Une revue économique posait récemment à Henri GUAINO, conseiller spécial du Président de la République, la question suivante : comment définissez-vous le modèle français ?
Réponse : ” le modèle français, c’est le modèle d’une République une et indivisible, où tous les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. L’unité, obsession française, n’est jamais allée de soi, car la France n’est pas une nation ethnique, c’est une volonté toujours renouvelée de vivre ensemble “.
Cette réponse devrait réjouir les républicains de Polynésie. Et pourtant…
Les propos d’il y a quelques mois de Monsieur Yves Jégo visant à dire que les polynésiens avaient souhaité l’autonomie et qu’ils leur incombaient d’assumer ce choix ont jeté le trouble à un point tel que l’on peut se demander si la Polynésie française est vraiment partie intégrante de cette République une et indivisible.
Ces propos viennent confirmer une tendance de l’Etat ces dernières années. Derrière les discours habituels de solidarité nationale et de partenariat, les négociations contractuelles entre le Pays et l’Etat sont de plus en plus âpres. Une moindre vigilance du gouvernement local aboutit à un “rabotage” de certains transferts de l’Etat. L’exemple le plus emblématique fut le non renouvellement de la convention solidarité.
Au-dela des statuts et des compétences des collectivités locales, le principe de solidarité nationale se raccroche à celui de l’indivisibilité de la République qui fait que chaque citoyen français a les mêmes droits et les mêmes devoirs. Est-ce vraiment le cas ?
Un jeune polynésien a t-il les mêmes droits qu’un jeune métropolitain au sein du système de formation scolaire ou universitaire ?
Si l’indemnisation du chômage est lié à un mécanisme de cotisation patronale et salariale, de la responsabilité des partenaires sociaux locaux, pourquoi le revenu de solidarité active s’arrête-t-il aux portes de la Polynésie ? Il en résulte une inégalité de droits particulièrement flagrante entre un polynésien non inséré professionnellement et un métropolitain dans la même condition.
En matière de santé, est-il illogique de solliciter un partenariat contractualisé avec l’Etat pour bénéficier d’un égal accès aux soins et bénéficier des mêmes plateaux techniques que les français de l’hexagone ?
En matière de continuité territoriale, la Corse est beaucoup mieux lotie que la Polynésie française.
Il est vrai aussi que les autonomistes, en tenant un discours d’émancipation croissant pour contre-carrer le mouvement indépendantiste ont pu encourager l’Etat dans cette attitude qui aboutit à une rupture d’égalité entre français. Le problème ne se pose pas pour les indépendantistes, puisqu’ il y a convergence entre leur idéologie et cette rupture d’égalité entre les polynésiens et les français de l’hexagone.
Par contre, une chose est claire, l’antagonisme politique entre autonomistes et indépendantistes fait le jeu de l’Etat.
La mission actuelle des représentants de l’Assemblée en Métropole esquisse une résolution de cette difficulté : l’affirmation unanime d’une unité de la classe politique polynésienne sur tel ou tel thème, par exemple sur la question de l’indemnisation des victimes du nucléaire, peut faire rappeler à l’Etat que les polynésiens sont des français à part entière et non des français entièrement à part et lui faire “arracher” certaines concessions.
Il convient donc de redéfinir le partenariat Etat-Pays et distinguer ce qui est de l’ordre de la spécialité juridique (la Polynésie comme COM autonome) et ce qui est de l’ordre de l’unité et de l’indivisibilité de la République. C’est là un enjeu fondamental, car le modèle français, cher à Henri GUAINO et au Président de la République, ne peut se permettre de créer en son sein des citoyens français de seconde zone.
Il vaut mieux en rires que pleurer:
N’est citoyen français que celui qui ne coûte rien à la France comme l’habitant de mayotte!
AH!Ah!Ah! quelle est drôle celle-là!!!!
Par nunue le juillet 10, 2009
à 10:46
L’autonomie de la Polynésie nous met au banc des exclus en France.
Je me retrouve confronté à ce problème ici en métropole ou français d’origine polynésienne, n’ayant jamais cotisé en France, je me retrouve dépourvu du RSA, du RMI et des allocations chômages. De plus, je dois payer un peu plus de 50 € par trimestre pour profiter d’une couverture sociale complémentaire qui vient compléter ma couverture sociale étudiante. De ce fait, étant étudiant, je ne peux disposer de la CAF.
