Publié par : hirofarepote | mars 15, 2009

DOM : accords sous la contrainte et voie sans issue

Voilà : c’est fait. En pleine crise mondiale et à contre-courant des mécanismes habituels du marché, l’Etat a cautionné les revendications de collectifs “représentatifs du peuple” en donnant son blanc seing aux usines à gaz construites pour la circonstance et qui pèseront lourd, demain, sur les comptes d’exploitation des entreprises domiennes, des régions et de la Nation.

Il fallait bien éteindre les incendies qui s’étaient allumés, il ya plusieurs semaines, sous la mêche de quelques groupuscules radicaux et démagogiques. L’arrosoir principal est encore plus de dépenses publiques et encore plus de coûts salariaux et de production pour les entreprises. Et encore plus d’inflation demain…

Car qui fera croire que l’Etat, les régions et les entreprises auront raison contre la crise et les lois du marché qui s’expriment actuellement ? Certes, cette crise est détestable, car destructrice d’emplois de dizaines de millions de personnes dans le monde. Elle déprime la demande, réduisant les entreprises à brader leur production pour sauver ce qui peut l’être. Elle risque de réactiver le protectionnisme, solution pire que le mal.

Comment penser dans cette situation que l’on peut aller à contre-courant du puissant mouvement de la crise pour augmenter les salaires de ceux qui ont déjà un emploi ? Comment penser qu’encore plus de dépenses publiques est le remède-miracle, la pierre philosophale des temps modernes ?

Or ces dépenses publiques ont un prix qu’il faudra solder dans l’avenir.

Le paradoxe dans cette affaire est que les “révoltés” ont scié la branche sur laquelle ils sont assis. Les entreprises, exangues, seront encore moins compétitives, la production locale encore plus marginalisée et l’insertion économique et commerciale dans l’environnement régional sera une vue de l’esprit. Le tourisme domien, par exemple, aura creusé sa tombe face aux destinations concurrentes. Et ce, malgré une défiscalisation couteuse, les emplois aidés et les exonérations de charges toujours croissantes. 

A la clé,plusieurs centaines d’entreprises et plusieurs milliers d’emplois disparaitront dans les semaines et les mois à venir. Resteront les plus performants, certes, mais aussi les plus puissants qui renforceront leur emprise sur les économies locales. Encore plus de concentration, encore plus de cartellisation et encore plus de rentes de situation…jusqu’à la prochaine explosion.

Quelle solution ? A moins de réinventer le communisme et le collectivisme, à savoir créer un emploi public pour chaque demandeur d’emploi, il n’y en a pas d’autres que la réforme structurelle.

S’ajuster à la mondialisation, être plus productif, plus compétitif, plus imaginatif, plus créatif, plus innovant. Il n’y a pas d’autre voie.

Un discours de sang et de larmes ? Oui, car la compétition capitaliste est ainsi faite que tous les pays luttent à couteaux tirés dans ce sens. Comment imaginer un instant que l’on peut s’abstraire de cette compétition et faire, tout seul, le contraire de ce qui se passe ailleurs ? L’exception française, aussi bien celle de “l’hexagone” que des outre-mers français a vécu. L’Etat est perclus de dettes et paupérisé. Le chômage explose, les dettes sociales du pays sont comme le tonneau des danaïdes, les plans sociaux se succèdent et s’égrènent aux actualités, les salaires stagnent.

Il n’y a pas de miracle. Il y a la volonté. Il y a la réforme qui n’a que trop tardé en France par rapport à d’autres pays comme les pays scandinaves, l’Allemagne, la Corée du sud, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande…. La Chine, l’Inde, le Brésil, les pays asiatiques sont des concurrents menaçants. La question pour ces pays est : à la sortie de la crise, serons-nous plus performants que les autres ?

Si on pense que la résolution des conflits hexagonaux et ultramarins se résoudra à coup de dépenses publiques supplémentaires et mal orientées, on fait fausse route. C’est comme si on se mettait des boulets au pied dans une course de vitesse où tous nos concurrents se délestent à toute allure. Dure cette réalité ? Oui, assurément, mais le capitalisme mondial fonctionne ainsi. La France, à elle toute seule, ne pourra le réformer. Et encore moins les DOM français.

Certes, des plans conjoncturels “intelligents” et des investissements qui préparent l’avenir peuvent, un temps, alléger le fardeau et passer la tempête. Mais, par définition, ils ne peuvent être que conjoncturels. Seule l’action sur des structures et des comportements obsolètes est efficace sur le long terme.

Il ne faudra pas s’étonner que dans quelques mois, le “toujours plus” pour ceux qui ont emploi se retournera contre ceux qui croient qu’ils ont gagné. Car on ne gagne pas contre les entreprises, l’Etat et les régions. On gagne contre la crise. Encore faut-il prendre les bonnes mesures contre elle. Et dans ce qui s’est décidé ces derniers jours en Guadeloupe, en Martinique et à la Réunion, on est loin de la lucidité nécessaire. On en reparlera dans quelques mois et quelques années….

A moins que les Etats généraux de l’outre mer n’accouchent pas d’une souris. Mais çà, c’est une autre histoire.


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