morosité, voire la désespérance dans laquelle nous nous enfonçons doucement, mais sûrement, qui nous redonnera un peu d’espoir ?


Réponses

  1. quito braun ortega avec plus de pragmatisme et moins de juridisme.

    le résultat pourra être atteint!


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