La cerise sur le gâteau est que je ne peux pas non plus bénéficier du fonds d’entraide d’urgence, ni de la bourse d’Etat sur crièères sociaux car j’ai plus de 30 ans dans le premier cas et j’ai plus de 26 ans dans le second cas.
Résultat, je n’ai droit à aucune aide de l’Etat ou du territoire de Polynésie française pour continuer mes études supérieures en France. Je dois mon salue à mes petites économies qui touchent le fond, à l’aide religieuse de mes soeurs aux faibles revenus et à la débrouille pour survivre.
La crainte des lendemains accompagne tous mes menus en cette période de crise, de chômage et de difficultés de décrocher un emploi même en intérim pour ne pas citer au pôle emploi.
Ceci n’est pas un mur des lamentations ni un bureau des pleurs, mais j’expose la situation juridique et administrative dans laquelle me place le statut d’autonomie de la PF et pourtant je suis bien à la lecture de mon passeport biométrique, un citoyen français né à Tahiti.
Il est fort possible que mes compatriotes européens aient plus de chance que moi de décrocher une aide de l’Etat français.
Il faudrait revoir le système de cotisation sociale pour nous ouvrir des droits sociaux en France. Des droits d’accès au minimum de survie.
Par Point of no return le août 7, 2009
à 9:52
Point of no return, je t’exprime toute ma compassion.
Je voudrais même aller plus loin : contribuer à un système de solidarité territorial en faveur de ceux, qui, comme toi, traversent des épreuves personnelles et professionnelles.
Aussi, je suis POUR une allocation temporaire pour les travailleurs involontairement privés d’emploi (le temps que ceux-ci trouvent une solution) et je suis prêt à y contribuer par une cotisation supplémentaire (solution parmi d’autres).
Je demande aussi au Ministre de l’emploi, Monsieur Pierre FREBAULT, dont je connais le dynamisme et les convictions, d’étudier un mécanisme similaire au RSA pour la Polynésie.
De manière générale, il nous incombe d’inventer une “flexisécurité à la polynésienne”.
Je demande à l’Etat de ne pas produire ici, en terre Maohi ET française, des citoyens de seconde zone.
Je sais qu’en cette période de crise, des milliers de nos compatriotes polynésiens français souffrent en silence.
Il y a urgence à agir.
Ne désespères pas. Et je te conseille d’écrire au Ministre de l’emploi : je suis sûr qu’il entendra ton cri de détresse, car il a été et il est toujours un “bon” syndicaliste dans l’âme.
Par hirofarepote le août 8, 2009
à 1:16
Bonjour Hiro,
Je te remercie car c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai parcouru tes propositions sur la nécessité urgente pour l’ensemble de notre société polynésienne d’instaurer une répartition complémentaire verticale (des plus riches vers les plus pauvres) et horizontale (intergénérationnelle des plus jeunes vers les plus âgés) des revenus primaires pour assurer à ceux qui sont dans une situation de précarité de trouver une solution. Cette notion de solidarité active devrait permettre d’affermir la cohésion sociale de notre terrtoire.
Je viens sur cet espace éthique inédit et fantastique de réflexion, de sensibilisation, d’ouverture d’esprit, d’innovation et de création d’idées pour exposer et donner quelques éléments de réponse à la problématique à savoir la place que nous occupons au sein de la République Française en faisant cas de ma situation administrative et juridique en tant que citoyen, étudiant tahitien en France métropolitaine.
Ce n’est en aucun cas ma situation de précarité qui m’entraine ici mais la vision d’une nécessaire orientation éthique de nos actions qui vise une perspective plus vaste de développer et apporter à nos générations de maintenant et de demain un futur, une place, une organisation solide. L’impulsion est donné à travers cette plate forme orientée vers les questionnements auxquels sont et seront confrontés les acteurs politiques, les acteurs de tous les départements, activités et services et tous les citoyens de Polynésie qui ont un devoir d’être.
Après avoir cotisé pendant plusieurs années, le régime de cotisation de la CPS ne m’ouvre aucun droit ici en métropole (RSA, RMI, ASSEDIC, Aide au logement, Aide aux transports). En ces termes, le statut d’autonomie nous éloigne de la notion d’indivisibilité au sein de la république. Pour répondre à la problématique de notre place au sein de la République, il serait tentant de réfléchir sur la place que nous nous donnons ou que nos dirigeants nous ont et nous donne au sein du statut d’autonomie interne. L’encrage en profondeur de la Polynésie française au sein de la République dans sa nouvelle révision constitutionnelle donne une autonomie administrative et non identitaire. Nous sommes français.
Par ailleurs sur un sujet différent mais complémentaire, le système “Français” est tel fait que la mobilité sociale est extrêmement rigide. La reprise d’études supérieures au delà de 30 ans, n’ouvre droit à aucune aide financière, à aucune attribution de logement universitaire et enferme le candidat dans une caste exclue. La PF doit se détacher de ces mécanismes.
Des mesures qui doivent être prises dans tous les domaines après une mûre réflexion sur la définition de notre société, ce que nous sommes et ce que nous sommes appelés à être, à devenir doit aussi déboucher sur l’instauration d’un revenu de solidarité comme tu le propose à juste titre à travers une« Flexisécurité » ou un fond d’entraide d’urgence. Par le biais de la synergie des états généraux, une étude est lancée sur la précarité et la pauvreté en PF. Une étude lancée par les services du territoire !!!
Comment financer cette aide ou solidarité ?
• Par des activités économiques nouvelles que tu mentionnais déjà dans un de tes billets pour attirer des touristes vers une destination du jeu avec l’ouverture et la gestion de d’Hôtels Casinos. A ce jour et depuis de nombreuses années, l’Etat du Nevada subventionne l’économie de l’Etat de Hawaii pour ne pas qu’il ouvre une destination du jeu qui ferait tomber la ville de Las Vegas au rang des villes fantômes du « Far West ». Une seule prérogative a été accordée aux peuples indiens pour exploiter des casinos pour financer leurs besoins dans l’Etat de Californie (Indian gaming network) et un peu partout aux Etats Unis. L’Etat de Californie étant connu pour son refus catégorique d’accorder des licences de Casino à la différence de salles privées de jeu (distribution de cartes à la main). Ceci permet aux différentes tribus de contribuer et de financer tous les travaux et tous les besoins de leurs communautés.
Les jeux de hasard qui sont une compétence d’Etat devront faire l’objet de discussion et de transfert de compétences pour permettre à la PF d’attirer des milliers, voir plus de touristes vers une destination de rêve. L’implication de la religion dans les affaires politiques trouveront des sasses de sécurité sur l’accès aux salles de jeu avec une règlementation stricte. L’addiction ou le jeu pathologique n’est pas le fait du Polynésien, il est le fait de l’homme. La fermeture des salles de jeu ou tripots selon certains en janvier 2000 a sonné l’âge d’or de tenanciers qui avaient réussi à contourner la loi en utilisant la structure associative pour engranger des centaines de millions de francs et se convertir pour certains dans l’industrie de la perle. Ce qui a permis à la justice de se saisir du dossier a d’abord été l’illégalité de la fiscalité sur les salles de jeu et le caractère illégal du fonctionnement de ces salles qui au regard de la loi utilisaient des systèmes mécaniques (roulettes américaines, distributeurs de cartes, roulette chinoise) et entraient dans le cadre de la règlementation des jeux de hasard de compétence d’Etat. Le sujet est bien évidemment plus complexe mais les grandes lignes sont brossées.
Il faudra un encadrement juridique et institutionnel rigoureux et une formation au management d’hôtel casino et aux jeux dans les différentes écoles (française, américaine et anglaise). Le marketing ethnique devra porter sur la zone pacifique et sur l’Europe. Les questions de fond concernant la gestion des hôtels casinos par des particuliers, des professionnels ou par le Territoire resteront à définir ainsi que le contrôle et la fiscalité.
• Par une révision du coût de la vie et des prix à la consommation et la nécessaire participation des commerçants à une meilleure lisibilité de leurs actions et de leurs marges.
• Par une mise en concurrence des monopoles de faits ou des oligopoles déguisés supportés et cautionnés par le politique.
Le financement de la solidarité doit venir de ces nouvelles activités et ne doit pas être supporté uniquement par les fonctionnaires et les salariés. C’est toute notre société qui est à redéfinir, notre politique de consommation, la croissance économique adaptée à notre environnement et notre entrée dans la prochaine décennie.
Par Point of no return le août 8, 2009
à 5:19